‹ La Trépanation Osseuse dans la DacryorhinostomieChapitre 6 sur 20 · CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

Il n’est peut-être pas d’affections plus difficiles à guérir que les suppurations et les oblitérations lacrymales ; aussi les procédés thérapeutiques proposés ont-ils été particulièrement nombreux. Aucun, à vrai dire, ne donne satisfaction complète, si l’on en excepte iles opérations fistulisantes qui réalisent un véritable court-circuit lacrymal.

Avant l’ère de la Dacryorhinostomie, on se contentait, dans les oblitérations sans infection, des sondages avec ou sans stricturotomie, tandis que dans les dacryocystites suppurées on y associait souvent des lavages modificateurs du sac. Enfin, aussi bien dans le larmoiement simple chronique que dans les suppurations du sac, l’ultime et fréquente ressource était l’ablation de la glande lacrymale.

Actuellement presque toutes les suppurations du sac, et beaucoup de larmoïements simples, à part ceux qui s’accompagnent d’un rétrécissement canaliculaire, sont du domaine de la Dacryocystorhinostomie.

À cet égard nous ne pouvons mieux faire que de

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reproduire la phase de Dupuy-Dutemps. « Hors de cir-

constances exceptionelles, il n’est plus permis, surtout chez les sujets jeunes, de pratiquer l’extirpation du sac lacrymal pour dacryocystite commune, opération muti-

lante, dont on abuse aujourd’hui, qui ne guérit la suppu- es

ration que par la suppression de l'organe et inflige au malade un larmoiement irrémédiable ».

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La fistulation nasale a depuis longtemps préoccupé les chirurgiens, et les procédés les plus variés ont été proposés ; qu’on en juge plutôt par les quelques exemples qui suivent : :

De Lieto Vaïlaro isole le sac, sectionne son extrémité inférieure et l’introduit à la manière d’un drain dans la eavité rhinostomique ; :

Toti, grâce à une large trépanation, applique da muqueuse du sac largement ouverte sur la muqueuse pituitaire, incisée symétriquement ;

Valude ineise le sac, et à travers la paroie osseuse, le fait communiquer avec les fosses nasales par un drain de caoutchoue; :

Récemment le D' Arganaraz a proposé une modifcation du procédé en remplaçant le drain par une canule en or.

Reïbart ouvre le sac à sa partie externe, y introduit la canule tranchante de son emporte-pièce qu’il pousse dans la cavité nasale.

Morax et Valiéré-Vialex rétablissent le courant de

larmes par l'établissement d’un conduit eonjonctivo-nasal

réalisé à l’aide d’une greffe épidermique.

D'autres opérateurs, passant par la fosse nasale, soulèvent la muqueuse, trépanent la branche montante du maxillaire supérieur, l’unguis, et resèquent la paroi interne du sac sur toute la surface. C’est avec des variantes les procédés de West, Patterson et Frazer, B. de Alméida Halle, etc.

Là ne s'arrête pas l’ingéniosité des chercheurs, tel, le procédé de Kutvizt, qui n'hésite pas à employer la vole buccale : au niveau de l’espace compris entre la 1'° molaire et la canine, il gagne sous la muqueuse la branche montante du maxillaire et l’unguis qu’il trépane !

Maïs ces techniques, toutes bonnes en elles-mêmes, ne donnent pas toujours des résultats durables ; elles ne tiennent pas compte du processus de cicatrisation, et en particulier des muqueuses lésées, abandonnées à ellesmêmes, libres de bourgeonner au niveau de l'ouverture artificielle, et trop souvent tôt ou tard, l’imperméabilité se reproduit.

Dupuy-Dutemps et Bourguet, en 1920, reprennent ces recherches et les complètent ingénieusement ; ils pratiquent à leur tour la trépanation osseuse, et la font suivre de la suture des muqueuses pituitaire et lacrymale dont la cicatrisation désormais contribuera à la guérison, au lieu de la compromettre ; ils donnent le nom de Dacryoeysto-rhinostomie plastique, à cette intervention dont la technique nouvelle fait faire d'immenses progrès à la fistulisation, ainsi qu’en témoignent les fort intéressantes statistiques de ses auteurs, qui accusent 95 % de guéri-

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sons, guérisons toutes durables, on peut même dire définitives, puisque les premières sont déjà anciennes de 13 ans,

Cette méthode et ces succès ont donné à la question un renouveau d'actualité, et de multiples techniques ont été proposées, basées sur le même principe, modifiant ou critiquant tel ou tel temps de l’opération.

Malgré la perfection du procédé et de ses résultats fonctionnels, malgré les améliorations incessantes qui y sont apportées, la dacryocystorhinostomie est encore combattue, non pas dans son principe dont la logique est évidente, mais dans la possibilité de sa réalisation pratique. :

On lui reproche de temps de l'intervention, et en effet, nous comprenons très bien que l’oculiste qui est habitué à des opérations précises mais rapides, répugne à celle-là.

Des hémorragies abondantes se produisent souvent, en particulier dans les dacryocystites entourées d’une épaisse gangue de péricystite et retardent l'opérateur qui est aveuglé par un suintement contimu en nappe, impossible à supprimer par la pose des pinces hémostatiques, ou par tamponnement; mais il est aisé d’y remédier par l’hémo-aspiration depuis que le D' Subileau a mis au point un appareil spécial à cet effet.

On lui reproche encore d’être une opération difficile, dépassant les capacités de l’ophtalmologiste moyen. Ce praticien ne serait pas entraîné à travailler sur l’os, et

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