‹ La Trépanation Crânienne: Chez les Néolithiques et chez les Primitifs ModernesChapitre 13 sur 72 · TRÉPANATIONS UNIQUES OU MULTIPLES · texte numérisé non relu

TRÉPANATIONS UNIQUES OU MULTIPLES

Les exemples sont nombreux de crânes plusieurs fois trépanés. Nous parlerons dans un chapitre ultérieur de la coéxistence d’une trépanation chirurgicale avec des trépanations posthumes.

Le crâne de Mureaux, décrit par M. le Professeur Verneau et le Docteur Maibot porte 4 trépanations successives, dont une est absolument circulaire et a été faite soit dans les instants qui ont précédé la mort, soit après la mort [129].

Le crâne de Huarocondo (Mantegazza{138]) présente deux trépanations sur la partie gauche du frontal et séparées l’une de l’autre par un pont osseux très étroit; l'ouverture supérieure, vaguement triangulaire, montre des traces de suppuration. L'ouverture inférieure, plus petite et arrondie, fut faite quelque temps avant la mort sans qu'on puisse déterminer exactement la durée de cette période. \

Le crâne de Ollantaytambo (Mantegazza [138]) porte une double trépanation faite in vivo et suivié de guérison. L’une, à peu près circulaire, se trouve sur le pariétal, à 24 millimètres : de la suture sagittale et mesure 11 millimètres sur 22, l’autre, ovale, est située sur le frontal, partie droite, et à une distance de 5 millimètres de la suture coronale; elle mesure 29 millimètres sur 23. |

Le crâne signalé par Mac Curdy [123]comme « détenant le record » porte cinq trépanations, toutes guéries. Deux sont sur la partie gauche du frontal, une est sincipitale sur la suture sagittale, les deux autres sont sur le pariétal droit et légèrement en arrière. Mais Farquharson [77] avait déja signalé un crâne d’un Mound de Muscatine (Java) avec sept ouvertures trépaniques.

En Le

Certains crânes portant plusieurs trépanations ont été mofs à controverses : c’est ainsi que Delvincourt et Baudet présentaient à la. Société d'anthropologie, en 1906, un crâne doublement trépané,. disaient-ils, provenant de Montigny-sur- Crécy.

Une trépanation sincipitale leur paraissait présenter quelques traces de guérison. L'autre orifice, intéressant le pariétal droit et l’écaille du temporal, leur paraissait avoir été suivi de la mort de l'individu.

Manouvrier au contraire pensait que les deux trépanations avaient été faites post mortem, tandis que de Mortillet était d'avis que si une trépanation était postérieure à la mort du .sujet, l’autre pouvait très bien avoir été faite de son vivant, quoique le sujet n'ait pas semblé avoir survécu longtemps.

Cette controverse entre des savants aussi avertis que ceux que nous venons de citer montre les difficultés d’un diagnostic rétrospectif, et dans bien des cas nous sommes voués à confondre une trépanation posthume avec une trépanation suivie de mort, et inversement.

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