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breux : entre Boma, Matadi, Léopoldville et environs, le chiffre en dépasse 250; il y a des Français, des Belges, des Portugais, des Hollandais, des Américains, des Suisses et des indigènes.
Une bonne partie des actions des diverses sociétés sont à l'étranger; on y voit des entreprises constituées sur toutes les bases, depuis le modeste capital de 100,000 fr. jusqu'à 30 millions, en passant par les chiffres intermédiaires. De puissantes Compagnies de développement, comme, par exemple, l’Oceana Consolidated, de Londres, que nous avons déjà vue dans le Zambèze, sont fortement intéressées, directement ou indirectement, dans la plupart de ces sociétés; les Hollandais, les Portugais, les Allemands y ont mis des capitaux. On est étonné de ne pas voir dans cette longue nomenclature un seul nom français; attendrons-nous donc que toutes les places soient prises pour nous présenter à notre tour et payer plus cher que les autres? On me dira que les Compagnies françaises doivent aller tout naturellement de préférence au Congo français : pourquoi ne pas faire profiter notre colonie plutôt que les colonies étrangères ? Mais l’un n'empêche pas l’autre, ce me semble; le capital français est assez puissant pour aller prendre part à des opérations dans les deux Congo à la fois. Ce qu'il y a de plus malheureux à constater, c’est que le commerce français n’a pas l'air d’aller au Congo français plus qu’au Congo belge ; on verra plus loin combien rares sont les Compagnies — pour la plupart étrangères, d’ailleurs! — qui se sont établies au Congo français.
Il n’est pas nécessaire d’être grand prophète pour prédire au Congo belge un avenir brillant : non seulement 1l est riche par lui-même, mais l’industrie européenne quintuplera encore sa valeur. L'Etat indépendant est déjà le plus important exportateur d'ivoire et de caoutchouc du monde; il deviendra également, quand il le voudra, le principal producteur d'huile de palme, de cacao, de café, d’ébène, d’acajou, en même temps
que la première colonie d'Afrique (1); et je ne parle pas ici des travaux qui sont menés par les Belges de front avec le développement commercial, travaux tels que colonies scolaires, essais pour améliorer les populations, chemins de fer, télégraphes, Compagnies de navigation fluviale, etc.
Par la fermeté avec laquelle a été conduite sa politique, par la sagesse et l'esprit pratique de ses règlements, par l’ensemble des efforts accomplis à la fois par le Gouvernement et par les particuliers, par la confiance couronnée de succès que lui ont montrée les capitalistes européens, l'Etat indépendant du Congo est la plus belle œuvre de colonisation qui existe en Afrique.
CONGO FRANÇAIS. — Tout ce qui fait la prospérité naturelle du Congo belge se trouve au Congo
français, je ne saurais trop le répéter : c'est le même pays, un peu moins étendu, avec le même sol, les mêmes productions, les mêmes peuples. Qu'on relise ce que
je viens d'écrire au sujet de l'Etat indépendant : la:
partie qui se rapporte aux produits du sol est identique ; les espérances sont les mêmes. Au point de vue des voies de D re les deux pays sont également bien dotés : l'Ogooué, le Gabon, le Kouïlou, la rive nord du bas C ongo, la Sanga, l’Oubanghi et leurs affluents valent le Koango, le Kassaï, le Lomami, l’Arouimi, qui sont les principales voies de pénétration à l'intérieur. Mais la ressemblance entre les deux Congo s'arrête, quand on examine ce qu’on a tiré de ces nombreux avantages : au Congo belge, tout; au Congo français, rien.
Prenons la liste des commerçants établis (2); nous y voyons, comme Compagnies françaises, la S'octété
(1) Les importations au Congo belge en 1807 ont été de 23,427, 1 07 fr. 33: les exportations, de 17,457,090 fr. 86. {
Annuaire Colontial, 1899
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