‹ La Tuberculose dans le département du FinistèreChapitre 19 sur 21 · AY ARR · texte numérisé non relu

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donc accru, on aurait dû voir en conséquence s’accroître les placements. C’est l’inverse qui s’est produit. Le père touchait une indemnité supplémentaire pour chaque enfant, l'office cessa alors de payer pour eux l’œuvre Grancher; estimant que leurs ressources leur permettaient d'élever leurs enfants chez eux dans de bonnes conditions, ils restent indifférents aux ob- Jurgations des médecins, des infirmières visiteuses, des dispensaires.

Ainsi on comptait alors chez 856 réformés de guerre 100 %, tuberculeux, 475 enfants exposés de ce fait au danger, aucune précaution n'étant prise.

L'Office départemental des Pupilles jeta un cri d'alarme, et signala la situation au congrès de 1927. Le congrès avait proposé la création d’un organisme spécial de persuasion qui s’efforcerait d'obtenir le consentement des familles aux mesures nécessaires pour préserver les pupilles, et en cas d’échec, de refus des parents, la remise des pupilles par décision judiciaire, à l’office départemental. Le Conseil supérieur de l'Office National repoussa le projet et ne retint que l’organisation du comité de persuasion, qui d’ailleurs ne réussit pas. ;

Actuellement, en principe, les tuberculeux de guerre ne devraient, d’après les décrets, garder chez eux leurs enfants de moins de 16 ans, mais cette disposition n’est pas appliquée de façon très rigoureuse.

3° Les établissements de prévention.

Ce qu’il y a de mieux à faire, c’est l’isolement du malade, mais c’est parfois difficile, soit que le malade refuse, soit que ses moyens ne lui permettent pas de payer des frais parfois assez importants. Dans ce cas il faut mettre à l’abri les membres de la famille, et principalement les enfants. Quelques préventoria leur sont ouverts dans le Finistère : à Pont-Plaincoët,

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près Plougasnou; Kerustum, près de Pont-Aven; Kerlaz, près de Douarnenez. Il existe encore des colonies de vacances, des écoles de plein air, et les œuvres Grancher. Pour ces dernières, le placement collectif répond mieux à notre mentalité de Breton, car le placement dans une famille, constitue une sorte de suspicion à l’égard des parents qu’on semble juger inaptes à élever leurs enfants dans de bonnes conditions. Ces placements collectifs conviennent surtout aux enfants d’âge scolaire, pour les plus jeunes il faut revenir aux placements familiaux et intrafamiliaux. D’ailleurs c’est à partir de l’âge scolaire que l’on confie les enfants le plus facilement, ce qui permet aux parents d’être dispensés à la fois de la surveillance, de l'instruction, et d’une partie ou même de tout l’entretien de ces derniers. Ici un reproche à faire à notre œuvre, c’est d’avoir beaucoup plus d'enfants d’âge scolaire que d’enfants très jeunes, qui eux sont encore plus réceptifs aux bacilles.

4° L’inspection médicale scolaire.

Le grand intérêt d’une surveillance médicale des écoles réside en Bretagne surtout, dans la préservation antituberculeuse. Une collaboration étroite entre le médecin et l’instituteur est nécessaire, si l’on veut faire œuvre vraiment utile. À ce dernier revient de signaler les enfants malingres, futurs candidats à la tuberculose; enfants malingres parce que sous-alimentés, ou encore, comme il en existe dans notre département, de ces petits campagnards qui font parfois cinq à six kilomètres, par n’importe quel temps, pour se rendre à l’école, et qui n’ont pour toute nourriture qu’un petit casse-croûte composé de pain, de pâté, de chocolat. Dans un département comme le nôtre, la création et le développement des cantines doit être l’une de nos grandes préoccupations.

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