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LA GUERRE ET LES ALLIANCES

Triple-Entente contre empires centraux. — Entrée en guerre de l'Italie. — Bulgarie et Grèce. — La Roumanie. — La révolution russe. — Intervention de l'Amérique.

La guerre mettant aux prises, dès les premiers jours où elle éclata, les nations les plus puissantes de l'Europe, devait attirer, happer, la plupart des nations voisines, celles dont les intérêts . vitaux se trouvaient, plus ou moins affectés, par le conflit.

« Dans cette guerre, il n'y a pas de neutres. »

Cette phrase, qu’on entendit très souvent de 1914 à 1918,

n’était pas loin d’énoncer une vérité.

Il resta, en effet, très peu de neutres ; de petits Etats, la Suisse, la Hollande, les nations scandinaves, une nation comme l'Espagne, que sa situation géographique tenait à l'écart du conflit. : :

Encore, cette derrière fut-elle à plusieurs reprises à deux doigts d’une intervention.

Triple-Entente contre empires centraux.

Chacun de ces deux groupements va, dès le début, essayer par tous les moyens: promesses, parfois entremêlées de menaces, pressions de toutes sortes, de recruter de nouveaux alliés.

Les Allemands sont les premiers à marquer un point : ils réussissent à enrôler dans leur camp la Turquie.

Beaucoup plus que la Triple-Entente, dont les représentants à Constantinople accumulaient les faiblesses et les erreurs, la APE germanique savait comment faire marcher les Jeunes-

urcs.

Elle s’empressa de mettre, avec tous les moyens appropriés,

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ant devant rien, + compris le crime, pour arriver à leur l'instant

Comme il arrive souvent dans les affaires humaines, un incient dont, au premier abord l'importance paraissait minime, it définitivement pencher en faveur de l'Allemagne un des plateaux de la balance. | - Cefut, tout au début de la guerre, l’arrivée dans le Bosphore du Goeben et du Breslau, les deux puissants croiseurs de - bataille allemands.

- La randonnée de ces deux navires à travers toute la Médi- terranée, sillonnée par les fortes escadres françaises et anglaises, passant à travers les mailles de ce réseau, qu’ils n’auraient

Jamais dû percer, parvenant à gagner, sans avoir reçu un seul obus, les Dardanelles, est un des épisodes les plus dramatiques __ de la guerre. Il eut des conséquences incalculables.

Energie, audace, intelligence des chefs allemands, marins et st anglais et français, sans parler

diplomates, faiblesse des

- d’un élément de chance qui joua, comme il arrive souvent, en E. faveur du plus audacieux : voilà toute l’explication.

. Ces deux navires, une fois dans le Bosphore, où ils demeu- __ rèrent armés, en violation de toutes les règles, il n’y avait pour __ l’Entente qu'un moyen de rétablir sa situation. C'était de

frapper un coup analogue : de faire pénétrer de gré ou de force ses navires dans les Dardanelles.

- Au lieæ de parler net à Constantinople et au besoin d’agir, | les cabinets de Londres, de Paris, de Saint-Pétersbourg, mal __ renseignés par leurs représentants locaux, décidèrent d'employer la manière douce qui, avec les Turcs, n’a jamais réussi.

La même faute fut d’ailleurs commise par l’Entente l’année suivante avec les Bulgares ; elle produisit exactement les mêmes résultats.

Les Turcs, de toute évidence, il fallait être aveugle pour ne pas le voir, avaient déjà partie liée avec l'Allemagne. A la barbe

- des ambassadeurs anglais, français, russe, qui se laissèrent berner, intimider, ils préparaient ouvertement leur intervention.

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Quañd tout fut prêt, ils jetèrent le masque (octobre 1914); les croiseurs allemands allèrent bombarder les ports russes de. la Mer Noire ; la Turquie entrait en guerre contre l’Entente. Du coup, la seule communication pratique entre l'Angleterre, la France et la Russie se trouvait coupée. C'était un événement des plus graves qui exerça sur la suite de la guerre une influence prépondérante. La Russie, qui avait tant besoin, moralement et matériellement, d’être soutenue par ses alliés, était abandonnée à elle-même. On devait bientôten voir les résultats. En vain Français et Anglais, voulant tardivement réparer leur erreur, essaient-ils de forcer les Dardanelles. Une action navale, entreprise sans une préparation suffisante, sans l’appui d’un corps de débarquement, échoue; il en est de même d'une expédition militaire tentée par les troupes iranco-britanniques. -

Entrée en querre de l'Italie.

