LA TRÉPANATION, PRATIQUE RITUELLE
M. de Mortillet admettait que la trépanation doit être considérée « surtout comme un acte de consécration. Les patients, s’ils survivaient, devenaient des êtres privilégiés, des êtres supérieurs. Cette pratique s’est perpétuée jusqu’à nous et la tonsure des prêtres catholiques en est encore un reflet et un souvenir. Grégoire de Tours nous apprend qu'une vague tradition dotait saint Pierre de la tonsure. De fait, dans les plus vieilles mosaïques chrétiennes et dans les plus anciens manuscrits, saint Pierre, ainsi que le dit l'abbé Martigny dans son Dictionnaire des antiquités chréliennes, porte cet attribut comme une marque de prépondérance sur les autres apôtres » [153].
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D'après le marquis de Nadaïllac, la trépanation était, aux temps néolithiques, une pratique religieuse, une iniliation, peut-être même le précepte d'un culte établi. L'initié avait une vertu et un rang qui faisaient de lui, après sa mort, un être supérieur, dont les reliques étaient recherchées et portées jusqu'au tombeau inclusivement [161 bis].
Mac Gee donne à la trépanation la dénomination d'opération thaumathologique [128].
Lecène, après une étude assez superficielle sur la trépanation préhistorique [108], conclut ainsi : « On comprend donc, quand on a bien saisi cette structure si spéciale de la mentalité primitive, que des opérations chirurgicales relativement complexes, comme la trépanation, peuvent très bien avoir été découvertes par les hommes primitifs, autrefois, à l’époque préhistorique, comme aujourd’hui chez les tribus péruviennes ou australiennes, non pas pour remplir une indication chirurgicale, mais simplement pour réaliser une de ces mutilations sanglantes qu'ils considèrent comme nécessaires dans certaines circonstances de leur vie sociale : initiation religieuse, opérat'on magique, rite de passage, désir de faire pénétrer dans un individu ou d’en extraire la substance immatérielle qui caractérise justement cette force magique dont le rôle est capital dans toutes les représentations collectives des primitifs.
» Toute autre interprétation de ces actes chirurgicaux de fait, mais non d'intention, et surtout toute interprétation hygiénique où médico-chirurgicale proprement dite doit être aujourd'hui considérée comme une erreur de méthode et, par conséquent, rejetée comme insoutenable. » S
Nous ne savons pas de quelles tribus australiennes Lecène veut parler, attendu que la pratique de la trépanation est inconnue en Australie : il s’agit sans doute, dans sa pensée, de tribus océaniennes. Mais en Océanie on n’a jamais signalé de telles « mutilations sanglantes », et nous n’avons jamais entendu parler de trépanation rituelle au Pérou.
Enfin, il y a quelques années, le Docteur Baudouin a résolu de la façon suivante le problème qui nous préoccupe. Nous ci-