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nance allemande, ces dernières prises aux Turcs. La photographie (fig. 1) que je joins ici à titre de document, montre une partie de mon ambulance. Or, j'étais à
35 kilomètres de Philippias, — centre de ravitaillement secondaire, — elle-même distante de 45 kilomètres de Prevza, — centre de ravitaillement prin-
cipal, quartier général de la D. E. $S. de l’armée de l'Epire, où se trouvaient les magasins du Service de santé. Il n'y avait pas de chemin de fer, et les moyens de transport élaient rares, surtout au début. Je crois qu'il est difficile de se trouver dans des conditions plus désavantageuses pour faire de la grande chirurgie. Pourtant, mes observations montrent bien que les résultats furent des plus encourageants.
Pour cela, j'ai procédé de la façon suivante. J'ai employé comme salle d'opérations une tente Bessonneau que j'ai tapissée avec des planches. J’avais soin, durant les séances opératoires, de recouvrir le plancher de draps mouillés dans une solution de sublimé, et d’arroser les parois de la tente avec la même solution.
De cette façon, je disposais d’une salle d'opérations qui n'était pas de beaucoup inférieure, comme asepsie s'entend, à nos salles d’hôpitaux.
Comme instrumentation, je disposais d'une boîte faisant partie de l'arsenal de mon ambulance, et qui contenait le trépan de Doyen, des ciseaux, un maillet, des scies de Gigli, etc. Instrumentation peu encombrante et robuste. Evidemment, j aurais préféré disposer d'un trépan mécanique qui m'aurait épargné du temps et de la fatigue, — et cette dernière n'est pas négligeable
quand il faut faire 3 ou 4 trépanations les unes après les autres. J'ai même demandé à mon collègue de Martel, avant mon départ, de mettre à ma disposition son trépan, le seul qui puisse être actionné par un mouvement mécanique, celui de mon maître, M. le Professeur P. Delbet étant actionné par un moteur électrique. Malheureusement, il n’en avait pas de disponible en ce moment. Pour les mêmes raisons, j’ai beaucoup regretté de n'avoir pu faire acheter par le gouvernement hellénique l’ambulance-autobus des Établissements du Creusot, exposée à la Faculté de Médecine en 1912, au moment du Congrès de chirurgie. Elle m'aurait certainement rendu de grands services.
On voit par conséquent que jusqu'ici mon ambulance disposait de tout ce qu'il me fallait pour opérer. Je ne manquais que d’une chose, qui était pourtant indispensable : d’un autoclave, pour préparer les compresses et le sérum physiologique. Car, vu la difficulté du trans- - port et l'éloignement des centres de ravitaillement, il m'était impossible de me procurer les quantités nécessaires de sérum; pour cela, j'ai trouvé plus simple de faire venir un autoclave, que Mme Panas, qui dirigeait une ambulance française de « Secours aux blessés », a bien voulu mettre à ma disposition. Ce petit autoclave que je faisais fonctionner à l’aide d’un brûleur à essence m'a rendu de tels services, que je crois devoir insister sur l'utilité d'en doter toutes les sections d’hospitalisation. Il est facile d’ailleurs de l’emballer dans deux paniers, de dimensions réglementaires avec deux boîtes à compresses, et deux boîtes à eau stérilisée de 10 litres