Is., XI. IX
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nous révélerait la puissance de l'amour maternel ! Eh ! bien, toutes ces affections, ces flots intaris • sables de tendresse ne sont qu'une goutte d'eau en comparaison de l'océan de bonté qui est le cœur même de Dieu. Toutes ces affections si ardentes ne seraient qu'une étincelle tombée du foyer de l'amour divin.
J'ai invoqué contre votre découragement et vos terreurs la bonté de Dieu ; je veux invoquer sa sagesse. Si vous prêtiez l'oreille aux gémissements des cœurs découragés, vous croiriez que Dieu a créé l'homme pour le perdre et non pour le sauver, ou du moins, que dans l'état présent de la nature déchue, le salut est à peu près impossible. Les défaillances sont des crimes. Le genre humain, les générations chrétiennes elles-mêmes sont des multitudes infortunées, poussées par une fatalité inexorable vers les abîmes des éternelles douleurs.
C'est à peine si, au sein de l'Eglise catholique,
parmi les âmes qui veulent servir Dieu dans la sincérité de leur cœur, qui craignent de l'offenser et que les moindres fautes désolent, c'est à peine si quelques-uns arrivent à la gloire et à la récompense promise à tous.
Mais alors, que devient la sagesse de Dieu ?
Pourquoi, ainsi que nous l'enseigne la foi catholique, pourquoi Dieu veut-il le salut de tous les hommes ' ? Pourquoi quarante siècles de préparation à la venue du Messie, du Libérateur, du Rédempteur que saluaient les espérances universelles? Pourquoi les lumières des divines révélations ? Pourquoi les Prophètes et les Apôtres qui enseignent les voies du salut ? Pourquoi Jésus- Christ a-t-il donné, afin de racheter tous les
1. Notre Sauveur qui veut que tous les liorames soient sauvés et qu'ils viennent à la connaissance de la vérité, car il n'y a qu'un Dieu et qu'un médiateur entre Dieu et les hommes : Jésus-Christ homme qui s'est livré lui-même pour la rédemption de tous. (1, Tim., II, i, 5, 6.;
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hommes, son sang et sa vie, et tous les jours passe-t-il encore au milieu de nous en faisant le bien ? Quel est le but des sacrements, ces sources inépuisables de vie surnaturelle ? Quel est le but du sacrifice de l'autel renouvelé à toutes les heures du jour sur tous les rivages du monde V Quelle est la mission de l'Eglise héritière de l'autorité infaillible de Jésus Christ ? Que vous veulent ces inspirations, ces joies intimes et ces trésors de sa grâce surnaturelle qui vous émeuvent et vous attirent à lui ?
Pouvez-vous admettre que toutes ces oeuvres de Dieu sont perdues, que ces efforts de six mille ans sont sans efficacité, que cette volonté de vous sauver et de vous donner le ciel est inutile et impuissante ? Quoi ! Dieu qui vous a appelées vous repousserait quand vous voulez le servir et l'aimer ! Il répand sur vous des torrents de grâces et de bénédictions pour arriver à vous condamner et à vous maudire ! Non, je ne l'admettrai jamais,
parce que je crois à sa sagesse comme je crois à sa bonté. D'ailleurs, la vie présente n'est pas le temps de la justice inexorable, mais le temps de la miséricorde et du pardon. Jusqu'au seuil de l'éternité la bonté de Dieu veut sauver le pécheur ; sa grâce ne lui fait jamais défaut, et un soupir, un cri parti du cœur suffisent à fermer l'enfer et à ouvrir le ciel.
M'opposerez-vous la justice de Dieu ? Elle est une source de nos espérances. Sans doute, Dieu aurait pu ne pas nous appeler au bonheur ineffable de le posséder éternellement. Il aurait pu abandonner notre premier père et sa postérité dans le malheur et sous le poids des malédictions Il ne nous doit pas la grâce sans laquelle le salut nous est impossible ; il nous la donne par une bonté absolument gratuite. Cependant, quand nous répondons par les efforts de notre volonté aux mouvements de sa grâce, quand, aidés par les forces qui viennent de lui, nous accomplissons sa loi, il nous
doit le ciel parce qu'il nous l'a promis. Il nous le doit dans la rigueur de la justice. C'est lui qui l'a dit : « Frappez et l'on vous ouvrira. Demandez et vous recevrez. ^ » C'est lui qui a promis ces récompenses que « l'œil n'a pas vues, que l'oreille n'a pas entendues, que le cœur de l'homme ne saurait pressentir. - » C'est lui qui a dit : « Un verre d'eau froide donné en mon nom ne perdra pas sa récompense. ^ »
Saint Paul appelle les joies du ciel une récompense et une récompense qui nous sera donnée comme le payement d'une dette ''. » J'ai combattu, dit-il, le bon combat, j'ai consommé ma course, j'ai gardé la foi. La couronne de justice m'est réservée et le juste juge me la donnera ^. » « Dieu