‹ La tuberculose de la glande thyroïdeChapitre 5 sur 21 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

La glande thyroïde, jusqu'à ces derniers temps, d’après les observations et d’après la littérature qui la concerne, était douée d’une plus ou moins grande immunité contre la tuberculose. On n’a qu’à citer l'exemple de Virchow, dont le nom seul est une garantie d’exactitude. Au commencement de l’année 1860, il s'exprime ainsi dans son œuvre célèbre « les tumeurs » {/Géschiwülst, IT) :

« Ainsi, aucun organe n’est si peu disposé à la formation de la tuberculose que la glande thyroïde. Mon expérience personnelle m’a certainemeut montré que la tuberculose même dudit organe peut exister, mais c’est une extrême rareté et habituellement, dans ces cas, il s’agit d’une infection de voisinage comme dans les muscles » {loc. cit., LIT, p. 63). «Il s'ensuit cependant que la glande thyroïde n’a presque aucune tendance à prendre la tuberculose et on peut assigner à cet organe une espèce d’exclu sion pour le bacille de Koch. » D'autre part, dans une

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remarque sur ce passage, il dit : « Dernièrement, nous avons eu deux cas de tuberculose miliaire très prononcée de la glande thyroïde, cependant sans augmentation du volume de l’organe ; les deux cas dans une tuberculose généralisée. »

Suivant les paroles de Virchow qui, surtout, a fait de nombreux travaux sur la glande thyroïde, on peut jüger quelle était l'opinion générale sur lexistence de cette tuberculose. Depuis, des recherches ont été faites et on est arrivé à penser que la tuberculose de la glande thyroïde a aussi bien le droit d'existence que dans n’importe quel organe.

En nous rapportant à l’ordre chronologique, la première observation et la plus ancienne est celle d’Albers (Rhein. Monatsschr., 1897), suivant Fôrster qui en nie l'authenticité. Ensuite vient le cas de Lebert, cité encore par Fürster, qui ne croit pas encore d’une manière certaine, à cette observation. D’après Chiari, nous pouvons mentionner les auteurs suivants, qui ontles mêmes opinions : Herschl, Cruvellhier {Traité d'anat. path. générale, 1862, p. 795), Wagner, Birch-Hirschfeld (Path. anat.,1878) et Rokitansky/Lehrb.d.path. Anath.,1861, p. 115) dit même que : «la tuberculose de la glande thyroïde ne se {rouve pas. »

Quoique la première observation, considérée comme certaine, soit due à Lebert, c’est Conheim qui a eu le mérite de nous avoir donné la preuve que la tuberculose de la glande thyroïde se rencontre bien plus souvent qu’on ne l’admettait généralement jusqu'alors. Conheim, dans son travail bien connu «sur la tuberculose de la choroïde » (Archives de Virchow, v. 39) dit : « Les observations

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citées plus haut montrent que la glande thyroïde n’a nullement cette immunité pour la tuberculose qu’on lui attribuait depuis les temps anciens ; de plus, il me semble que ces huit observations me permettent de conclure que dans la tuberculose miliaire, la choroïde et la glande thyroïde sont généralement attaquées ensemble.

Chiari, dans son travail paru en 1878, sur la tuberculose de la glande thyroïde, arrive aussi à ce résultat, que la tuberculose de la glande thyroïde est loin d’être rare et donne comme argument sept cas que nous publions plus loin. Dans ce même travail, il s’occupe de la genèse du tubercule dans la glande thyroïde. Il constate aussi que les cas de tuberculose thyroïdienne se rencontrent dans les tuberculoses aiguës, ou chroniques g'énéralisées.

Il ne faut pas perdre de vue que, jusqu’à ces derniers temps, on n’a pas parlé de tuberculose thyroïdienne primitive. En effet, dans toute la littérature, on ne parle que de quelques observations de ce genre, notamment celle de Wülfier, Schwartz et une de Weigert qui ne paraît pas être bien certaine.

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