‹ La Troisieme RepubliqueChapitre 95 sur 112 · LA GRANDE GUERRE, … MENT · texte numérisé non relu

LA GRANDE GUERRE, … MENT

2) CAT LEA 1 it l'offensive générale de tous les alliés, la marche concene vers les Ardennes. L’ennemi fléchissant de plus en plus porte de profiter de cette usure, de précipiter le rythme des Aquess 0 n° | “A l'un de ses vieux camarades, commandant un groupe d’armées, qui, après chacune des offensives, lui disait : « Nous allons maintenant pur souffler un peu. — « Mais non, mon vieux ! répliquait ‘och avec sa sécheresse affectueuse, tu n’y es pas du tout : il ne s'agit pas de souffler, mais de repartir en È avant. » : a ; 14158 : ge .C est exactement ce qu'on faisait. Dès les premiers jours - d'octobre, Foch se préoccupe des conditions de l’armistice, que - Ludendorf, il en est sûr, ne tardera pas à demander, Sachant à quel point les questions politiques sont étroitement liées aux questions militaires, il écrit à Clemenceau, vers le milieu de ce mois, ie lui demander de préciser, dès maintenant, la poli- 74 tique de la France, en ce qui concerne cette question capitale : = la rive gauche du Rhin.

… Clemenceau, malheureusement trop imbu de la doctrine - révolutionnaire, jaloux de conserver sur les chefs militaires

- toutes les prérogatives des chefs civils, prie Foch de s’en tenir : strictement au commandement des armées...

« Je fais la guerre », ce mot célèbre de Clemenceau était

Œ excellent, tant que la paix demeurait lointaine. Il était beau- L coup moins bon, dès que la fin de la guerre approchait. Car la - conclusion naturelle de la guerre c’est la paix, tout aussi diffie. ses préparer et à conduire que la guerre elle-même, sinon us. ; à Or, c’est cette préparation diplomatique, économique; finan- cière de la paix qui fit défaut. Elaborée avec plus de soin, elle aurait dû inscrire dans l'armistice, germe d’où le traité de paix doit sortir, en même temps que des clauses militaires, 4 des, clauses politiques, économiques, financières. Foch, obligé par la volonté de Clemenceau, de se borner - strictement au côté militaire, eut une lutte assez vive, bien que des plus courtoises, à soutenir contre les Anglais, gouvernement et haut commandement, pour que les conditions £ imposées aux Allemands fussent très sévères, paul non __ seulement l’évacuation de la Belgique et de la France y comris l’Alsace-Lorraine, ce dont voulaient se contenter les Anglais, mais, ce qui était essentiel, l'occupation de la rive gauche du Rhin et des têtes de pont.

Sir Douglas Haig, beaucoup moins confiant que Foch, parce

qu'il n’avait pas comme lui la vision de l'ensemble, ne se rendant pas compte du véritable état des armées germaniques, alarmé par l'usure grandissante de ses troupes, était d'avis qu'on

ne poussât pas l'Allemagne à bout par des exigences exCéssIves.

C'est la volonté de Foch qui prévalut : le 11 novembre, dans la forêt de Compiègne, les délégués allemands, après avoir essayé de résister, furent obligés d'accepter toutes les conditions des alliés. $

L'armée allemande était littéralement à bout.

Elle était incapable, ses chefs ne l’ignoraient pas, de parer les nouvelles attaques préparées par les alliés, notamment celle qui allait être exécutée en Lorraine dans la direction de la Sarre.

L'Allemagne, après une longue résistance qui avait tendu

jusqu’au maximum toutes les forces matérielles et morales du

pays, fléchissait tout d’un coup. Elle était à deux doigts de s’écrouler. 5

A l’arrière comme à l’avant, toute capacité de résistance était détruite. Une révolution éclatait dans la capitale ; l’empereur, le prince héritier, pris de peur, quittaient leur quartier général et s’enfuyaient en Hollande,

L’armistice à été sévèremerit critiqué. La paix n'ayant donné à la France que d’une manière très insuffisante ces deux choses pourtant indispensables, les réparations et la sécurité, c’est l'armistice lui-même qui en a été rendu responsable.

Or, un armistice est une cessation momentanée des hostilités permettant au vainqueur d'imposer au vaincu ses conditions : il est en même temps l’amorce du traité de paix. Il a done, ou plutôt il doit avoir, un côté militaire et un côté politique.

Au point de vue militaire, le seul dont Foch avait à s'occuper, l'armistice, amenant les alliés sur le Rhin, leur donnant en outre de solides têtes de pont sur la rive droite, les mettait en mesure d'obtenir de lAllemagne, sans aucune résistance possible, absolument tout ce qu'ils voulaient.

Au cas où cette dernière ne se serait pas inclinée, ils pou-

vaient en quelques jours, presque sans coup férir, occuper la majeure partie de son territoire ; à cet égard done, il remplissait son objet essentiel.

Quelques victoires de plus, remportées par les alliés, quelques dizaines ou centaines de mille prisonniers, des milliers de canons capturés, n’auraient nullement amélioré leur position.

Au point de vue politique et économique, par contre, il est

Page 1