CASERNES
Malgré le soin scrupuleux qu'apportent les médecins militaires dans les conseils de revision et dans les commissions de réforme, malgré les règlements assez sévères qui régissent l'hygiène des chambrées, la tuberculose n'est pas rare dans l'armée. Les jeunes soldats sont plus spécialement atteints, car aux graves inconvénients de l’entassement, de l'air confiné, se joignent le changement de nourriture et les fatigues du métier.
Qu'arrive-t-il souvent ? Ils commencent à tousser et n'osent pas se présenter à la visite du médecin dans la crainte de ne pas être « reconnus ». Le rhume se pro longe et ils continuent quand même leur service... Ce n’est qu’à la premièré hémoptysie qu'ils se décideronit à demander une consultation — et alors, il est trop tard!
Les Bretons se ressentent tout particulièrement de la vie militaire. Oon seulement ils n'ont pas une très grande résistance à la fatigue, mais ils paraissent avoir une disposition particulière à contracter toutes sortes de maladies épidémiques et contagieuses : telle est, du moins, l'opinion de plusieurs médecins de l’armée.
En ce qui concerne la tuberculose, on retrouve chez eux la même aptitude à la contagion: et, cette fois encore, on peut à bon droit incriminer leur alcoolisme que la vie de régiment est impuissante à guérir.
S'ils sont réformés, ils iront transmettre leurs bacilles à toute une famille vivant dans les pires conditions d'aygiène… | |
« Pour lutter efficacement contre la contagion de la tuberculose dans notre armée, dit M. le professeur Grancher, il faut deux choses: 1° un diagnostic précis dé tuberculose ouverte, par l'examen des crachats bacillifères, diagnostic fait par le médecin qui devra immédiatement proposer la réforme ; 2° en attendant que celle-ci soit obtenue, la police sanitaire de lachambrée, c'est-à-dire la défense de cracher ailleurs que dans les crachoirs et de balayer, sera rigoureusement surveillée paf le commandement. »