‹ La Trépanation Primitive Dans Les Plaies Du Crâne Par Projectiles De Guerre: Observations Personnelles De La Guerre Des BalkansChapitre 17 sur 52 · II. — Les projectiles d'artillerie · texte numérisé non relu

II. — Les projectiles d'artillerie

Les canons turcs étaient presque exclusivement de fabrication allemande (Krupp), tandis que les Bulgares ont employé à la fois des canons Krupp, et surtout des canons à tir rapide français (Schneider-Creusot).

L'armée hellénique disposait uniquement de canons à tir rapide, modèle français (Schneider-Creusot), de 75 millimètres.

Les uns, comme les autres, tiraient des obus explosifs et des shrapnells.

Comme l'ont fait remarquer très justement Nimier et Laval (1), les projectiles d'artillerie ne méritent plus le nom de gros projectiles.

Les shrapnells, en explosant, projettent une gerbe de balles rondes, en nombre et volume variant suivant les différents modèles de shrapnells : 290 balles de l’2grammes (shrapnell français) ; 300 balles de 10 granimes (shrapnell allemand).

Ces balles possèdent une vitesse initiale petite en comparaison de celle des projectiles du fusil. Elle ne

(4) Nimrer er Lavar. Les projectiles des armes de guerre.

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dépasse pas 312 mètres pour un shrapnell éclatant à 2.000 mètres (Roth) (1), et cette vitesse se perd très vite; elle est de 149 mètres à 100 mètres du point d’éclatement et à 300 mètres elle ne pénètre plus que de 1 centimètre dans une planche de sapin, dans laquelle la balle de fusil pénètrerait à plus de 20 centimètres, à une distance de 1.500 mètres.

Dans la grande majorité des cas, — 50 p. 100 d’après Hildebrand, 65 à 70 p. 100, d’après ma statistique personnelle, — les balles de shrapnell restent dans le corps, ne possédant pas une force vive suffisante pour le traverser. D'ailleurs, tout dépend de la distance à laquelle le shrapnell a éclaté, et même souvent de la force initiale de chaque balle en particulier; car il est indiscutable que toutes les balles du même projectile ne possèdent pas la même force vive; j'ai vu souvent des soldats criblés de projectiles provenant du même shrapnell et dont quelques-uns avaient provoqué des fractures des membres, tandis que d’autres avaient à peine traversé la peau. J’ai eu à Emin Aga un evzone qui avait reçu 13 balles de shrapnell. Une d'elles lui avait fracturé l’humérus; une autre, le radius droit, et une troisième avait pénétré dans le thorax. Les autres élaient restées sous la peau. La douzième, après avoir traversé le képi, était restée, dans les cheveux, causant un fort hématome sous-périosté sans aucune gravité. La treizième avait traversé le cuir de la chaussure et je l'ai trouvée, entre le bas et la peau, sur laquelle elle

(1) Die Wirkung der Artilleriegeschosse par Bicuer, 1899, p. 10.

n'avait provoqué aucune lésion. On sait d’ailleurs que la partie centrale du sac du troupier peut le préserver des shrapnells, d'où la marche en tortue conseillée à ceux-là. Il serait ainsi à souhaiter que les soldats fussent munis d'un casque métallique qui, tout en étant inefficace à les préserver contre les projectiles de fusil, leur constituerait en revanche une défense suffisante contre les shrapnells.

Les plaies du crâne par shrapnell présentent une gravité toute particulière à cause des grandes déformations de ces balles et de la facilité avec laquelle elles se fragmentent sur l'os, de la production de très nombreuses esquilles, et surtout à cause de l'infection à laquelle elles prédisposent beaucoup plus que les projectiles de fusil. Et cela, non seulement parce qu'elles sont plus septiques par elles-mêmes que ceux-ci, mais surtout parce qu’elles entrainent à leur passage de gros morceaux d’étoffe, des touffes de cheveux, etc. Et pourtant ces plaies sont par elles-mêmes moins graves que celles dues aux projectiles de fusil tirées à des distances inférieures à 1.000 mètres,

La figure 8 donne une idée approximative des déformations qu’elles subissent d'habitude.

Mais il ne faut pas ranger d’une façon absolue les shrapnells parmi les petits projectiles. Il ne faut pas, en effet, oublier l’ogive et le culot; j'en ai extrait quelquefois, quoique rarement, des plaies de mes blessés. La figure 9 représente deux diaphragmes de shrapnell turc, la figure 10 représente trois ogives d’obus bulgare que j'ai extraites à Siuribli de la fesse d'un evzone (a), de

CORYLLOS 3

ÉCAVATES

l'épaule d’un artilleur (b) et du mollet d’un artilleur (c). Les obus explosifs ou brisants. — En éclatant, l'obus

NATIF pl

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Fig. 8. — Quelques balles de shrapnell extraites de plaies à Emin Aga et à Simitli.

. Balles shrapnell français (12 gr.).

. Balles shrapnell allemand (10 gr.)

. La dernière est coupée en deux,

. La deuxième de la rangée extraite d'une plaie du crâne est couverte de cheveux.

. Celle du milieu est fragmentée en quatre morceaux.

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