Op. cit., p. i()o
3. .Vrticle sur /^ t"tt'«/'. l'c^'di' des Dru.r-Mundrs, r' mars iSr».').
2 38 LA TUTSTESSE ET EV JOTE
sistent à faire prédominer soit le phénomène périphérique, soit le phénomène central et je vais essayer de montrer que les deux théories correspondent chacime à un mécanisme particulier de la tristesse passive.
Vn premier groupe de tristesses me paraît caractérisé en eflct par la vaso-constriction périphérique et cérébrale dont Lange a parlé.
Bien que les cas de ce genre ne soient pas les plus fréquents, ils sont pourtant assez nombreux pour constituer une catégorie précise.
Marie, notre circulaire, présente, dans les premiers jours de sa tristesse, des symptômes très nets de vaso-constriction périphérique et une hypertension artérielle notable avec ralentissement du cœur.
Les mains, les pieds et les jambes sont bleuâtres et froids ; les lèvres sont pâles.
Le pouls des organes n'est pas perceptible.
La tension artérielle déjà assez forte dans la période de joie s'élève de i6 à i8, à 19 et 20 centimètres de mercure et le pouls tombe de 80 à 58.
En même temps il perd son dicrotisme (fig. i3).
FiG. 10. — Pouls radial de Marie triste (Hypertension).
La respiration tombe également de 20 à 16 par minute, diminue dans son ampleur et donne le tracé qui suit (fig. i4)-
Quant à la capacité respiratoire, elle passe de 3 litres à 2',5oo.
Aoilà un ensemble de symptômes à peu près constants, chez Marie, au début de sa tristesse, et que nous pouvons facilement sérier dans un ordre de cause à effet.
Tout d'abord la vaso-constriction se reconnaît à la pâleur et à la froideur des tissus, à l'absence de pouls digital, à la petitesse du pouls radial.
Celte vaso-constriction est active, c'est à dire qu'elle résulte
l'S^CHOIMIVSlOI.OGli: Di: I.V nUSTI-SSE ET DE lA JOIE Sof)
de la paralysie des vaso-dilatateurs ou de l'excitation des vasoconstricteurs, mais non pas d'une diminution de la pression sanguine. Nous sommes en elTet en hypertension comme en témoigne la disparition du dicrotisme au pouls radial et nos mesures sphygmomctriques.
Cette vaso-constriction est primiti^e par rapport aux autres symptômes vasculaires. Nous savons en elTet, d'après les lois de Marey, que si la vitesse diminue tandis que la pression augmente, c'est à la vaso-constriction périphérique qu'il faut atlrihuer et le ralentissement du pouls el Télévation de la pression.
Nous nous trouvons donc en présence d'un cas de mécanique très simple, où le resserrement des petits vaisseaux amène par contre-coup l'hypertension artérielle et la diminution numérique des systoles.
Cette vaso-constriction, qui se traduit dans les organes périphériques par la hoideur et la décoloration des tissus, se traduit dans le cerveau par Tanémie céréhrale, et concourt sans doute à entretenir l'inertie mentale et motrice, mais on ne peut alïirmer avec certitude qu'elle en soil la seule cause. Morselli et Bordoni-L ITreduzzi ont montré, depuis longtemps' en elVet, f(ue les phénomènes d'activité intellectuelle peuvent se |)r(tdulrc a\ anl les uiodiiicalions circulatoires du cerNcau, d'où l'on peut conclure qu'ils conmiencent par en être la cause, avant d'en subir l'influence. Peut-être chez noire sujel.le phénomène d'inertie cérébrale est il pilmltHet rclèNo
Arc/i. di psYc/iiatria, iSS!\
2f\0 L\ TRISTESSE ET LA JOIE
t-il de processus intracellulaires antérieurs à tous les symptômes vasculaires. Dans tous les cas, Tinertie cérébrale, quelle qu'en soit Forigine, paraît bien avoir pour conséquence le ralentissement respiratoire \
Ce type n'est réalisé que passagèrement par Marie, mais il est constant chez F..., dont nous connaissons déjà Félat mental et la tristesse passive.
Chez ce malade, les mains, les pieds, les bras et les jambes sont h'oids et pâles. Le pouls des organes est toujours absent.
La tension artérielle est de 2 3 cenlimèlrcs de mercure. A Tauscultation, on diagnostique de même Thypertension au retentissement diastolique de l'aorte en coup de marleau, et ce])endant on ne constate pas d'artériosclérose.
Le pouls, qui bat 56 ibis par minute, est petit.
La capacité respiratoire est de 3', 5, ce qui est faible pour un bommc de la (aille et de la corpulence de F... (i ,'"70), el la respiration, réduite au chillVe de j 1 ])ar minute, présente des inspirations 1res courtes ponr de lonijs repos
(dg. ,5).
FiG j'i. — Ucspii-alion do F. — l 'i secondes.
Nous pourrions faire sur ce cas les mêmes réflexions que sur celui de Marie et en citer quelques autres ; celui du mélancolique S..., par exemple, ou du mélancolique P... jNous préférons nous en tenir à ces deux exemples et conclure tout de suite, en admettant une forme spéciale de tristesse, où la vaso-constriction primitive détermine, par réaction secondaire, la plupart des symptômes que nous venons d'énumérei-.
I. Cf. Paclion. Thèse, 1891. lUlIc du cer\'cau cUiiis la rcspiralion.
psYr.HOPiivsioi.ornr: df. i.\ tuistf.ssf. ft df \.k .ioif 2 'i t
L n doiixirinc groupe de Iristesse, le [)lus considérable assurémenl, me paraît caractérisé par l'hypotension artérielle en même temps que par la vaso-constriction périphérique.
Je cite deux cas entre vingt.
Marie tend à s'y ranger dès le second ou le troisième jour de sa tristesse.
La froideur et la })àleur des tissus, l'inertie mentale et physique ne varient pas ; le pouls des organes est toujours absent, mais la tension arté- T rielle descend à 8 ou 9 centimètres 1 de mercure et le pouls, qui se main- L tient entre jo et bo, donne un trace ^ dilTérent de celui qu'il donnait plus
1 haut.
2 Non seulement il n'est pas dis crote, mais il est a peine marque, ï et la svstole ne détermine i)lus p qu'un soulèvement imperceptible
- La capacité respiratoire reste la
' même, mais la res])iratiniî légère- " ment diminuée dans son ampleur, l donne, comme le pouls, un graphique moins élevé (fig. 17).
La vaso-constricti<»n juMiphé rique est-elle active ou passixe tlans ce cas !' Provient-elle de l'abaissement de la pression sanguine!' il('siille I elle duii spasme des vaso-constricteurs?
Nous savons que la ])ression sanguine est très diminuée, et ce fait sufVirait, à la rigueui-, pour nous e\pli(juer le raleiili^senuMit île la circulation péri[)héri(jue et la petitesse du [)Ouls, mais il ne s'ensuil pas uéci^ssairemenl (jue la vas<v constriction cess(Mrètre a(Mi\(' (dimiic ('Ht' ri'liiit (oui m l heure. Dlmas. Tristesse et Joie. 16