‹ La tristesse et la joieChapitre 79 sur 146 · ET DE LV JOIE · texte numérisé non relu

ET DE LV JOIE

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des mélancoliques aclifs s'adressent des reproches de ce genre.

Eh bien, leur corps est aussi fermé que leur âme à Tinlluence de Fémolion. J'ai essayé de produire des joies, des surprises, non seulement avec Augustine et Louise mais avec L., avec D., avec C, dans les moments de répit, et je n'ai jamais constaté que des réactions très faibles pour le cœur et la respiration. Quant au pouls des organes il manquait toujours.

Dans les moments d'excitation, l'indilTérence du corps était phis complète encore ; le cœur et la respiration ne changeaient pas, le pouls des organes, en général présent, restait le même.

En revanche, l'émotivité, l'hypéresthésie étaient extrêmes dans le sens de la tristesse et les réactions très marquées dès qu'un mot, une image, une sensation réveillait ou exaspérait la souffrance. — Ce sont d'ailleurs les réactions de ce genre qui constituent la tristesse active et nous aurons à les décrire longuement tout à l'heure.

J'aborde maintenant la physiologie de l'émotion-sentiment que j'ai étudiée longuement dans la Reçue philosophique, en 189G. Comme je n'ai fait que vérifier, depuis lors, dans le cours de toutes mes expériences, les règles générales que j'avais tenté de formuler, je suis bien obligé de me répéter un peu ; mais au moins serai-je plus bref et peut-être plus précis que la première fois.

Le physiologiste Lange croit pou>oir caractériser la tristesse par une conslriction générale des vaisseaux les plus (ins aussi bien dans le cerveau que dans les organes périphériques que nous pouvons observer.

(( Le système vaso-moteur, dit-il, se comporte, sous l'in- « fluence de la tristesse, d'une façon tout opposée à celle de (( l'appareil moteur volontaire. Pendant que ce dernier s'af- (( faiblit et se relâche, les vaso-moteurs au contraire se con- (( 1 raclent plus qu'à l'ordinaire ; de la sorte, le sang est « exprimé des petits >aisseaux et les divers tissus et organes

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« sont exsangues ; la conséquence imniédiale de cette anémie « c'est la pâleur, ratralssement, le collapsus, les chairs sont (( moins pleines, leur couleur est blanche ; le relâchement (( des traits, causé par la mollesse des muscles, donne au vice sage une expression caractéristique et produit souvent (( l'impression dun amaigrissement si rapide qu'il ne peut (( s'expliquer par des modifications de la nulrilion, comme « une usure des tissus non suivie de compensation '. »

C'est, comme on le voit, le phénomène périphérique, la vaso-constriction. qui constitue, pour Lange, le trait essentiel de la tristesse.

D'autre part. Darw in déclare que. pendant la tristesse, la circulation salanguit et que la respiration se ralentit.

(( Les soupirs d'une personne atîligée. dil-il, liés à sa respiration lente et à sa circulation languissante sont éminemment caractéristiques'. » Evidemment les termes de circulation languissante désignent un ralentissement du cœur surtout si Ton tient compte du ralentissement respiratoire que Darwin signale en même tem[)s et qui marche presque toujours de pair avec la diminution numérique des systoles.

Claude Bernard est plus explicite dans ce même sens (juoiqu'encore un ])eu confus. « Les impressions doidou- (( reuses prolongées, dit-il (et il parle aussi bien des im[)res- (( sions morales que des impressions physiques), devenues (( incapables d'arrêter le canu-. le fatiguent et le lassent, re- « tardent ses battements, prolongent sa diastole et font « éprouver, dans la région précordiale, un sentiment de pièce nitude et de resserrement \ » Bien qu'il ne s'explique pas davantage siu' la lassitude du CdMU". C. liernard n'hésite pas à penser que les maniléslations circulatoires de la tristesse sont surtout centrales et plus neUement que Darwin, il indique le ralentissement caractéristique des systoles et la faiblesse du cqhu-.

Nous trouvons donc ici deux tendances contraires (rni con-

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