‹ La tuberculose chez les BretonsChapitre 4 sur 38 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Pendant les deux années que j'ai passées à l'hôpital Necker, dans le service de M. le docteur Rendu, mon attention a été attirée par le nombre considérable de phtisiques originaires de Bretagne. Et à l'intérêt médical que m'offrait cette observation se joignait un sentiment de profonde pitié pour ces malheureux « déracinés ».

Leur histoire ne varie guère. Enfants de cultivateurs ou de petits artisans, la misère — plus que l’ambition — les a poussés hors du pays natal. Cependant, malgré tant de fatigues et de privations, ils se portaient relativement bien lorsqu'ils vivaient au grand air des champs.

Le plus souvent, ils ont débarqué à Paris sans argent, sans relations, à l'aventure... Ils ont souffert de la faim et habité des chambres sordides d'hôtels garnis, jamais désinfectées. La besogne trouvée avec tant de difficulté est toujours pénible : elle les expose à toutes les intempéries ou aux graves inconvénients de

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l'entassement et de l'air confiné. S'ils ne sont pas alcooliques, ils le deviendront presque forcément.

Bientôt l'appétit diminue ; l'amaigrissement survient ; et, dans de telles conditions de déchéance physique, il suffira d'un rhüme négligé, d'un « chaud et froid » pour ouvrir définitivement les portes à la tuberculose. Au début, ils ne se soigneront pas; mais, ayant vite dépensé leurs réserves de forces et d'énergie, il leur reste cette suprême ressource : l'hôpital où, malgré tous les dévouements, ils ne tardent pas à succomber.

Cette constatation peut êtré faite — dans une mesure plus restreinte, il est vrai — pour les émigrés d'autres provinces telles que la Lorräine, l'Auvergne, la Savoie, où la tuberculose n'est pas très fréquenté.

C'est pourquoi je me proposé d'étudier d’abord la tuberculose en Bretagne et de rechercher les causes qui ont pu favoriser son développement. Dañs la seconde partie de ce travail, j'essayerai d'expliquér 1a fréquence de la tuberculose chez les Bretons de Paris.

Malgré toute la conscience que j'ai voulu apporter dans cette étude, je ne me dissimule pâs qu'ellé est incomplète. Aussi mon intention est de la poursuivre et de la renforcer par ies faits que j'aurai l’occasion d'observer au coùrs de ma pratique médicale,

Je profite de cette occasion Pour présenter à mes

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