Hebr., XI, ti
2. Oporlet accedentem ad Deum credere quia est et inquirenlibus se reuiuncralor sil. (Ibid., XI, 6.)
310 DIXIÈME CONFÉHENCE
illustres prétendent qu'il faut, de plus, croire explicitement aux mystères de la Trinité et de l'Incarnation '. Donc, d'après les premiers, la foi en ces deux vérités fondamentales, l'existence de Dieu et d'un Dieu rémunérateur, d'après les autres, la foi en ces deux vérités, et aux mystères de la Trinité et de Tlncarnation peut suffire à cette âme, pour accomplir des actes de charité et de contri • tion parfaites. Donc ces actes sont non seulement possibles, mais faciles pour les âmes illuminées par l'enseignement chrétien, sollicitées partant de secours surnaturels, comblées de tant de bienfaits.
Un grand nombre de théologiens enseignent qu'il y a obligation grave de faire des actes de charité parfaite au moins une fois par mois en dehors des cas où cette obligation est imposée par des rai-
1. A la première opinion appartiennent un grand nombre de théologiens : Saint-Tliomas, Alexandre de Ilalcs, Scot, Sainl-Bonaventure et les docteurs de Salamanque ; à la seconde, Suarez, de Lugo, Ripalda, etc.
sons spéciales'. Mais cette obligation qui est générale pour tous les chrétiens suppose évidemment pour tous la possibilité de faire ces actes au moins une fois par mois.
Etudions encore de plus près la nature, l'essence de la charité. Nous devons aimer Dieu audessus de tout et plus que tout. « Vous aimerez le Seigneur votre Dieu, a dit l'adorable Maître, vous l'aimerez de tout votre cœur, de toute votre âme, de tout votre esprit2», et encore: « Celui qui aime son père et sa mère plus que moi n'est pas digne de moi^ ». Mais ce précepte, nous pouvons l'accomplir, soit en aimant Dieu au-dessus de tout par appréciation, en le plaçant dans notre appréciation au-dessus de toutes les créatures, de telle sorte que nous soyons prêts à tout perdre
1. Lacroix, Cardeiias, Saint- Alphonse de Liguori, Pcrrone et d'autres.
■2. Matth., XXII, 37.