‹ La Troisieme RepubliqueChapitre 28 sur 112 · ÉN LOTS · texte numérisé non relu

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lait sa sympathie pour les royalistes. Bismarck est convaincu

que sous un régime républicain la France sera dans l’impossibilité de trouver de solides alliances. Ici sa clairvoyance est en

défaut. Il aurait été bien étonné, s’il avait vécu, de voir la France non seulement s’allier à la Russie, mais nouer une entente très étroite avec l’Angleterre.

. Ce travail diplomatique s'accompagne d’un effort militaire, destiné, quoi qu’il arrive, à doter l'Allemagne d’une armée nettement supérieure à celle de son adversaire. Cette supériorité, l'Allemagne entend qu’elle soit indiscutable autant qu'indiseutéE NN,

Elle n’est pas loin de ressentir comme une offense toute

tentative de la France pour diminuer l'intervalle qui, militaire-

ment, la sépare de son adversaire, pour rattraper l'avance prise par lui. L'Allemagne est, ou paraît, convaincue que, cette avance perdue, la guerre entre les deux pays s’ensuivrait automatiquement. Elle a donc le droit, presque le devoir, de ne pas

attendre ce moment, de prendre résolument les devants, de

jouer sa carte tant qu’elle est sûre de gagner.

La querre préventive.

La théorie de la querre préventive fait déjà son apparition. Propagée par l’Etat-Major, elle pénètre de plus en pus le public germanique, par suite de la perméabilité de ce dernier, de sa tendance innée à croire, comme à un dogme, à un certain nombre d’idées que ses dirigeants lui mettent en tête. A chacune des mesures militaires prises par le gouvernement français, l’Etat-Major germanique pousse les hauts cris, et Bismarck ne cache pas sa mauvaise humeur. Il dit ou laisse dire : « La France se prépare ouvertement à nous attaquer; nous serions insensés d'attendre; nous tomberons sur elle avant qu’elle n’ait terminé ses préparatifs. »

Quarante années plus tard, lorsque la France, en présence des armements intensifs de l'Allemagne, se vit obligée de rétablir le service de trois ans, c’est exactement le même état d'esprit qui se manifesta de l’autre côté du Rhin. C’est le même langage qui fut tenu.

S La première alerte.

Pression de l’Etat-Major sur les milieux politiques et sur Bismarck; crainte éprouvée par ce dernier d’une restauration

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