Session XIV
?. Cependant pour celui qui a commis des péchés mortels, il y a un précepte formel du Concile de Trenle de recourir ;ui : laionient de pénitence avant de recevoir
est l'ami et le {ils de Dieu. Tenfer est fermé sous ses pieds et la gloire du ciel lui est promise '.
la sainte Communion. « Pour éviter, dit le Concile, l'indigne réception d'un si grand sacrement et les fruits de mort et de damnation qui en seraient la conséquence, le saint Concile décrète et déclare que pour tous ceux dont la conscience est chargée d'un péché mortel, quelle que puisse être d'ailleurs leur contrition, il y a nécessité, s'ils ont un confesseur, de faire une confession sacramentelle avant de s'approcher de la table sainte. Ec si quelqu'un ose enseigner, prêcher, affirmer ou soutenir en public la doctrine contraire, qu'il soit par le fait même excommunié. » (Se.ss. XIV, cap. 7, can. 11.)
1. Un théologien des plus éclairés et des plus prudents de notre siècle exprim<; une pensée bien consolante. Aj)rès avoir dit que par la charité imparfaite consisidérce théoriquement et d'après sa nature, nous n'obtenons i)as la justiiicatio;":, le pardon du péché mortel en dehors du sacrement de pénitence, il ajoute : « J'ai dit en théorie et in abstracto, car en praiique je pense que dans ce cas il s'agit de celui qui est en danger de mort et qui ne peut recevoir le sacrement de pénitence) atin que ce pécheur qui aime d'ailleurs Dieu au-dessus de tout ne périsse pas éternellement, et parce quil se repent au-dessus de tout de ses péchés. Dieu ne lui refuse: a pas les grâces requises pour rendre sa charité parfaite ». (l'eirone : de Virtutibvs ;de Charilale.wQl,]). 33-}. ;
L'acte de charité parfaite augmente la grâce sanctifiante en nous. Tous les actes méritoires, tous les actes surnaturels et par conséquent tous les actes de toutes les vertus chrétiennes accomplis en état de grâce augmentent la grâce sanctifiante, la vie divine en nous. Que sera-ce de l'acte de charité parfaite ? Que sera-ce de ces actes multipliés, consacrant, élevant, sanctifiant, divinisant vos actions, vos œuvres de piété, vos devoirs les plus vulgaires ?
Bien plus, chaque acte de charité parfaite, même à un degré inférieur, mérite rigoureusement une augmentation de la charité et de la grâce sanctifiante \ car en augmentant la grâce sanctifiante, la charité augmente le mérite de nos actions. Or, la charité peut être augmentée sans
1. St Thomas. — S. S. la 2i«, q. 114, art. 8. — Billuart, Gonnct, etc.
limites pendant que nous sommes sur cette terre 'le l'épreuve et du mérite '.
L'acte de charité qui efface tous les péchés mortels peut évidemment effacer tous les péchés véniels en dehors de la réception du sacrement. Il efface tous les péchés véniels auxquels il s'étend en raison de son objet ou par un acte de contrition, ou même de regret virtuel qui lui est joint. Il détruit donc les péchés véniels qu'il atteint directement et aussi ceux qu'il atteint indirectement par un regret virtuel, entant qu'ils sont opposés à telle perfection de Dieu que cet acte de charité a pour objet, ou à telles vertus (l'obéissance, l'humilité), avec lesquelles ces péchés ne pourraient subsister si le pécheur s'en souvenait -.
1. Concile de Vienne. — Clémentine, Ad nostram, titulo de Hsereticis. — Concile de Trente, sess. 6, cli. 10. — St. Thomas : de charit., q. 24, art. 7.
2. De l..ugo. De Pœnitentiâ, disp. IX, sect. II. n" IG, 23, 24, 25. Il ensei-^ne que les péchés véniels ne peuvent
Bien plus, l'acte de charité parvenu à un degré de ferveur que nous ne pouvons préciser, peut détruire toute l'obligation de satisfaire à la justice divine et nous préserver des flammes du purgatoire ^ Voilà, Mesdames, un secours admirable qui s'ajoute aux indulgences et qui est toujours et partout à votre disposition.
La charité agrandit notre cœur, ce cœur si étroit, si impuissant par lui-même. Comment en serait-il autrement, puisqu'elle lui apporte l'abondance de la grâce sanctifiante, de la vie de Dieu qui est charité. « La capacité de la nature humaine est augmentée par la charité, dit le docteur angélique, saint Thomas d'Aquin. parce que par elle
être remis sans un regret— displicentia — virtuel, main il avoue ou'il est difTicile de dire exactement ce qu'est ce regret virtuel. Il donne l'explication que nous avons résumée.
1. St. Thomas, in-4"'", dist. 17, q, 2, art. 3. — Perrone : (le Virtutibus, de Chnritatc, w 120. — Gury : de Pœniientia, 4b6. — - De Luge : loc cit., n° i'.).
notre cœur est dilaté,, selon ces paroles de saint Paul : « Votre cœur s'est dilaté : cor vestrum dilatatum est *. »
Elle est une source inépuisable de consolations, d'espérance et de joie. « La charité parfaite, dit saint Jean, bannit la crainte - » « Dans l'amitié de Dieu, dit l'auteur de la Sagesse, est le bonheur ^. »
Le voilà donc. Mesdames, ce remède puissant entre tous, incomparable, contre les épreuves du découragement ! Comment pourrez-vous craindre encore un Dieu qui vous donne de tels moyens de vous unir à lui, d'augmenter en vous la vie divine, d'effacer vos fautes, de purifier vos consciences, de multiplier vos mérites, d'accroître indéfiniment votre droit à la félicité et à la gloire du ciel ?
Quels ennemis ne pouvez-vous pas vaincre