II AVANT-PROPOS
troisième France avait toujours existé, qu'elle était, de beaucoup, la plus nombreuse et la plus active, et qu'on lui devait presque tout ce que, dans le passé, avait fait de grand, de durable et de substantiel le génie français. A cette Francelà, ils ont très bien vu aussi qu'il fallait faire confiance ; ils ont dit qu'elle n'avait point cessé de vivre et d'agir, et que, si une grande crise venait à surgir, elle sauverait encore, comme elle avait déjà sauvé tant de fois, les destinées du pays.
Il m'a paru qu'il y avait, aujourd'hui surtout, intérêt et utilité à recueillir et à commenter leurs témoignages.
Car ils se sont montrés bons prophètes. Elle est venue, la grande crise qu'ils prévoyaient et redoutaient tout ensemble. Et la troisième France s'est levée, forte, calme et grave. Et non seulement elle s'est sauvée elle-même; mais pour la troisième fois, au moins, elle a sauvé le monde — et la civilisation occidentale — de la grande invasion des Barbares.
Ce qu'a été pendant la guerre, en campagne et dans la tranchée, à l'hôpital ou à l'arrière, cette France dont l'Allemagne avait tant médit» de nombreux témoignages nous l'apprennent. Entre tous ces témoignages quelques-uns m'ont paru particulièrement révélateurs : ceux des