‹ La Troisime béatitudeChapitre 53 sur 91 · Satiabor cum apparuerit gloria tua. (Ibid., XVI · texte numérisé non relu

Satiabor cum apparuerit gloria tua. (Ibid., XVI

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Les moyens <le combattre le découragement [suite)

La méditation de la miséricorde de Dieu

Mesdames,

ES moyens que je vous ai indiqués pour combattre le découragement sont nombreux, et pourtant je n'ai pas tout dit. Vous ne sauriez réunir trop de ressources contre ce mal terrible, trop de forces contre ce redoutable ennemi.

II faut que l'amour, la confiance régnent désormais dans vos âmes, et que vous ne vous arrêtiez

pas dans vos luttes jusqu'au jour où vous aurez remporté une complète et décisive victoire.

Bien souvent, dans le cours de ces conférences, je vous ai parlé de la miséricorde de Dieu ; mais je voudrais aujourd'hui l'examiner de plus près, en faire avec vous une étude attentive, et, pour la démontrer, interroger la nature, la bonté, la sagesse et la justice de Dieu, interroger l'Evangile et le Cœur de Notre Seigneur Jésus-Christ et l'expérience de votre propre vie.

La méditation de cette miséricorde infinie est certainement un des moyens les plus puissants de 'Vaincre le découragement.

Je demande au Sacré-Cœur de Jésus de m'ins- •pirer'des paroles capables de relever votre cou- '"rage et de vous donner la paix, la confiance et l'espoir.

Ah ! si je pouvais. Mesdames, relever vos âmes, ■jeter dans vos cœurs quelques rayons de céleste espérance ! N^aurais-je fait que cette œuvre, je

n'aurais pas assez de reconnaissance pour le Dieu qui m'a envoyé vers vous.

Si j'interroge la nature de Dieu, ce que j'y découvre, dans le fond et la substance même de son être, c'est la perfection sans limites ; mais la perfection est aussi la bonté, et la bonté et la perfection se distribuent en bienfaits, se livrent pour ainsi dire elles-mêmes.

J'admire la puissance, la gloire, la splendeur, la beauté ; mais qu'est-ce que la puissance si elle n'est pas au service de la bonté ? Qu'est-ce que la gloire si elle ne naît pas des bienfaits reçus et de la reconnaissance qu'ils inspirent ? Qu'est-ce que la beauté, si elle ne rayonne pas d'un cœur bon et compatissant ? Qu'est-ce que la bonté dans la signification vraie et élevée de ce mot, sinon la manifestation de ce qui est bon, de ce qui est parfait ?

« C'est pourquoi quand Dieu créa l'homme, dit Bossuet, il y mit premièrement la bonté comme sa plus divine empreinte. »

Ce qui fait la grandeur et la bonté de l'homme fait aussi la grandeur et la bonté de Dieu.

Cette bonté de Dieu, tout nous la révèle : cette terre dont il nous a donné l'empire, les cieux qu'il a étendus comme un pavillon sur nos têtes, nous-mêmes, tout ce que nous avons, tout ce que nous sommes. Car tout vient de lui : tout ce qui existe est l'œuvre de sa puissance et plus encore de sa bonté.

Il n'avait nul besoin de nous, de nos adorations, de nos hommages; mais il a voulu répandre sur les êtres créés de ses mains les trésors de sa vie. Il a appelé ce qui n'était pas, il a tiré du néant l'homme dont il a voulu faire, non pas un serviteur, mais un ami, un frère, un enfant bien-aimé II s'est manifesté à l'homme dans le spectacle de la nature, dans les clartés de la rêvé-

lation. Il le dirige, il le soutient par sa providence et il s'est donné comme notre fin suprême et comme la source éternelle de la félicité qu'il nous a promise.

Et vous croyez que cette bonté vous trahira, que ce Dieu dont la sollicitude veille sur le brin d'herbe que vous (oulez aux pieds abandonnera votre âme faite à son image et dont il sait toutes les aspirations, toutes les faiblesses et toutes les grandeurs ? Vous croyez que ce Dieu qui vous a appelées vous repoussera quand vous voudrez le suivre ? De toute éternité il s'est tourné vers vous, de toute éternité il vous a aimées et il n'aurait pour vous que des châtiments et des malédictions ? Vous croyez qu'il vous oubliera parce que vous-mêmes vous l'avez oublié, et saisies de terreur à la pensée de vos fautes, vous désespérez d'obtenir son pardon ?

Ah ! Mesdames, vous n'oubliez jamais vos enfants, vous ne vous lassez jamais de leur par-

donner et de les aimer. C'est en vain qu'ils ont outragé votre amour, le plus pur, le plus tendre, le plus dévoué des amours de la terre ; c'est en vain que vous avez vu disparaître une à une vos espérances les plus chères ; c'est en vain que, parm'' vos enfants, ceux que vous avez entourés de soins plus tendres, d'une sollicitude plus constante, vous ont désolées par les plus cruelles déceptions. Quels que soient leurs fautes, leurs égarements,leurs révoltes, quels que soient vos angoisses et les déchirements de votre âme, vous ne les oubliez pas. vous ne les repoussez jamais, vous espérez toujours. Comme sainte Monique, abandonnée par son fils sur le rivage et devenue « folle de douleur », selon l'expression de saint Augustin, vous voulez, malgré tous les obstacles, suivre vos enfants. Et si vous ne le pouvez pas, du moins votre pensée leur est fidèle, votre prière les protège et votre cœur les aime toujours. Si vos épreuves durent autant que votre vie, votre regard mourant

cherchera votre enfant ingrat, vos dernières paroles lui seront encore adressées, vos mains s'étendront vers lui, vous l'appellerez près de vous, et fût-il obstiné et insensible, vous ne le maudirez pas. Vous lui direz : Je ne vous ai pas oublié, je vous pardonne, je vous bénis, j'offre à Dieu mes souffrances, les angoisses de mon agonie et les derniers battements de mon cœur pour vous racheter et vous sauver.

Eh ! bien, Mesdames. Dieu a dit : « Si une mère oubliait son enfant, moi je ne vous oublierai pas.^ » Et vous comprenez qu'il doit en être ainsi. Les trésors d'affection qui sont dans vos cœurs viennent du cœur de Dieu. Ah ! si vous réunissiez l'amour de toutes les mères qui sont ici, que dis-je? de toutes les mères qui ont, depuis la première heure du monde, pleuré et souffert pour leurs enfants, quel dévouement, quel héroïsme

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