USINES
Nous n'insisterons pas sur les usines qui sont, en somme, peu nombreusesen Bretagne. Cependant, dans les villes où s’est développée l'industrie au cours de ces vingt dernières années, le nombre des décès par tuberculose a notablement augmenté, parallèlement d’ailleurs à l'alcoolisme. Le nombre des ouvriers indigènes ne suffisant pas, on en a fait venir de tous les points de la France et même de l'étranger, qui n'ont pas été soumis évidemment à un examen médical.
Il faut reconnaître aussi que la prophylaxie de la tuberculose dans les ateliers et les usines rencontre de sérieuses difficultés. « Comment, dit M. le professeur Grancher, (1) congédier un ouvrier quiest devenulentement tuberculeux, qui résiste à sa tuberculose, qui peut continuer son travail et dont le travail est la seule ressource de toute une famille ? Et le cas se présente plus
(1) Prophylaxie de la tuberculose. Rapp. 1898,
souvent quon ne le croit, de ces tuberculeux qui, après avoir fléchi un instant sous les coups du bacille, lui résistent et continuent leur profession, surtout Si celle-ci est peu fatigante etsédentaire. C'es tuberculeux, dans la famille, dans l'atelier, dans toutes les réunions d'êtres humains sont même les plus dangereux. Ils participent à la vie commune pendant des années, émettent inconsciemment des milliards de bacilles, souillent tout autour d’eux et sont la cause la plus puissante de la contagion. C'est le devoir strict du patron ou du chef d'atelier de connaître ce danger et d’y parer ». RE
Mais, soit par négligence, soit par ignorance, le patron ne prend que des demi-mesures ; s'il consent à installer des crachoirs dans son usine, il les fera remplir de sciure de bois et non d'eau phéniquée.
Ajoutons enfin que. dans la plupart des usines, l’alcoolisme est porté à la hauteur d’une institution.