‹ La Troisieme RepubliqueChapitre 52 sur 112 · LE SCANDALE.DE PANAMA · texte numérisé non relu

LE SCANDALE.DE PANAMA

Politique et finances.

… De tout temps l'argent et la politique ont fait ensemble assez bon ménage. Les communications entre l’une et l’autre, les collusions si l’on veut, ne sont pas chose récente, tant s’en |

faut. La forme du régime ne change rien à ce fait Sous la monarchie, les fermiers généraux, pour ne citer que cet exemple, obtenaient leurs privilèges, grâce à l'appui, non désintéressé, des grands seigneurs, des courtisans entourant le souverain ou les ministres. Quand Louis XIV, sur le conseil de Colbert, institua une chambre ardente pour faire rendre gorge aux traitants, les plus avisés de ces derniers ne manquèrent pas, contre argent comptant, de s’assurer des concours tout-puissants. Ils échappèrent aux poursuites, à charge de se

- laisser copieusement rançonner par leurs sauveurs.

Dans une république, le souverain et les courtisans sont - remplacés par ministres et parlementaires. Entre les financiers et ces derniers Les points de contact se multiplient, dans la mesure où la finance veleppe son domaine, où les affaires prennent une amplitude insoupçonnée. Beaucoup d’entre elles touchent de près à la politique, les pouvoirs publics ayant, d’une manière ou d’une autre, à intervenir, soit au moment où elles se constituent, soit à tel ou tel stade de leur développement. Pour que les parlementaires, maîtres d’un jour, détenteurs d'un pouvoir éphémère, fussent entièrement à l’abri des tentations, il faudrait les choisir parmi les saints. Il faut remarquer aussi que sous l’ancien régime et même Jusqu'en 1870, les . hommes exerçant le pouvoir ou approchant du pouvoir étaient

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