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« La quantité totale d'aliments nécessaires à un adulte, c'est-à-dire la ration alimentaire, dit M. le pro- fesseur Pouchet (1), doit comprendre une proportion
déterminée de substances azotées fournies par les viandes, le fromage, le lait, les graines ou les fruits des végétaux ; une autre proportion, égalemeut déterminée dé matières amylacées, féculentes ou sucrées, fournies par les céréales, les tubercules farineux, les châtaignes ou tout autre produit végétal riche en hydrates de carbone; une certaine proportion ‘de substances grasses et aromatiques qui se rencontrent comme produits accessoires dans tous les aliments d’origine animale ou végétale; enfin de l'eau et des sels minéraux, notamment ceux qui se rencontrent d'une façon constante dans les os et les différents tissus de l'économie. »
Voyons maintenant dé quoi se compose l'alimentation en Bretagne. Il faut établir ici une distinction entre les pêcheurs qui se nourrissent presque exclusivement de poisson et les cultivateurs. L'alimentation de ces derniers consiste, d’après Layet, en bouillie d'avoine arrosée de lait aigri chaud; crêpes de sarrasin ; pain de seigle enduit de beurre; soupe de pain noir avec des feuilles de choux, tiges de porreaux, un peu de graisse, du sel et beaucoup d’eau; ragoût de pommes de terre au lait. Comme boisson, du cidre léger ou tout simplement de l'eau. En réalité, c'est une alimentation purement végétale et le plus
(1) Encyclopédie d'hygiène, t. IN.
souvent insuffisante pour réparer les pertes de l’organisme. | |
Bidder fait remarquer que les végétaux pauvres en soude qui est antiputride sont riches en sels de potasse qui favorise le développement des micro- organismes dans les milieux de culture et, pour appuyer sa théorie, il cite la fréquence dela phtisie chez les herbivores et sa rareté chez les carnivores. Marfan (1) dit très justement que cette règle n'a rien d'absolu: en effet, la chèvre jouit d'une immunité presque complète, tandis que les chats et les chiens (carnivores) ne sont nullement réfractaires au bacille de Koch. |
Il est un point qui doit retenir notre attention : c'est la contagiosite. de la tuberculose animale par l'injestion de la viande et du lait. Les idées ont été très partagées en ce qui concerne la transmission de la tuberculose par ingestion de chair musculaire. M. le professeur Grancher (1), se basant sur des observations cliniques conclut que « le danger de la tuber: lisation par l'ingestion des viandes de source tuberculeuse a été fort exagéré, » Mais il n’en est pas de même pour le lait. Sans parler des expériences très | probantes de Geslach, Bollinger et Bany, il existe un certain nombre de faits qui démontrent nettement que là consommation de lait provenant d’une vache tuberculeuse a produit chez des adultes et des
(1) Charcot, Bouchard. — Traité de médecine.
(1) Prophylaxie de la tuberculose. Rapport dé l'Ac. de Méd. 1898
enfants, sans tare héréditaire, de la tuberculose intestinale, mésentérique ou pulmonaire (Grancher).
Ce qui empêche toute défiance, c’est que la mamelle d'une vache tuberculeuse peut paraitre saine cliniquement. Quoi qu'il en soit, on ne saurait prendre trop de précautions, lorsqu'on emploie le lait, surtout pour les enfants.
Or, dans les campagnes bretonnes, on ne songe pas à faire bouillir le lait pour la raison très simple qu'on ignore le danger ; et c'est là un mode de contagion qu'il faut ajouter à tant d'autres.