Col., III
est au-dessus de la terre. Vous êtes l'amour divin., la miséricorde infinie.
J'ai interrogé, Mesdames, la bonté, la sagesse et Injustice de Dieu : j'ai interrogé l'Evangile et le Cœur de Notre Seigneur Jésus-Christ ; laissez-moi interroger vos souvenirs, votre vie et vos coeurs.
Quelques paroles me suffiront et, j'en ai la ferme confiance, vous achèverez avec moi ce discours par un cantique d'action de grâces.
Vous avez peur de Jésus- Christ, vous doutez de sa bonté, vous oubliez sa miséricorde, et pourtant que n'a-t-il pas fait pour vous ?
Combien de fois il vous a dirigées dans les ombres de votre chemin ? Combien de fois il a illuminé vos âmes par les inspirations de sa tendresse et les clartés de sa parole? Combien de fois, après les chutes qui auraient dû appeler sur vous
sa justice et qui déconcertaient votre courage, il vous a relevées ? Avez-vous oublié le pardon si souvent accordé à vos fautes, cette table sainte où vous avez reçu si souvent sa chair vivante et son sang rédempteur comme le gage le plus touchant do son amour, comme le prélude de l'union et des joies du ciel ?
Pourquoi doutez-vous de sa bonté qui a épuisé pour vous la toute-puissance elle-même et dont les bienfaits désespèrent la parole et la reconnaissance la plus ardente ?
Vous croyez aux affections de la terre, et qui donc y croirait si vous n'y croyiez-pas ? Voua croyez à la puissance, au dévouement, au pardon de l'amour maternel, mais une fois encore, qui a aimé et pardonné comme Notre Seigneur Jésus- Christ?
Ah ! si vous vous obstinez encore dans votre découragement, votre défiance et vos terreurs, niez Dieu, sa bonté, sa sagesse, sa justice. Dé-
chirez et jetez au vent les pages de l'Evangile, renversez le tabernacle, brisez la croix, anéantissez tous vos souvenirs, oubliez tous les bienfaits de Dieu, repoussez dans la plus criminelle ingratitude cette miséricorde qui en ce moment, par ma parole, vous sollicite encore.
Je vous l'affirme, si vous aviez raison contre moi, si les protestations et les plaintes de votre découragement étaient la vérité, je vous l'affirme, je descendrais de cette chaire pour n'y plus remonter, je fermerais mes lèvres pour toujours, je renoncerais à un ministère qui courberait toutes les âmes dans l'angoisse, tous les fronts dans la terreur. Si vous aviez raison contre moi, je ne gravirais plus les degrés de l'autel où Dieu se donnerait dans un amour qui ne serait qu'une douloureuse et cruelle contradiction, je fuirais le tribunal sacré où il ne me serait plus permis de redire les affirmations de la miséricorde et de l'espérance, je ne saurais que faire de la puissance
d'un sacerdoce incapable de pardonner et de sauver.
Si vous aviez raison contre moi. je descendrais avec vous, plus bas que vous, dans l'abîme du désespoir où je ne souffrirais pas qu'on voulût me consoler.
Mais non, je ne me trompe pas, non, le Cœur de Jésus-Christ ne peut pas nous tromper. Et tandis que vous hésitez encore, Jésus-Christ frappe à la porte de votre cœur. Ecce sto adostium et pulso^ .
Il frappe à la porte fermée pour lui, mais que vous avez ouverte à tant de futilités misérables, à tant d'espérances déçues, à tant d'affections éteintes.
Ouvrez, ouvrez au pardon, à la paix, à la joie, à la miséricorde infinie; ouvrez à l'amour qui ne trompe jamais, ouvrez à Jésus-Christ.