ANCO-AULEMANDS, — ALERTE DE
est pour lui une carrière autrement brillante. correspondant du Times, par son activité, son flair, son
nt, il se crée très vite une situation considérable. - Mémoires, qu’il convient de ne pas prendre toujours à la lettre (car Blowitz est très vaniteux), sont remplis, sur cette alerte de 1875, sur le Congrès de Berlin, des renseignements
les plus curieux. * En Angleterre, l'opinion publique s'émeut. Des représenta- tions, d’ailleurs fort courtoises, sont adressées à Berlin, C’est . en Russie surtout que ce travail, où il entrait une bonne part de propagande, pour employer un mot dont il sera fait grand usage plus tard, produit d'excellents effets. Gortchakof qui jalouse et déteste Bismarck n’est pas fâché de lui administrerune leçon, de jouer auprès de lui le rôle de Mentor. Au cours de la visite du tsar Alexandre à Berlin, il donne un avertissement à Bismarck qui pousse les hauts cris, jure ses grands dieux que ces bruits de guerre sont imaginaires, propagés par ses ennemis. | Bismarck n’a jamais cessé d’affirmer que, malgré la pression -. de lEtat-Major, la paix n'avait pas un instant été sérieusement menacée, que Decazes et Gortchakof, désireux de remporter
2 une victoire diplomatique à ses dépens, avaient machiné de toutes pièces cette affaire, que ce dernier notamment s'était Re” donné les gants de sauver à peu de frais la France, que nul ne
cs songeait à attaquer. Tout n’est peut-être pas inexact dans ces - affirmations.
Cette crise de 1875 crée en Europe un état d’esprit dont des conséquences fort importantes doivent sortir plus tard. L’Angleterre et la Russie commencent à voir sous son vrai jour l’Allemagne victorieuse et prussianisée, quelque peu enivrée de sa victoire, désireuse, pour préserver ses conquêtes, de faire sen-
= tir à tous son hégémonie.
Ce désir d’hégémonie qui ne prend plus la peine de se cacher, n’est pas sans leur causer quelque ombrage d’abord, puis quelque inquiétude. Aussi viennent-elles, diplomatiquement cette fois et sans hésiter, au secours de la France qu'elles avaient, d’un cœur léger, laissé écraser cinq années plus tôt.
L'alliance franco-russe et même beaucoup plus tard l’Entente
# cordiale sont en germe dans cette crise. |
Bibliographie. — A. Sorel. Histoire diplomatique de la querre franco-allemande (2 vol.) (1875). — G. May Le traité de Francfort (1909). — Debidour. Histoire diplomatique de l'Europe jusqu'en 1878 (tome Il) ; Histoire diplomatique de l'Europe jusqu'à nos jours 1914 (Paris, 1919-20, 2 vol) — E. Bour-
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je HUE CON . LA TROISIÈME RÉPUBLIQUE
geois. Manuel de Politique étrangère (tomes IIT et IV). — Hanotaux. Histoire de la France contemporaine (4 vol.) (1903-1908). — S. Denis. Histoire contemporaine (£ vol.) (1897-1903). — Valfrey. Histoire du Traité de Francfort et de la libération du territoire (2 vol., 1874-75) (4906). — Gontaut-Biron. Mon ambassade en Allemagne (1906). Les dernières années de l'ambassade de Gontaut- Biron en Allemagne publiées par Dreux. — Bismarck. Pensées ef souvenirs (traduction française, 3 vol.) (1899), Mémoires de Bismarck recueillis par Maurice Busch (2 vol.) (1899). — Prince de Hohenlohe. Mémoires e vol.) (1909). — Marquis de Gabriac. Souvenirs diplomatiques (1896). — De Broglie. La mission de Gontaut-Biron (1896). — A. Laussedat. Les délimitations de la
frontière franco-allemande (1901). — Blowitz. My Memotrs (Londres, 1906).
+ - CHAPITRE IX CONGRÈS DE BERLIN. — TRIPLE-ALLIANCE ALLIANCE FRANCO-RUSSE. — LA QUESTION D’ÉGYPTE
re
ns
Guerre russo-turque. — Traité de San-Stefano. — Congrès de Berlin. — La
Triple-Alliance. — Caractère de la Triple-Alliance.
