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ae r Si 4 : : , { 4 LE BOULANGISME 0 165 7
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; fanfare yant joué En revenant de la Revue, tout le monde, hommes et femmes, reprend en chœur le refrain.
__ Certains de ses amis pressèrent vivement le re de se.
mettre résolument à la tête de la manifestation. La Ligue des
| patriotes, les NS DRE dont les membres étaient
tous dans la rue ce soir-là, ne demandaient qu’à le suivre, à
marcher sur l'Elysée à peine défendu, pour en chasser le pré-
__ sident et prendre le pouvoir. De la Madeleine au Faubourg
. Saint-Honoré, la distance n’est pas si grande. Boulanger, si
avait osé, l’aurait, semble-t:il, franchie sans aucune peine. Tout fait croire que ce coup de force aurait réussi. La police et
. . la troupe, à supposer qu'elles l’eussent voulu, ce qui n’est rien
moins que sûr, n'étaient pas en état de s’y opposer.
= La révolution de 1830, celle de 1848 s’engagèrent sous des
- auspices beaucoup moins favorables. Que serait-il advenu au
lendemain de ce facile succès ? Comment se seraient comportés :
ces éléments si disparates, à certains égards même opposés,
sur qui Boulanger s’appuyait momentanément ? C’est une autre
question. Si ceux qui font les révolutions se posaient une ques-
tion pareille, on peut être sûr qu’ils ne les feraient jamais. Le
soir du 27 janvier, Boulanger était le maître incontesté de Paris. , Fort heureusement pour le régime (ce fut pour lui une
nouvelle chance après bien d’autres), Boulanger n'avait aucun . esprit de décision, aucun caractère, aucun tempérament, Dou-
cement mais obstinément, il résista à toutes ces suggestions.
« Je suis sûr, répondait-il, de remporter la victoire par des
moyens parlementaires. »
« Il faisait preuve en cela d’un terrible aveuglement. Il ne se doutait pas à quel point l’occasion qui s’offrait à lui, ce jour-là, était unique. Il avait la bonne fortune de surprendre ses adversaires en désarroi, d’avoir derrière lui toute la capitale, dont,
u’elles soient bonnes ou mauvaises, la province neuf fois sur
ix se borne à ratifier les décisions.
- Devant le péril imminent, les républicains sont bien obligés de se ressaisir, de faire taire leurs dissensions, de recourir aux mesures de défense les plus énergiques. Si Boulanger
- est maître de la rue, ils sont, eux, maîtres du Parlement,
En décidant de livrer une bataille strictement parlementaire, Boulanger s'engage sur un terrain ie ne lui est ni familier, ni favorable, plein de traquenards, d’embûches, au milieu desquels il est à peu près sûr de succomber.
Les républicains effrayés commencent par se débarrasser du
166 | LA TROISIÈME RÉPUBLIQUE scrutin de liste qu'ils accusent, encore qu'il ait été désiré par beaucoup d’entre eux, de favoriser leurs adversaires. Ils réta-
blissent le scrutin d'arrondissement, qui rend: à peu près impossible les vastes mouvements d'opinion. Ils rejettent un projet
de révision présenté par Floquet. La-révision étant le premier “article du programme boulangiste, c’est faire le jeu des adver-
saires que de paraître s’y rallier. Se Le Le ministère se forme, composé de quelques hommes éner-
iques, un surtout, Constans, occupant le poste principal, :
l'Intérieur. Il a la réputation d’un homme à poigne, ayant
beaucoup contribué au succès des républicains en 1881 [la
plus d’un tour dans son sac, comme il ne devait pas tarder à le
montrer. LE L’attitude vigoureuse du gouvernement se précise : disso-
lution de la Ligue des patriotes, constitution du Sénat en.
Haute Cour. Constans connaît la faiblesse de son adversaire, et
manœuvre en conséquence. La maîtresse du général est une femme. divorcée, M de Bonnemaiu, à qui il est passionné-. ment attaché. La police inquiète cette dernière, lui fait croire … qu'elle va être arrêtée, la décide à partir pour Bruxelles: Boulanger, désemparé par ce départ, craignant lui aussi une arrestation, ne tarde pas à aller l’y rejoindre. L’amour tenait, dans son cœur, plus de place que la politique. Comme le dit, d'une façon méprisante mais juste, un de ses partisans : « César
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n’était qu'un Roméo de garnison ! » | a
Du moment qu'il quittait ainsi la partie, celle-ci était perdue pour lui. On ne vit jamus effondrement plus complet, dégonflement plus rapide. La veille encore, Boulanger paraissait un adversaire formidable ; le lendemain, dès qu'il eût pris la fuite, il n'était rien. Ce n’est plus qu'un cadavre : jam foetet. Arthur Meyer, dont le flair est très développé, prononce les mots célèbres, en guise d'adieu à ses anciens compagnons d'armes : « Bonsoir, Messieurs! » :
Le boulangisme peut tirer encore quelques fusées, tel un feu d'artifice mal éteint; il est fini désormais. Le chef absent, les forces centrifuges se font sentir. Toute cette étrange, paradoxale coalition se disloque en un rien de temps. La an. Cour juge les principaux meneurs : Boulanger, Rochefort, Dillon, les condamne à la déportation perpétuelle. Deux ans plus tard, le général, à demi ruiné, se tue, dans un cimetière de Bruxelles, sur la tombe de la femme qu'il aime.
Cette aventure boulangiste montrait cependant le point faible du régime qui, en dépit de sa solidité apparente, demeure
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RE UNSS, me par un coup de surprise, les choses. Dès qu'on
et de brusqu d’or aniser la défense, ils organisent.
ager de longtemps les fauteurs de coups d