‹ La Trépanation Crânienne: Chez les Néolithiques et chez les Primitifs ModernesChapitre 40 sur 72 · AO E · texte numérisé non relu

AO E

Puisqu'il n’est pas de règle sans exception, nous indiquerons qu'un seul crâne préhistorique, celui des Lizières (Pamproux, Deux-Sèvres), décrit par Péraire et Terrier [19], présente une trépanation carrée, guérie, obtenue par la méthode du sciage. Deux crânes péruviens portent également des trépanations carrées, guéries, obtenues par le sciage. Ce sont : le crâne dit « de Squier » et le crâne n° 1 de Chuicoto (Lima) publié par Mac Gee [128].

Enfin le procédé dit « de Lucas-Championnière » n’a été à notre connaissance pratiqué qu’une seule fois au Pérou surun sujet vivant. Mais l’opération n’a pas été terminée, ce n’est à vrai dire qu’une trépanation incomplète à huit cupules sur un crâne féminin provenant de Matucana (Pérou) [207 bis]. Si ce procédé avait été employé aux temps néolithiques, on aurait au moins trouvé des rondelles à bords découpés par des encoches régulières et contiguës. Nous n’en connaissons pas.

Par conséquent, les procédés chirurgicaux employés pour la trépanation cranienne étaient le burinage (incision) et le grattage dans ses diverses formes. Ces modes opératoires étaient utilisés soit isolément, soit combinés.

Trépanations posthumes. — Tous les procédés ont été employés pour la trépanation posthume, mais particulièrement le sciage, et le vrillage à l’aide d’une tarière. Les autres procédés appliqués sur le vivant ont pu. être employés sur des cadavres ou sur des crânes secs par les futurs chirurgiens faisant de la médecine opératoire.

Trépanation carrée. — Klle est obtenue par quatre traits de scie. Nous représentons le dessin, d’après une photographie, d'un crâne péruvien du Musée de San Diégo trépané de cette façon. Il n'existe pas de crânes néolithiques européens portant jes traces de trépanations posthumes de ce caractère (PI. VIII, fig. 2).

Beaucoup plus fréquents, comme nous l'avons vu, sont les crânes présentant des pertes de substance arrondies, à bords de pic, telles que seule une tarière peut les pratiquer. M. Neu-

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ville, de la Société linéenne de Bordeaux, a bien voulu nous : communiquer plusieurs tarières néolithiques qui auraient pu Tort bien servir à cet usage. Le dessin que nous devons à l’obligeance de M. le Professeur agrégé Muratet représente une de ces tarières et montre les bords de l'instrument, tranchants seulement dans la rotation dans le sens des aiguilles d’une montre. L’extrémité opposée de ce silex constitue un poinçon pouvant amorcer le trou, dans lequel on engageait la pointe de la tarière.

Il est vraisemblable que ce procédé, employé au début presque uniquement sur le mort, fut par la suite appliqué à la trépanation chirurgicale, et nous représentons un crâne de l’âge du fer portant, du côté droit, trois trépanations en forme de feuille de trèfle et, du côté gauche, une perforation arrondie: toutes ces ouvertures ont été pratiquées par une tarière d’assez grande dimension (PI. IX).

C’est ce procédé par rotation que Lucas-Championnière [115] a, observé sur une momie péruyenne du Trocadéro et dont il a

fait à tort la technique habituelle de la trépanation proprement dite.

Burinage au compas. — Le Docteur Baudouin nous apprend qu’il a « imaginé un procédé nouveau de trépanation au silex, qui a peut-être été employé, au demeurant, par le Néolithique ». Nous avons étudié un de ces compas dits « néolithiques » de la collection de M. Neuville, et un dessin expressif, dû à l’obligeance de M. le Professeur agrégé Muratet, représente cet instrument de silex. Autour d’une des pointes comme axe, il est très facile de faire décrire à l’autre un cercle; la. pointe mobile tranchante peut découper une rondelle. On comprend alors que le Docteur Baudouin ait pensé à cette méthode pour le prélèvement de rondelles craniennes. Il nous explique [19] que l’on peut ainsi obtenir deux sortes de rondelles; les unes, circulaires, perforées d’un trou central dû au vrillage de la pointe fixe: les autres, ovales, percées de deux trous excentriques, obtenues en décrivant deux demi-cereles avec alternativement pour centre chacun des deux trous. Le Docteur Baudouin donne

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