‹ La Tuberculose du Tractus UVÉAL Infection et SuperinfectionChapitre 45 sur 65 · CHAPITRE. III · texte numérisé non relu

CHAPITRE. III

Î. INOGULATION PAR INSTILLATION DANS LE SAC CONJONCTIVAL. — II. INo- CULATION PAR INJECTION SOUS-CONJONCTIVALE. — III. SUPERINFECTION PAR INJECTION SOUS-CONJONCTIVALE. — BIBLIOGRAPHIE.

Nous avons vu que la tuberculose peut réaliser au niveau de la conjonctive des lésions variées que notre maître M. le D' Morax' a pu répartir en deux types : les lésions de première inoculation qui s’accompagnent toujours d’une adénopathie cervicale préauriculaire ou sousmaxillaire ; les lésions secondaires qui surviennent chez les tuberculeux (pulmonaires, intestinaux, lupiques, etc.) où l’adénopathie est moins constante que dans la tuberculose primaire (Morax, CHaiLLous *). |

Les observations cliniques ont surtout contribué à établir la séparation entre ces deux aspects de tuberculose locale : au point de vue expérimental, Lanexaxs, dès 1867, HAëNsELL", en 1879, ont pu reproduire chez le lapin des lésions ulcéreuses primaires de la conjonctive par inoculation de produits tuberculeux. Vazune* en 1886 a jeté dans le débat les résultats de quelques expérimentations avec lesquelles il crut devoir conclure que le bacille tuberculeux ne traverse pas l’épithélium cornéen et que l'infection n’est réalisée par cette voie qu'à la faveur

d’une lésion de cet épithélium. Ces derniers faits ont été contredits par les observations de Cazmerre, G. Guérin, et V. Grisez (Société de Biologie, 15 février 1913) et permettant de comparer la voie conjonctivale à la voie digesüve dont on sait l'importance au point de vue de l'infection bacillaire depuis les travaux de Cnauveau (1868 à 1872) et que les expériences plus récentes de CALMETTE et C. Guérin (Annales de l'Institut Pasteur, octobre 1905, mai 1906) ont appris à mieux connaître.

Par là s’est trouvé élucidé un des points de la tuberculose conjonctivale et l’on a pu dès lors considérer qu’à son niveau le bacille de Koch est susceptible de se compenter de trois manières : soit franchir la muqueuse et être immédiatement phagocyté sans laisser aucune trace locale de son passage, comme il le fait au niveau de la muqueuse intestinale ; soit constituer un chancre de première inoculation, toujours accompagné d’adénopathie ; soit réaliser chez un sujet tuberculeux une ulcération secondaire.

Srocx, DarLsau cours d’expérimentations dans lesquelles ils inoculaient l'animal par la voie sanguine (veineuse, carotidienne) purent réaliser chez le lapin des ulcérations conjonctivales. Mais, au cours de leurs recherches, auprès de lésions conjonctivales pures, ils eurent assez souvent à observer des lésions d’épisclérite et d’uvéite tuberculeuse coïncidant précisément avec des ulcérations conjonctivales. Ceci fut une contribution importante à la doctrine pathogénique des épisclérites aiguës ou subaiguës et des formes de scléro-kératite avec uvéite que l’on observe quelquefois.

Puisque des lésions conjonctivales expérimentales peuvent coïncider et même avoir pour point de départ une

infection du tractus uvéal, il nous a semblé que les recherches de ces auteurs, qui ont démontré la possibilité de les réaliser par la voie endogène, méritaient d'être complétées par quelques recherches ayant pour but de s'assurer que des lésions du même type sont ou ne sont pas susceptibles ‘être obtenues par un processus exogène. En d’autres termes, il nous a paru que la preuve expérimentale de l’origine endogène des lésions de sclérokératite ou d’épisclérite que l’on observe en pathologie humaine ne serait bien établie que si l’expérimentation démontrait l'impossibilité d'obtenir de pareils désordres (scléro-kératite avec uvéite) par la voie exogène. C'est ce travail de contrôle et de contre-épreuve que nous avons

entrepris.

[. INOGULATION PAR INSTILLATION DANS LE SAC CONJONCTIvAL. — Dans une première série d’expérimentations, nous avons repris les expériences relatives à l’inoculation de la tuberculose par simple instillation de bacilles dans le sac conjonctival du lapin.

Nous nous sommes servis de bacilles de Koch d’origine humaine, cultivés à l’état de pureté sur pomme de terre glycérinée. Ces bacilles, finement pulvérisés, étaient mis dans l’eau physiologique à 7 p. 100 en émulsion épaisse. Nous avons instillé dans le cul-de-sac conjonctival de dix lapins vierges de toute infection tuberculeuse, deux gouttes de cette émulsion.

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