‹ La tuberculose de l'iris [electronic resource]Chapitre 12 sur 15 · Un garçon ayant actuellement 11 ans · texte numérisé non relu

Un garçon ayant actuellement 11 ans

9. Un garçon de 4 ans qui, pendant 9 mois, a soufTert d'une inflam-

mation des intestins avec selles hémorrhagiques. Il a contracté, à la suite derinfluenza, une affection pulmonaire. Il tousse, expectore et a fortement maigri.

La nomenclature est incomplète, ne portant que sur 12 enfants. Nous relevons tout au moins la multiléthalité, la méningite, une affection plus que suspecte du poumon et de l'intestin et trois cas d'entérite mortelle. Il serait difficile de dire si ces entérites étaient secondaires, la tuberculose étant l'affection principale, ou si elles étaient pédatrophiques.

L'examen clinique et les anamnestiques font songer chez notre petite malade à la tuberculose, bien plus qu'à toute autre affection. Reprenons l'examen des yeux :

6 avril 1891, œil droit. Tandis que les nodules inférieurs et l'interne se couvrent de fins vaisseaux, celui qui occupe une situation plus externe, s'accroît, prend une teinte jaune pâle, tandis. que la cornée, au contact de laquelle il arrive presque, semble se couvrir à sa face postérieure d'un exsudât. Les couches cornéennes profondes se troublent à ce niveau, prennent un aspect opalescent. Il en est de même sm* un point de la cornée congénère, dans la partie sous-pupillaire de son diamètre vertical. Il se produira en ces points des f cléroses, qui se traduiront plus tard par des opacités indélébiles, par de véritables leucomes. Pendant que s'opèrent ces infiltrations cornéennes partielles, il s'établit des synéoliies postérieures.

Le 17. Après une ponction à Taide d'une lance étroite, introduite en bas, vers la périphérie de la cornée droite, je vais saisir avec une pince-kystitome un des nodules gris blanchâtre situés à la périphérie de l'iris. Ce nodule avait sensiblement gardé le môme volume depuis cinq à six semaines. Son tissu offre une sensation de résistance à la préhension. Un fragment amené au dehors répond â un tissu lardacé, gris transparent. II est introduit à l'instant môme dans la chambre antérieure d'un petit lapin, dont l'œil a été anesthésié par la cocaïne. L'inoculation a été négative.

Le 28. La vision s'est sensiblement améliorée. Les milieux transparents tendent à s'éclaircir. Les nodules iriens sont en voie de résorption dans les deux yeux. Il existe une synéchie antérieure à droite, en bas et en dehors, au point où j'ai constaté l'existence d'un exsudât réli-ocornéen et d'une infiltration cornéenne limitée.

. En juin 1891, iridectomie en haut sur les deux yeux (synéchie antérieure et postérieure à droite, synéchie étendue à gauche.)

Le 15 mai 1892, un an plus tard, absence de tout nodule irien. A gauche, un exsudât organisé^ peu fourni, occupe la majeure partie de la pupille adhérente jusqu'au colobome opératoire. L'œil droit compte les doigts à 3 mètres. Le gauche a une acuité visuelle meilleure. La yision est ici de 0,2 à 5 mètres et la lecture de Snellen I se fait à 20 centim. A droite le leucome déjà signalé empiète en partie sur la pupille naturelle. Le fond de l'œil n'est que difficilement éclairable. Ajoutons que la menstruation ne s'est pas encore établie et que l'état général n'a guère varié. La jeune fille, toujours anémique, ne tousse pas.

Obs. 25. — Iritis tuberculeuse. Coppez. Recueil d'op/italm., 1892, p. 144,

Il s'agit d'un petit garçon de 12 ans, présentant une série de granulomes de l'iritis à gauche, occupant principalement le voisinage de l'angle irido-cornéen. Un tubercule assez volumineux, siégeant dans le segment supéro-externe, a été enlevé et inoculé à un lapin. Le développement de la lésion date de trois mois environ et s'est effectué insensiblement. 11 n'y a pas de tare héréditaire ; les parents sont tous bien portants. M. Coppez insiste sur les caractères qui distinguent les tubercules de l'iris des condylomes syphilitiques : jceux-ci occupent surtout le bord pupillaire ; si l'on n'avait que l'œil seul pour faire le diagnostic, on pourrait jusqu'à un certain point hésiter, mais dans le cas de condylome, la marche de la maladie, l'existence d'un engorgement ganglionnaire, d'éruptions à la peau, du masque syphilitique assurent le diagnostic. M. Coppez se demande s'il faut énucléer cet œil ou bien se borner à faire un traitement général et, en même temps, instiller localement de l'atropine. 11 y a quelques années, la Société de chirurgie de Paris a décidé, dans un cas semblable, qu'il fallait énucléer. Actuellement on est revenu de cette idée, et la plupart des auteurs penchent pour l'expectation.

Contrairement à MM. Dupré, Dubois-Havenith et Gallemaerts. M. Coppez est d'avis que, dans le cas présent, il ne faut pas énucléer, parce qu'il espère que le traitement aura raison de l'alfection. Il présentera du reste l'enfant dans plusieurs mois.

Obs. 26. — Panas (Hôtel-Dieu). Inédite, due à l'obligeance de M. le

D"" ROCHON-DUVIGNEAUD.

Le 16 novembre 1892, s'est présenté pour la première fois à la clinique de l'Hôtel-Dieu, un enfant de 2 ans, B..., paraissant de bonne santé. Parents bien portants. La vue de l'œil gauche est mauvaise, un exsudât louche remplit la chambre antérieure, la cornée est dépolie. On voit cependant sur l'iris un semis de productions néoplasiques embryonnaires, de coloration gris rosé. Ces petits nodules sont dissé^ minés sur toute la surface de l'iris légèrement décoloré, une masse un peu plus importante formée de la réunion de quelques-uns de ces nodules occupe l'angle inféro-ex terne et la périphérie de l'iris. Des synéchies postérieures rendent la pupille irrégulière. Pas de photophobie. Indolence absolue, parfois il se fait un peu de congestion- épisclérale. Le début de l'affection remonte à environ six semaines.

L'enfant est soumis d'abord au traitement iodoformé, puis aux frictions mercurielles qui n'amènent aucune amélioration.

Le 15 janvier le petit malade est revu, le changement n'est pas notable, le traitement iodoformé est repins. ^

Depuis, la marche envahissante de la tuberculose irienne semble arrêtée, les nodules se sont affaissés, comme résorbés, l'exsudat de la chambre antérieure semble disparaître.

En un mot, l'amélioration de ce côté semble notable. Mais l'œil est mou et reste menacé d'atrophie.

Obs. 27. (Inédite.) — D-" Brute de Rémur (Rennes, 1888). Femme de 21 ans, cultivatrice,

A la partie inférieure de l'iris, 2 petites tumeurs grisâtres, du volume d'une tête d'épingle ; autour, iris décoloré, quelques synéchies à la partie inférieure de la pupille.

Iridectomie. La malade, auscultée, présente aux sommets des signes indéniables de tuberculose ; expiration prolongée avec craquements secs dans la toux. Amaigrissement. Dyspepsie.

N'a pas été revue.

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