‹ La Troisime béatitudeChapitre 48 sur 91 · Rom., VII · texte numérisé non relu

Rom., VII

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dant dans notre âme et dans notre vie, y retrouver quelques-unes de ces faiblesses et de ces misères que nous devons prendre en pitié, de ces tristesses qu'il nous faut consoler^ de ces plaies qu'il nous faut guérir. Nous subissons aussi les trahisons de notre volonté, les impuissances de nos résolutionset les combats de la nature déchue. Cependant, ne craignez pas de nous voir abandonner les travaux de notre ministère, ne craignez pas de nous fatiguer et de nous lasser, quelles que soient, à certaines heures, les défaillances de la santé, les préoccupations qui nous poursuivent et les tristesses qui nous obsèdent.

Une âme vient au tribunal sacré, et après des confidences faites sans détour et sans réserve, elle dit : « Je vous remercie, vous m'avez fortifiée, consolée ; je retourne à mon Dieu, à mes luttes, à mes douleurs, avec une résolution généreuse ; vous m'avez donné la paix, vous m'avez sauvée », alors, IVlesdames, le prêtre qui entend cette âme

fùt-il le dernier des prêtres, oublie les triomphes de la parole, les succès les plus brillants de l'apostolat, et il bénit Dieu de lui avoir donné un bonheur que nul autre sur la terre n'égalera jamais.

Quand nous n'obtenons pas la victoire dans ce laborieux ministère, il nous reste toujours Tespérance : c'est assez pour que nous ne nous lassions jamais. Plus les fautes qui nous sont avouées sont nombreuses, plus les chutes ont été profondes, plus nous sentons au fond de nos cœurs le désir ardent de sauver les âmes, et plus nous comprenons que nous sommes les ministres de la miséricorde infinie. Ah ! je vous en supplie. Mesdames, pour vaincre le découragement, une fois encore, allez avec confiance à ce tribunal de la miséricorde et du pardon, à cette source intarissable des grâces et vous serez infailliblement guéries.

Enfin il est un dernier et puissant remède contre le découragement, c'est le Corps et le sang de Notre Seigneur Jésus-Christ, c'est la sainte et adorable Eucharistie.

Trois pensées surtout vous troublent et vous découragent. La pensée de votre faiblesse. Vous dites: « Je ne puis rien, je ne suis que misère, je serai toujours vaincue; hier encore, j'ai promis de combattre cette passion qui me domine^ l'orgueil, l'impatience, la sensualité... J'ai promis de fuir ce danger, j'ai promis d'aimer Jésus- Christ et de le bien servir, et maintenant je na puis rien. J'ai trahi toutes mes promesses, je ne puis plus espérer. »

Eh bien ! où trouverez-vous la force qui vous manque ? Vous la trouverez surtout dans ce Sacrement qui est la plus grande, la plus auguste, la plus merveilleuse des œuvres de

Dieu. Dans l'Eucharistie, vous ne recevez pas seulement une lumière éclatante, une part abondante de grâces, vous recevez la source même de toute lumière surnaturelle, la sagesse infinie, la puissance sans bornes, la sainteté par essence. L'Eucharistie est le fleuve intarissable qui réjouit la cité de Dieu, l'océan de la grâce et de la charité. Vous recevez le bon Maitre qui d'un seul regard a converti Pierre et Marie-Madeleine, qui les a transfigurés dans le repentir et dans Tamour. le Dieu qui renversait saint Paul sur le chemin de Damas pour en faire l'Apôtre des nations et le témoin des splendeurs de la Jérusalem céleste. ^ Vous craignez le monde; mais .Jésus-Christ a dit : « Ayez confiance, j'ai vaincu le monde. ' » Vous craignez vos passions ; il les apaisera d'un geste de sa main, d'une parole tombée de ses lèvres, comme il apaisait les vagues mugissantes

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