Matth., X
plutôt que son amour, soit par Vintensité, la ferveur, Tardeur de notre amour. Mais par l'amour que j'appellerai d'appréciation nous accomplissons exactement le précepte de la charité, nous aimons vraiment Dieu plus que tout, au-dessus de tout, nous le préférons à tout. Donc la charité n'exige pas l'intensité et la ferveur.
Remarquez-le, cet amour est proportionné à la supériorité de la perfection divine, puisque aucun amour des créatures, quelle que soit son intensité et son ardeur, ne peut l'emporter sur cet amour de Dieu et lui faire préférer la créature '.
Remarquez encore que le précepte de la charité peut être accompli par l'affection, par l'acte même d'amour, ou par ses effets, c'està-dire par les actes qu'inspire cette vertu quand elle nous entraîne à accomplir les autres préceptes
1. C'est l'opinion commune des théologiens. V. Coninck, De Vivtulihus Iheolofficis, disp. 25, n" 2, 4, 5. — Suaicz, De Cliarilale, disp. (i. sec(. 2.
divins dans l'intention de plaire à Dieu que nous aimons. En réalité, pour des chrétiens désireux de servir Dieu, pour des chrétiennes pieuses, c'est le motif, non pas toujours explicite, mais réel et implicite, d'un grand nombre de leurs actes. « L'amour, dit saint François de Sales, est un bel arbre duquel la racine est la connaissance de la volonté au'bien, le pied en est la complaisance, sa tige c'est le mouvant ^ ; les recherches, poursuites et autres efforts en sont les branches^. » « Nous avons, dit encore le même Saint, deux principaux exercices de notre amour envers Dieu ; l'un affectif et l'autre effectif, ou comme dit saint Bernard, actif. Par celui-là nous affectionnons Dieu et ce qu'il affectionne ; par celui-ci nous servons Dieu et faisons ce qu'il nous ordonne. Celui-là nous joint à la bonté de Dieu, celui-ci nous fait exécuter ses volontés. L'un nous remplit