L'Alliance ffanco-russe. — Caractère de l'Alliance.
Guerre russo-{urque.
= Bismarck, furieux contre Gortchakof et les Russes, après la crise de 1875, ne devait pas tarder à, prendre sur eux sa
revanche. :
Les Chrétiens d'Orient, depuis que certains d’entre eux
avaient réussi à se libérer du joug ottoman, ne voyaient désor-
mais qu'un terme à leurs revendications, une libération non plus partielle, mais totale. Ce mouvement d’indépendance une fois commencé, rien ne pouvait plus l’arrêter. Il devait, en dépit de tous les obstacles, se poursuivre jusqu’à sa conclusion. Quand les populations chrétiennes, lasses d’être foulées, protestent ou se soulèvent, les Turcs de temps à autre les massacrent pour s’entretenir la main. C’est ce qui se passe en Bul-
garie où les bachi-bouzouks, lâchés sur ce pays par le Sultan,
égorgent, incendient et violent à qui mieux mieux. Ces « atrocités bulgares », la défaite des Monténégrins et des Serbes qui avaient pris les armes, exaspèrent la Russie qui, fidèle à son rêve séculaire, ne demande qu'à marcher contre le Turc. Le gouvernement russe, entraîné par son opinion publique qui soutient à fond les Bulgares, déclare une fois de plus la: uerre à la Turquie. Les difficultés, les revers qu'il éprouve À'abôrd l’obligent à demander l'appui des Roumains, qui sont d’ailleurs fort mal récompensés de leur collaboration. Ses armées finissent par balayer tous les obstacles. Elles s’avancent
TR A Re fe Ge à En AERE Lo E
406 ts LA TROISIÈME RÉPUBLIQUE Xe jusqu'aux ortes de Constantinople, imposent au Sultan, par LS le traité de San-Stefano, un véritable démembrement de la: 2
Turquie d'Europe. SE | | Traité de San-Stefano..
La question d'Orient se trouve ouverte de nouveau. Les®# grandes puissances estiment qu’elles ont leur mot à dire en cette affaire et qu’elles ne peuvent pas laisser les mains libres à la Russie. ES
Jalouses et effrayées des succès de cette dernière, des avan- > tages matériels et moraux qu’elle s'apprête à en retirer, deux d’entre elles, l'Autriche et l’Angleterre, ont vite fait de s’ac-
. corder pour limiter le plus possible les conséquences de cette victoire. TS
Bismarck, lui, tout en étant d’avis que la question d Orient « ne vaut pas les os d’un grenadier poméranien », n'est pas fâché de jouer le rôle de courtier et d’en toucher les bénéfices : faire sentir aux Russes son mécontentement, les obliger, sous > son égide, à remettre en question leur traité, aider l'Autriche à satisfaire quelques-unes de ses ambitions, se l’attacher de la sorte solidement en vue de l'alliance qu’il projette déjà, servir d'intermédiaire entre l’Angleterre et la Russie, apparaître ainsi en Europe comme un pacificateur, un arbitre tout-puissant,.
Congrès de Berlin.
Le Congrès de Berlin (juin-juillet 1878) lui permet de réa- - : liser une partie de ses desseins. La Russie, rongeant son frein, est obligée de s'incliner. L’Autrichien et l'Anglais, sauveurs non désintéressés du Turc, présentent chacun d’eux la note à payer et empochent leur salaire : le premier, la Bosnie-Herzégovine, le second l’île de Chypre.
La France, officiellement invitée au Congrès, ne pouvait pas ne pas y assister. Elle y tient une place volontairement effacée, mais honorable. Elle en retire quelques avantages pour ses HE Grecs et Chrétiens d'Orient, et pour elle même.
ésireuse de faire oublier l’occupation de Chypre, l'Angleterre aiguille la France vers une intervention tunisienne à laquelle Bismarck, fidèle à sa politique de balance, s’empresse de donner son adhésion.
Tout le monde a donc lieu de s’estimer content, à l'exception du Russe, le grand vaincu dans cette affaire. Son mécontente-
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