II
i8 LA TROISIEME INVASION.
qui était d'autant plus facile que Tarmée assiégée était plus nombreuse que Tarmée assiégeante. Une agressive continue était imposée par la situation et aurait pu avoir des résultats décisifs en rendant impossible l'exécution des travaux de Fennemi ; quand elle n'eût fait qu'empêcher les Prussiens de distraire du siège des corps d'armée qui allaient à l'improviste déconcerter les plans de Chanzy et de Faidherbe, cela seul eût peut-être sauvé la France. • Nos généraux aimèrent mieux rester sur la défensive, qui ne pouvait avoir d'autre effet que de démoraliser leurs troupes.
Les quatre-vingt-dix bataillons de la garde mobile formèrent quatre divisions , sous les ordres des généraux de Beaufort, de Liniers, Corréard et Berthaut.
En dehors de la garde nationale , de la garde . mobile et des corps francs, l'armée proprement dite, au début, était formée uniquement du i3^ corps ramené de Mézières et commandé par le général Vinoy, et du 14'' sous les ordres du général Renault. Ils étaient composés de régiments de marche, sauf le 35' et le 42'. Avec les soldats échappés de Sedan et quelques dépôts, on put créer de nouveaux régiments. L'appel de la classe 1870 à Paris fournit environ 3,5oo hommes. Un décret du général Trochu du 16 septembre réunit le i3'' et le 14^ corps sous le commandement du général Ducrot. Plus tard, le 6 novembre, les forces de Paris furent divisées en trois armées : la i'% sous les ordres du général Clé-
ment Thomas, se composait de 266 bataillons de marche de la garde nationale, et devait former un eftectif nominal de 1 33, 000 hommes, qui ne fut jamais atteint; la 2% sous les ordres du général Ducrot et comprenant tous les corps à peu près organisés, était formée de 8 divisions d'infanterie et d'une de cavalerie, formant ensemble un effectif de io5,ooo hommes; la 3% sous les ordres du général Vinoy, comptait 6 divisions et 70,000 hommes. Enfin Tamiral La Roncière commandait à Saint- Denis un corps de 25, 000 hommes. Les forces actives s'élevaient donc à plus de 3oo,ooo hommes, sans compter les 80,000 chargés de garder les forts et les remparts.
J'allais oublier la commission des barricades dont on donna la présidence à Rochefort, comme si Ton avait pu s'imaginer que les 25o,ooo Allemands qui menaçaient Paris viendraient engager une guerre des rues sous le canon des forts contre 400,000 ennemis. Cette heureuse idée n'eut d'autre résultat que de gêner la circulation dans Paris et d'embarrasser les mouvements de troupes.