TRIPLE-ALLIANCE
ent, son irritation pèséront fatalement désormais sur ses. lations avec l'Allemagne. Elles poussent d'autant plus Bis- -marck à se rapprocher de l’Autriche, à réaliser cette alliance à laquelle il'songeait depuis longtemps, qu’il avait à loisir pré- parée. Îl se servit pour la faire aboutir de ses amis hongrois de’plus en plus influents à Vienne. C’est un Hongrois, __ Andrassy, qui signe, le 24 septembre 1879, la convention secrète entreles deux empires voisins, C’est la première pierre, x
le fondement de la Triple-Alliance.
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Est gs: La Triple-Alliance.
En décidant l'Autriche à s'unir étroitement à l'Allemagne prussifiée, alors que peu d’années auparavant la Prusse l’avait , battue, alors que cètte alliance signifiait forcément pour elle une sorte de domestication, Bismarck surmontait un obstacle F que bien des gens auraient pu croire insurmontable. Mais ce premier résultat ne lui suifisait pas. Il était littéralement assoiffé d’alliances, convaincu qu’il ne trouverait jamais assez . de concours et d’appuis extérieurs pour mettre à l’abri sa vic- toire, déjà cependant protégée par une formidable armée. . C'était chez lui le sentiment dominant, le « leitmotiv », si l’on peut dire, de sa diplomatie.
Mais où trouver d’autres alliés? La Russie? Bismarck,
certes, n'aurait pas mieux demandé. Seulement, s'unir à la | Russie, alors qu'il était déja l’allié de l’Autriche, c'était __ vouloir résoudre la quadrature du cercle, s’acharner après une \ chimère. Le Russe et l’Autrichien ne pouvaient plus être attachés au même char. Leurs aspirations étaient de plus en plus divergentes. |
L’Angleterre, toute à sa politique de splendide isolement, éprouve une horreur instinctive pour les alliances continentales auxquelles elle ne se décide qu'à la dernière minute, lorselle se sent poussée par une nécessité impérieuse, quand il
. ne lui est plus possible d’agir autrement.
Restait l'Italie. Bismarck se montrait plutôt méprisant dans les jugements qu’il portait sur elle, Et c'est un mépris que devaient partager ses successeurs, à commencer par Guil- -laume IT lui-même. Cependant, il se disait qu’à tout prendre, l'Italie valait mieux que rien. Il ne lui déplaisait pas, d'autre
" part, de marquer sa force matérielle et morale, en réalisant ce qui pouvait paraître irréalisable, en réunissant, en maintenant sous son égide, les adversaires, les ennemis d'hier. Rien ne
Recoucy. — La Troisième République. S
rouverait davantage, après tout, la puissance d'attraction, tree de l'Allemagne. He es Pour des raisons multipies.et diverses, l'Italie répondit à ses avances. Elle se laissa entraîner, mais non-enchaîner. Elle était irritée contre la France à la suite de lexpédition tunisierine (4881) ; le roi Humbert, successeur de Victor-Emmanuel, éprouvait le besoin de consolider son trône, menacé à la fois par les cléricaux et les républicains. Cette dernière raison fut déterminante. En s'associant, un peu malgré elle, à l'Autriche, sous . l’hégémonie de l'Allemagne, l'Italie contractait une sorte d’assurance contre tous les dangers possibles, au dedans comme au dehors. ; î
Caractère de la Triple-Alliance.
Le 20 mai 1882, la Triple-Alliance est signée, et depuis lors, elle fut Jusqu'à la guerre régulièrement renouvelée. |
Quelle était au juste la portée de ce traité dont le texte fut tenu rigoureusement secret et qui a influé plus qu'aucun autre sur l’évolution diplomatique de l'Europe contemporaine ?
Son caractère essentiel dérive de la situation respective de ceux qui l'ont conclu, c’est-à-dire, au fond, de leur force. En raison de ses aspirations, de ses intérêts, chacun des alliés apporte dans cette alliance un esprit tout différent.
L'Autriche — c’est un point capital — ne se trouve pas, de: beaucoup, sur un pied d'égalité avec l'Allemagne. En apparence et dans la forme, peut-être, dans la réalité, mon. Le vieux souverain de la Hofburg, qui, pratiquant le pardon des injures, s’est si vite réconcilié avec son vainqueur, se considère certes comme l’égal de ce dernier, qui lui fait toujours plus ou moins l'effet d’un parvenu. Mais les Allemands, dans l’ensemble, prennent de plus en plus l'habitude de traiter au point de vue politique, diplomatique, financier, etc... l’Autrichien comme un injérieur. L'influence allemande se fait de plus en plus sentir à Vienne et à Budapest. Elle se marque par une emprise puissante dans le monde des affaires, de l’industrie, de la Banque, dans les journaux, les universités, etc, etc... Elle se sert, comme instrument de pénétration, des Juifs qui, dans toute l’Europe Centrale, travaillent d’instinct dans le sens du germanisme el qui sont très nombreux et très agissants dans les deux capitales de la monarchie, Cette mainmise de l’Alle-
magne sur l'Autriche, par le simple effet de La force acquise, ne cesse pas de s’accroître.