‹ La Troisime béatitudeChapitre 50 sur 91 · GalaL., II · texte numérisé non relu

GalaL., II

protestations de dévouement ? Ah ! ce n'est pas assez ! Dans vos espérances et vos joies ? ce n'est pas assez ! Vous donner dans quelques actes de dévouement ? Dans des sacrifices douloureux ? Ah ! c'est encore trop peu. Toutes vous avez rêvé plus et mieux encore, vous avez rêvé le don de vousmcmes, de votre vie, ce don absolu qui seul peut satisfaire l'amour et au-delà duquel il n'en est point d'autres.

Et ce don que vous n'avez pas fait et que vous ne pouvez faire sinon dans une mesure et avec une impuissance qui ont été parfois votre angoisse et votre désespoir, Jésus-Ohrist l'a fait et le fait tous les jours et à chaque instant du jour et sur tous les rivages du monde. Pour accomplir ce don, il a mis sa toute puissance infinie au service de son amour infini. Et vous avez peur de Jésus- Christ.

Ce don de vous-mêmes, vous n'aviez pu l'accomplir qu'une fois, dans un instant rapide qui

ne reviendra jamais. Jésus-Christ se donne toujours, il s'est donné à vous à l'aube de votre adolescence, dans l'innocence de votre première communion ; il s'est donné à vous dans l'ardeur inquiète de votre jeunesse : il se donne à vous dans les luttes de votre âge mur ; il se donnera à vous dans les épreuves et peut-être dans l'abandon de votre vieillesse, dans les angoisses de votre agonie et de votre dernière heure.

Il s'est donné à vous hier, ce matin peut-être ; il se donnera demain, toujours. Il se souvient de vous quand vous l'oubliez, quand vous allez à vos affaires et à vos plaisirs ; il est là solitaire, caché qui attend l'heure de votre retour ; il vous attend quelquefois comme il attendait la Samaritaine sur le bord du puits de Jacob. Quand vous restez dans son temple, quand vous approchez du Tabernacle encore tout étourdies de vos joies mondaines, plus altérées après avoir bu les eaux troublées de la terre, il vous dit dans sa miséricorde et son amour : « Oh ! si vous connaissiez le

don de Dieu! Si scires donum Dei ! ^ » Il Vi-as offre sa chair vivante, son sang qui jaillit de son Cœur jusqu'à la vie éternelle. Il vous appelle quand vous le fuyez ; il vous dit : « Venez à moi, vous tous qui souffrez, et je vous soulagerai, et je vous referai, et vous trouverez le repos de vos âmes ". ».

Et vous avez peur de Jésus-Christ ?

Enfin, Mesdames, vous êtes découragées parce que vous ne savez pas si le ciel sera votre récompense, et vous désespérez de parvenir à la patrie.

Eh quoi ! vous désespérez d'obtenir le ciel, et dans ce sacrement auguste, vous recevez Dieu lui-même ; vous portez le ciel dans votre poitrine !

L'Eucharistie est le gage de la vie éternelle, la vie de la gloire commencée sur cette terre par la vie de la grâce. Vos corps eux-mêmes, nourris

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