Pbalm., CXLIV
de l'amour et de la confiance n'est monté de la terre vers le trône de Marie sans être accueilli avec une tendresse maternelle et porté jusqu'au trône du Fils de Dieu. C'est la croyance de l'Eglise, c'est le témoignage de l'histoire, c'est l'hommage de la gratitude de tous les siècles chrétiens.
Marie a une puissance de régénération, de sanctification et de salut. Ce que le monde était avant Bethléem et le Calvaire, ce qu'il y avait dans l'humanité déchue d'erreur, de corruption et de barbarie, l'histoire le dit assez haut, mais elle affirme aussi que tout ce qu'il y a ici-bas, depuis dix-neuf siècles, de régénération, de vrai progrès, de grandeur morale et de sublimes vertus nous est venu par Jésus-Christ et de Jésus-Christ et, par conséquent, de Marie et par Marie.
La Mère de Dieu, la Vierge immaculée, la Reine des Saints a régénéré le monde par la puissance de ses exemples et les parfums de ses vertus. Les Vierges l'ont contemplée dans sa pureté sans tache û
et elles ont été éprises de la beauté de cette céleste vertu. Les Confesseurs l'ont contemplée dans riiumilité de sa vie, dans l'accomplissement de sa divine mission et de ses moindres devoirs et ils ont appris d'elle la générosité et la constance dans toutes les voies où la main de Dieu les conduit. Les Martyrs Tout contemplée dans l'immensité de ses douleurs et ils lui ont demandé la force et la victoire dans les tortures et en face de la mort. Les Apôtres ont reçu de la Mère de Dieu les plus précieux enseignements de sa parole et de ses vertus et ils ont salué en elle « la mère de la foi, du bel amour et de la sainte espérance ' ». Les Pontifes l'ont contemplée dans l'attitude du sacrificateur sur les sommets désolés du Calvaire ; ils ont compris qu'ils devaient s'unir par le dévouement à ce sacrifice rédempteur et que le « sacerdoce n'est que l'immolation de
I. Efjo malcr pulchru- dllectionis cl agnilionii et sant'tis spei. (Eccli., XXIV, 21.)
l'homme ajoutée à l'immolation de Dieu' ». La mère de famille, la pauvre femme du peuple, l'ouvrier qui gagne son pain à la sueur de son front, ont vu la mère de Dieu humble et pauvre, travaillant de ses mains, absorbée dans les soins les plus obscurs ; Taccomplissement de la volonté de Dieu leur est apparu comme la perfection suprême, et le prix, la grandeur, la gloire du travail et de la pauvreté leur ont été révélés.
Si un Saint ne peut traverser un siècle sans obtenir un prodigieux ascendant, sans relever, fortifier, illuminer les âmes et les entraîner à sa suite sur les chemins du ciel, quelle est l'influence bénie de la Reine des Saints, de la Vierge pure qui a porté la sainteté aux dernières limites qu'elle peut atteindre ?
Marie a possédé enfin une puissance de rédemption. Les Pères de l'Eglise et les Docteurs l'appel-