PHASE INTESTINALE
se trouve digérée, les kystes qu'elle renferme se dissocient et les Trichines sont mises en lijjerté.
De l'état de vie latente, ces lielminthes passent à l'état de vie active ; plongés dans les substances mêmes que leur hôte élabore pour sa propre alimentation, ils s'accroissent rapidement et ne tardent pas à acquérir en quelques heures, tout au plus en quelques jours, leur entier développement.
Ebauchés dans la forme larvaire, les organes génitaux atteignent leur état parfait; les caractères sexuels extérieurs (bourse caudale, orilice vulvaire, etc.), s'accentuent; en même temps l'appareil reproducteur sort de son inertie fonctionnelle pour affirmer sa signification physiologique : les éléments spermatiques apparaissent, les ovules se constituent.
L'accouplement ne tarde pas à s'effectuer et bientôt les jeunes, s'échappant du canal vaginal par l'orifice vulvaire, se montrent auprès de leurs parents : presque bactériformes, mesurant à peine 0"''»,09, ces embryons séjournent peu de temps dans l'intestin ; ils doivent, en effet, aller promptement occuper, dans d'autres régions de l'organisme, la station favorable à leur enkystement. C'est par myriades qu'il faut les compter, car les Trichines femelles sont plus nombreuses que les mâles et chacune d'elles renferme souvent à la fois, jusqu'à 1,200 embryons vivipares. Aussi peut-on difficilement dénombrer la lignée qui, pour assurer la propagation de l'espèce, va se disséminer dans le corps de l'hôte. Afin de permettre une appréciation capable tout au moins de fixer les idées, je rappellerai que, d'après les calculs de Cobbold, l'ingestion d'une livre de viande trichinée déter-
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mine bientôt la présence de 400.000.000 de jeunes Trichines, soit 200.000.000 pour une demi-livre. D'après Leuckart, ce chiffre serait de beaucoup inférieur à la réalité ; en outre, on doit faire observer qu'il a été déduit de calculs basés sur l'examen de viandes à kystes monoirichinés et qu'il ne saurait s'appliquer aux viandes américaines dans lesquelles abondent les kystes polytrichinés : pour ces viandes, les nombres indiqués par Cobbold devraient être notablement augmentés.
On voit quelles légions de vers se présentent pour franchir les parois intestinales. Inermes, ne possédant nulle trace de ces aiguillons, de ces épines, de ces armatures buccales qui s'observent chez tant d'autres Nématodes, ils passent uniquement grâce à leur ténuité et aussi grâce à leur nombre.
S'insinuant entre les cellules épithéliales, ils livrent à la paroi intestinale un assaut durant lequel plus d'une brèche se trouve pratiquée: ici, une glande est envahie, puis détruite; là, c'est un vaisseau sanguin qui est perforé; ailleurs se produisent des lésions nerveuses.
Alors apparaissent les premiers symptômes, ceux que le médecin de Dresde a si bien décrits : grand abattement, chaleur, soif, anorexie; sueurs excessives, sensation de malaise et de plénitude à l'épigastre, quelquefois du spasme pharyngé et des vomissements; presque constamment une diarrhée abondante.
Les troubles gastro-intestinaux représentent les manifestations les plus tangibles ; aussi méritent-ils une attention spéciale : les vomissements peuvent faire défaut ou ne se montrer que dans les premiers jours de la maladie ;