L'EFFONDREMENT D'UN TRONE
es Le Li CU.
La-nouvelle du désastre, — Chute du régime, — Carence du Corps législatif.
— À l'Hôtel de Ville, — Le nouveau Gouvernement. — Un incident signi-
ficatif, — La paix impossible. — Bismarck et Jules Favre. — Situation diplomatique et militaire.
Lux RME re = = ne Dpt, Her PE $e | { APTE 12 Poe La nouvelle du désastre.
Te Sex 0e | - Le samedi 3 septembre 1870, le lendemain du jour où elle s’est produite, la catastrophe de Sedan commence, de-ci de-là,
à être connue dans Paris. Cet événement formidable, autant # qu’inattendu, produit une impression d’accablement, de stupeur et, bientôt après, de fureur. |
Depuis quelques semaines, certes, et sur un rythme des plus rapides, les défaites succédaient aux défaites. Après Reichs- … hoffen, Spicheren, puis Borny, Gravelotte, Saint-Privat, Toutes - les fois qu'elle se rencontrait avec les Allemands, l’armée ee + française était battue. Mais ces défaites, loin de là, ne parais- He" saïent pas irrémédiables: À deux ou trois reprises, on le savait, à Saint-Privat notamment, elles auraient pu, elles auraient dû,
Or, de ces deux armées, celle à qui incombait la tâche principale, protéger Paris, venait subitement d’être rayée de l'exis- tence, engloutie dans un désastre dont notre histoire militare
n’offrait pas de précédent. - ‘a L'armée de Mac-Mahon tout entière obligée de capituler ;
air = LA TROISIÈME RÉPUBLIQUE TRE l'Empereur prisonnier! Telles étaient les deux nouvelles qui, “8 venaient de s’abattre sur la capitale.
Chute du régime.
a Aucune dynastie, moins que tout autre celle de Napoléon, d’abord et avant tout, chef de guerre, ne pouvait survivre à un coup aussi violent. |
Quand un régime tombe, sa chute, presque toujours, est due beaucoup moins à la force de ceux qui l’attaquent qu’à la mollesse, au découragement de ceux qui sont chargés de le défendre. Jamais révolution ne fut, autant que.celle du 4 Septembre, simple, facile. C'est que le régime impérial ne fut défendu littéralement par personne. Le vide se fit tout à coup autour de ce trône qui s’effondra de lui-même. L'Empereur entre les mains de l’ennemi; l’Impératrice prenant, sans hésitation, le chemin de l'exil. Parmi les membres du gouvernement, dans l'entourage de la famille impériale, nul ne songe un instant à la résistance, tout le monde étant convaincu de sa parfaite inutilité.
Le pouvoir était là, par terre. Qui done allait le saisir ?
Carence du Corps législatif.
Le Corps législatif, constitué par les représentants élus de la nation, paraît, à première vue, tout désigné pour cela. Mais l'essentiel ‘est d'aller vite. Or, c’est le propre des assemblées parlementaires, surtout dans les moments de crise, de se mouvoir avec lenteur. Elles écoutent des discours, nomment des commissions qui discutent, tâtonnent, se perdent dans des questions de procédure ou des querelles de personnes. Pendant ce temps, les événements se précipitent. Quand elles essaient de les rattraper, il est trop tard.
Le soir du 3 septembre, à peine connue la capitulation de Sedan, le général de Palikao annonce, en termes prudemment enveloppés, la nouvelle au Palais-Bourbon. On tient une courte séance de nuit qui est levée sans qu'aucune décision ait été prise.
Nouvelle séance le lendemain, 4 septembre, au commencement de l’après-midi. Jules Favre présente sa motion de déchéance, déclarant que Napoléon et sa dynastie ont cessé de régner. Thiers soumet une autre motion où le mot « déchéance » est remplacé par celui de « vacance du trône », ce qui est au