C’est au tour de l’Entente de marquer un point. En mai 1915, lle parvient, après de longues et laborieuses négociations, à déclencher l’intervention italienne. |

Le gouvernement italien avait, dès le début de la guerre, proclamé sa neutralité; ce n’était, tout le monde le savait, qu'un premier acte. La guerre, quelle qu’en fût l'issue, à supposer que l'Italie n'y participât point, rendrait très difficile la position de cette dernière. RS

Un homme d'Etat italien avait parlé dans une formule saisissante de « l’égoïsme sacré ». Chacun des deux belligérants va essayer d'exploiter cet égoïsme, d'attirer de son côté l'Italie. L'Allemagne dépêche à Rome son meilleur diplomate, le prince de Bulow qui, par son mariage avec une Italienne, son entregent, se croit en mesure d’influencer les décisions prochaines: il trouve en Barrère, le représentant de la France, un rude concurrent.

Une double négociation s’engage de la part de l'Italie avec l’un et l’autre des groupements. L’Allemagne pèse de toutes ses forces sur l'Autriche pour l’amener à salisfaire, à°ses dépens, les revendications italiennes, concernant le Trentin et Trieste. .… Les dirigeants viennoïs, toujours en retard d’une année etd’une idée, se font tirer l'oreille, ne se décident à ce sacrifice qu'avec toutes sortes de résistances et de réserves.

La partie adverse a, en cette affaire, un avantage considérable : elle peut offrir à l'Italie des territoires d'autant plus étendus qu'ils ne lui appartiennent pas.

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Len 4 SX re: fn v rR CNOEERNE | ajouter les impondérables qui s’exercent en faveur e et dont niaonee est déterminante. C’est d’Ance des lettres, qui, en des journées mémorables,

> les sentiments profonds du pays. PeNEE

lie unit son sort à celui de l'Angleterre et de la France. armée entame une offensive, assez vite arrêtée mais qui pense, dans une certaine mesure, l'échec des Russes et le aste mouvement de repli exécuté par leurs armées en Galicie.

Æ , Bulgarie et Grèce.

Le souverain bulgare Ferdinand, le plus astucieux, le plus intrigant des hommes, devait naturellement se porter du côté ù il y aurait, croyait-il, le plus à gagner. Après avoir longuement observé, réfléchi, calculé, pesé le pour et le contre, il misa sur la carte allemande et il perdit. | Des influences dynastiques très fortes, peut-être des questions d'argent (on a dit non sans vraisemblance que Ferdinand, toujours besogneux, aurait reçu une grosse somme de l’Allemagne) intervinrent dans sa décision et tout autant sinon plus, le spectacle des faiblesses de l’Entente, le décousu de son action politique et diplomatique dans les Balkans, envers la Turquie d’abord, puis la Grèce.

Dans ce dernier pays, la majorité du public était nettement en faveur de l’Entente; le souverain, pour des raisons dynas-

tiques, penchait du côté de l'Allemagne.

- France, Angleterre, Russie, les trois « Puissances protec- trices », à qui la Grèce devait son existence, pouvaient parler haut et ferme, d'autant plus aisément que, maîtresses Incon- - testées de la mer, elles tenaient le pays à leur merci. Elles L avaient le droit d’exiger le maintien d’un régime constitu- tionnel que Constantin violait ouvertement, se comportant en - véritable souverain autocrate et de droit divin, renvoyant Veni- __ zelos, dissolvant le parlement.

Fe Elles n’en firent rien. Très longtemps; trop longtemps même, Constantin put se jouer d’elles impunément. Manque de cohésion des alliés, influence agissante des cours d'Angleterre et de Russie en faveur de Constantin, intérêt particulier de l'Italie qui ne voyait pas sans déplaisir une Grèce vénizéliste, © intervenir dans la guerre, obtenir des avantages marqués, dans le bassin méditerranéen : voilà quelques-unes des raisons qui expliquent cette politique. Sans l’appui de la Grèce, le corps de débarquement anglo-

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