‹ La Troisime béatitudeChapitre 1 sur 91 · M^' / ^--^N VENTE · texte numérisé non relu

M^' / ^--^N VENTE

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La douleur :

ses révélations et; sa puissance

Bienheureux ceux qui iikuieiii.

pane i|uils seront consolés.

Matt. V. a.

Mesdames,

Ly a, dans les paroles que vous venez d'en- Inj tendre et qui feront pendant cette année /'^^itout entière le sujet de nos méditations, il y a un rapprochement étonnant, merveilleux, surhumain, entre les consolations et les larmes ; et ces consolations sont si grandes, si douces, si divines, que les larmes se tarissent et que la douleur est transfigurée dans la félicité : a Bienheureux ceux qui pleurent, pa»"ce qu'ils seront consolés. »

Jamais, Mesdames, une parole plus étonnante, mais jamais une parole plus suave, plus étincelante d'espérance, n'avait été dite à l'humanité qui souiïre sur cette terre des combats et des larmes ; cette parole ne pouvait tomber que des lèvres du Fils de Dieu...

Et qui donc ici-bas n'a pas souffert et pleuré V Qui donc n'a pas besoin de consolation ? Ecoutez les cris des multitudes impatientes, aveugles, demandant un bonheur impossible, rêvant un âge d'or qui n'a jamais été. et qui ne sera jamais.

Ecoutez les accents du découragement et les aveux dimpuissance échappés aux hommes qui tiennent dans leurs mains fatiguées et hésitantes le sort des nations et les destinées de Pavenir. Ecoutez à la porte des plus somptueuses demeures ou sur le seuil désolé de la mansarde du pauvre.

Interrogez cette jeune femme, qui porte sous l'or et la soie, de secrètes et cruelles douleurs, et f[ui s'en va à vos fêtes le sourire sur les lèvres et

le cœur brisé... Interrogez cette pauvre ouvrière qui est sans travail et qui regarde en pleurant ses enfants qui lui demandent du pain.

Quedis-je? Prêtez une oreille attentive pour écouter les battements des cœurs et les aspirations des âmes, et vous entendrez le gémissement toujours et quelquefois les sanglots d'un désespoir d'autant plus déchirant qu'il doit être contenu et ignoré...

Les douleurs, mais je les vois partout. Revers imprévus de la fortune, luttes intimes du foyer domestique, vils outrages de l'ingratitude qui déchire la main que nous lui tendons, attaques perfides de la trahison qui nous suit pour nous frapper dans l'ombre, berceaux vides, cercueils si vite remplis et si pressés, derniers adieux de ceux que nous aimons, illusions évanouies, espérances perdues, amitiés éteintes au soir de leur premier jour et qui se disaient immortelles, inanité des succès et de la gloire, aspirations impuissantes

des plus généreuses natures, élans des cœurs que rien ici-bas ne peut satisfaire, que sais-je? et que ne savez-vous pas ?

Oui, que ne savez-vous pas ? car vous êtes atteintes plus intimement, plus profondément par la douleur ; votre nature est plus sensible, plus impressionnable, vous avez de plus nobles élans vers un idéal qui n'est pas de cette terre. Votre mission est de vous donner, de vous dévouer; mais se donner, c'est souffrir, presque toujours s'immoler. C'est donc à vous surtout que s'adresse l'enseignement de l'adorable Maître : « Bienheureux ceux qui pleurent, parce qu'ils seront consolés. »

Vous apprendre à accepter, à aimer la douleur, et par conséquent à la sanctifier, n'est-ce pas vous apprendre à sanctifier votre vie tout entière ?

C'est pourquoi je voudrais vous donner un commentaire aussi complet et aussi pratique que possible de ce grand enseignement, et vous démon-

trer, dans cette première conférence, les révélations et la puissance de la douleur.

Ce commentaire, Mesdames, je le prendrai dans vos cœurs eux-mêmes, dans l'histoire intime de votre vie. Jamais je n'ai compris plus qu'en ce moment l'infirmité de la parole humaine, en présence de ces splendeurs de la révélation divine, en présence des misères et des défaillances des âmes. Ah ! si je pouvais du moins peindre ce que je vois et vous dire ce que je sens! Demandez-le pour moi, Mesdames, afin que je ne sois pas trop incapable de vous conduire aux consolations et jusqu'à la félicité de la douleur.

L'Esprit-Saint nous a dit, dans la Sainte-Ecriture, une parole admirable : « Celui qui n'a pas été éprouvé, que sait-il ? Qui non est tentatus. quidscit^ ?» Il ne sait rien. Mesdames, rien de

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