HA PITRE XX + -. FRANCE, ALLEMAGNE ET BALKANS
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= A « Pan r» à Agadir. — La France cède de nouveau. — Caïllaux. — Diffi- ' és des négociations. — Mécontentement réciproque. — Les armements
£ e l'Allemagne. — La riposte française. — Confidences du Kaiser au roi des
Belges. — Les guerres balkaniques, prélude de la grande guerre.
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RCE er se RS Lac Panther » à Agadir.
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Paris vint faire au Quai d'Orsay une communication des plus inattendues.
Ilest à remarquer que c’est de préférence vers la fin de la semaine, un vendredi ou un samedi, que l'Allemagne, ou lAu-
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É Le samedi 1* juillet 19414, l'ambassadeur d'Allemagne à
triche son alliée, lancent leurs brülots diplomatiques; dès le
__ «office » pour le repos sacro-saint du week-end, à quoi rien au monde, même un écroulement de l'univers (si fractus illa- . batur RAS Er pourrait les faire renoncer. Pendant tout cet * intervalle, le contact diplomatique entre la France et l’Angle- terre se trouve ainsi pratiquement rompu.
- L’ambassadeur annonçait que, par suite de certains troubles - dans le sud marocain, son gouvernement se voyait obligé d’ex- pédier d’urgence une canonnière à Agadir.
« Vive émotion dans les chancelleries; les troubles du Sous, la protection des intérêts germaniques ne sont évidemment qu’un prétexte. Personne, au demeurant, ne s’y trompa. L’Al- __ lemagne recommence, en 1911, le coup de 1905; la canonnière d'Agadir, c’est la réplique du débarquement du Kaiser à
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Tanger. Des raisons de politique générale, tout autant, sinon - plus, que de politique marocaine, la poussent à ce geste impérieux. Il s’agit, une fois encore, de faire sentir à la France sa dépendance, de lui signifier que son entente avec l’Angleterre et l'Espagne n’aura aucun effet, tant qu'elle ne se sera pas entendue avec l’Allemagne, qu’elle n’aura pas acquitté, pour obtenir sa pleine liberté, une sorte de rançon. PESTE
L’attitude dela presse germanique, certains articles insinuant que la Wilhemstrasse demandera en échange de sa mainlevée au Maroc, des compensations au Congo, indiquent clairement que c’est vers une négociation, un marchandage de cette nature qu’on s'efforce de nous entraîner.
Que va faire la France? Résister au risque d’une guerre ou céder?
La France cède de nouveau.
Une fois encore la France céda. Au lieu d'envoyer, comme elle Paurait pu, un bateau à Agadir, à côté de la canonnière allemande, elle se résigna à des négociations, elle paya la rançon.
Du côté germanique, le coup d'Agadir fut conçu, préparé, exécuté sous l’influence de Kiderlen-Waechter qui, deux ans plus tôt, avait remplacé de Schoen à la Wilhemstrasse.
Cet Allemand du Sud, ce Souabe gouailleur et assez irrespectueux, avait, au début de sa carrière, accompagné dans ses voyages le Kaiser qu'il amusait par ses saillies. Il faut voir dans ses lettres avec quelle irrévérence il parle, durant son séjour à Cowes, la semaine des régates, de la « vieille Queen » (la reine Victoria), du « gros Galles »(le Prince de Galles), des « beels » {les Anglais).
Tombé en disgrâce à cause de sa vié privée, d’une vieille liaison qui choquait la pruderie bigote de l’impératrice, on * l'avait laissé longtemps ministre à Bucarest. Son intelligence et
son activité avaient fini cependant par s'imposer à ses chefs, la diplomatie germanique étant des plus pauvres en hommes de valeur.
Nourri dans les traditions et les méthodes bismarckiennes, grand abatteur de besogne, réaliste, d’un esprit vigoureux et précis, il estimait que l'Allemagne devait en tout lieu revendiquer sa place au soleil, affirmer sa force et faire respecter ses droits.
Du moment que l'Angleterre, disait-il, en échange de droits