‹ La truite de rivière: pêche à la mouche artificielleChapitre 7 sur 14 · Hackle Harés Ear · texte numérisé non relu

Hackle Harés Ear

L'emploi judicieux de ces seize modèles montés sur de très petits hameçons (0,00 ou 000) vous permettra, en presque toutes circonstances, d'offrir aux truites une imitation suffisante de la petite éphémère qui les mettra en mouvement. Sauf des cas exceptionnels, si vous savez bien choisir dans cette collection réduite, si votre mouche est bien faite et si elle est convenablement présentée, elle ne sera pas honteusement refusée par le poisson en quête de duns ou de spinners.

i Imitation de Red Spinner ayec an corps se relevant snr l'hameçon

et des ailes remplacées par une touffe de hackle. Ces corps détachés (detaehed bodies) ne sont pas faciles à exécuter. S'ils sont trop gros ou trop longSi ils effarouchent le poisson ; s'ils sont de la dimension Youlue, ils manquent parfois de solidité et se détériorent après quelques coups de ligne. Lorsqu'ils sont bien faits, c'est la perfection. S Plusieurs espèces d'éphémérines du genre Cloë (Pictet) ont, à l'état à'imagOf les ailes diaphanes et le corps d'un blanc transparent ou nacré avec les deux extrémités d'un rouge foncé tirant plus ou moins sur le brun. Ce sont les Jenny-Spinnera des pécheurs, mouches d'un bon usage, surtout le soir, mais très difficiles à imiter. La formule donnée par M. Halford est excellente entre des mains habiles. Veillez à ce que les fibres de la queue soient aussi déliées que possible.

3 Excellent appAt pour pécher à la surface ou entre deux eaux. Je l'ai vu réussir en toutes saisons. Peut-être les truites le prennent^Ues pour une larve d'éphémérine. C'est l'opinion motivée de M. Halford, et je crois fort qu'il a raison sur ce point comme sur tant d'autres.

En dehors de la mouche de mai et de ces petites éphémères aux ailes grisâtres ou presque incolores dont les formules d'imitation sont si excellemment données par M. Halford, on rencontre sur beaucoup de rivières un autre type d'éphémérines sensiblement différent et caractérisé, à l'état de subimagOy par des ailes plus ou moins brunes. Ronalds les considère comme appartenant aux genres Bœtis et Potamanthus. Il cite la Brune de mars [March-Brown) bien connue des pécheurs et les variétés plus tardives désignées en Angleterre sous les noms de Turkey-Brown et à^August-Dun (éphémère d'août). La Brune de mars, plus grande que les duns dont j'ai parlé tout à l'heure, peut être montée sur des hameçons n» 0, 1 ou 2. Elle est bonne en mars et avril sur beaucoup de rivières de France, d'Allemagne, d'Angleterre, d'Irlande et d'Ecosse. On peut l'employer encore à partir de juin ou juillet jusqu'à la fin de la saison, seulement il faut la choisir plus petite, un tant soit peu plus brune et la monter sur des hameçons 0 ou 00. Elle se confond alors avec les deux autres espèces décrites par Ronalds et peut-être aussi avec de petits névroptères d'une famille différente (Phryganides).

Les mouches de mai, les duns et les spinners choisis dans les modèles de M. Halford et les

éphémères brunes de Ronalds complètent la série d'imitations copiées sur les insectes de la famille des éphémérines que je considère comme indispensables à tout pécheur de truites. D'autres névroptères appartenant au groupe des phryganides vous fourniront des modèles un peu moins variés, ce dont vous ne vous plaindrez sans doute pas, mais non moins utiles.

Gomme leurs cousines les éphémères, lesphryganides sont des insectes ailés dont les larves vivent dans les rivières. Mais, au lieu de se cacher tout simplement dans le limon, parmi les herbes ou sous les pierres, ces larves ont Tinstinct de se construire un abri portatif en forme d'étui. Elles s'y renferment en ne laissant passer que la tète et elles y disparaissent entièrement en cas d'alerte. Tous les pécheurs connaissent ces petits animaux désignés sous le nom de Porte-bois, Portefaix, Chênefer, etc., etc., qui fourmillent dans les ruisseaux, et dont on se sert comme amorces naturelles pour pécher beaucoup de poissons et même les truites. Ce sont des larves de phryganides. Elles se métamorphosent en mouches munies de quatre ailes et d'antennes souvent très longues. A l'état de repos les ailes sont repliées le long du corps en forme de toit, comme celles de la plupart des papillons de nuit. 11 faut d'ailleurs un œil exercé*

laiches, des graminées et des joncs sur lesquels ils aiment à se poser, d'où leur vient le nom générique de sedge-flies (mouches de laiches) que leur donnent aujourd'hui les pêcheurs anglais. Quant à leur taille, elle est des plus variables. 11 y a sur nos rivières des phryganides aussi grandes que les mouches de mai et il y en a d'aussi petites que les duns les plus mignons.

Parmi les mouches de cette catégorie que décrit M. F. M. Halford voici celles qui m'ont toujours le mieux réussi en France :

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