‹ La trichine et la trichinoseChapitre 28 sur 48 · THÉRAPEUTIQUE · texte numérisé non relu

THÉRAPEUTIQUE

A la trichinose, à cette maladie d'autant plus redoutable qu'elle est généralement méconnue, peut-on opposer avec succès quelque moyen curatif?

Malgré de nombreuses tentatives, malgré l'infinie variété de ressouices dont peut disposer l'arsenal thérapeutique moderne, c'est, hélas ! par la négative que nous devons résoudre cette question.

On a successivement proposé, contre la phase intestinale, les divers purgatifs et anthelminthiques: le calomel et le kamala ont é(é spécialement préconisés, sans avoir encore donné de résultats appréciables; il faut d'ailleurs rappeler que ces agents ont été indiqués parles zoologistes plutôt qu'ils n'ont été appliqués par les médecins, aussi leur intervention est-elle encore purement hypothétique.

Contre la trichinose tissulaire, on a tenté d'employer les picrates alcalins tels que le picrate de potasse et le picrate de soude, puis la benzine et enfin la glycérine, surtout essayée par les médecins américains (1) qui pensaient atteindre ainsi sûrement l'helminlhe, « la glycérine tuant la Trichine par diffusion » ; mais autre chose est de faire agir la glycérine directement sur une Trichine observée sous le champ du microscope, autre chose est de chercher à atteindre des myriades de parasites enkystés dans les

(1) Voir les guérisoiis, d'ailleurs douteuses, mentionnées in Barton American CoU. and Médical Record, 1881.

I4't TKICHINOSE.

divers systèmes hisliques de l'organisme; la preuve en est dans les résultats constamment négatifs, obtenus avec la glycérine. Les agents physiques ont été également préconisés: l'électricité en courants continus ou interrompus, la réfrigéralion locale, la iliermopunclureontété l'objet d'essais également infructueux. Le médecin est donc actuellement réduit à user de soins généraux : si peu efficace qu'elle se soit montrée, la médication évacuante est cependant encore indiquée contre la phase intestinale; dans la [)ériode musculaire, on enveloppera les membres douloureux dans de la ouate; on combattra l'insomnie et les sueurs profuses par le chloral et on s'efforcera de soutenir les malades par un régime reconstituant et analeptique (quinquina, vins généreux, viandes rôties) (1).

La thérapeutique se déclarant ainsi à peu près impuissante, c'est à l'hygiène d'intervenir; aussi dtîvons-nous maintenant rechercher quelles mesures prophylactiques devront être opposées à la propagation de l'infection trichinale.

(1) Cei tains médecins américains ont préconisé l'emploi du soufre conire la Trichine; l'un deux, le docteur Angell, de Boston, a même cru devoir adresser, au sujet de ce mode de traitement, une note au consul anglais de Miiladcliiliie. Cette communication mérite d'être ciiée textuellement; je l'emprunte au rajiport du consul :

Dr. George T. Angell, of Boston, says in a Ictter to ili'S onsulate npon llie subjcct of tricliinosis : » I liave a great deal of failli in llic use of « comnion powdered sulpliur in such cases, takcu intenially. It seems to « be fatal to insect life. It gœs tlirough tlie System so tlioroughly that M after a few do es you vill fiiid it. lias pas ed tlirougli your body, your « clotliing, pocket-book, and blackcned tlie silver coin iu your pocket. « Hon. Gasey Young, of Menipliis, Tenessee, Member of Gongress, told me « last wiiiter of its power in yellow fever. During the greal yellow fever « épidémie tliere, lie wore it constantly inside his stockings. At one time « he advised a considérable number of gentlemen, some dozen or more, « gatbered in a room to do the samc. Only one took his advice, that one K escaped the fever every oih"r man in the room died. »

Page 1