OT O9 RO
de 75 millimètres que tire le canon à tir rapide modèle
Creusot-Schneider, donne : une gerbe antérieure formée
LR FA
de la fusée et de l'ogive; une gerbe postérieure, formée par le culot, et enfin, une gerbe latérale, qui est de beaucoup la plus importante. Cette dernière est composée de 2.000 fragments très petits, qui sont animés d'une énorme vitesse initiale, 1.200 mètres à la seconde.
Heureusement, à cause de leur petit volume, ils ne con-
Fig. 9. — Diaphragmes de shrapnell.
servent que sur une distance très restreinte cette énorme force vive, et à 30 mètres de l'explosion, ils sont presque inefficaces. Mais à côté de la poussière métallique, on trouve souvent de très gros fragments (fig. 11). J’en ai trouvé à maintes reprises dans les plaies du crâne; j'y reviendrai en étudiant mes observations.
À côté des plaies occasionnées par les projectiles de fusil ou d'artillerie, il faut réserver une place aux bles-
none
sures par éclats de pierre. En Epire, où les soldats se battaient presque constamment sur des montagnes formées de granit extrêmement dur, j'ai eu très souvent affaire à des plaies de la tête par simples éclats
Fig. 10. — Ogives d’obus bulgares.
de pierre. Dangereux surtout quand ils atteignent les yeux, ils ne m'ont pas paru en général posséder un pouvoir vulnérant très considérable.
Enfin, dans les plaies du crâne par obus, il ne faut pas laisser complètement de côté, l’action de la déflagration des gaz qui peut provoquer à elle seule de très
RP
graves commotions. Il en est de même des gaz délétères qui se dégagent pendant l'explosion et qui peuvent occasionner, surtout en espace clos, mais aussi à l’air libre, une intoxication spéciale, caractérisée par un état de
faiblesse extrême, avec nausées violentes et sensation
CE
Fig. 11. — Fragments d'obus explosifs.
d’asphyxie. Ces faits s’observent surtout dans les batailles navales. Lors des deux dernières batailles sur mer entre les flottes grecque et turque, cette dernière a beaucoup souffert de cette intoxication : les obus d'Averoff étaient chargés au trotyl.
Se
IIT. — Les plaies par armes blanches.
Les plaies par armes blanches en général, et celles du crâne en particulier, sont très rares. J'ai noté sur des cadavres onze fois en tout des plaies du crâne par baïonnette qui avait pénétré dans la cavité crânienne à travers l'orbite, ou à travers la fosse zygomato-temporale. À Salonique, j'ai vu au 3° hôpital de la Croix-Rouge hellénique, une vieille femme de 65 ans, originaire de Doxato (Macédoine) qui avait reçu sur la bosse pariétale un formidable coup de sabre d'un cavalier bulgare. Elle présentait une entaille linéaire longue de 10 centimètres environ ; fait curieux, l’os était complètement fendu vers le milieu de la plaie, et pourtant la dure-mère était intacte.
Tels sont sommairement les agents vulnérants dont disposaient les armées en présence. Nous avons eu en outre à soigner des blessés atteints de balles de fusils Gras, Martini et autres modèles anciens, dont étaient armés les paysans et les bandes des Comitadgis bulgares. Ces derniers se servaient aussi souvent de petites bombes qu'ils lançaient à la main, et dont les résultats étaient souvent des plus terribles.