MAO OC
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Les lésions tuberculeuses du tractus uvéal dont. nous avons fait l'étude anatomo-clinique ont pour siège, tantôt le segment antérieur de l'œil, tantôt le sesment postérieur, atteignant dans le premier cas surtout la base de l'iris, dans le second cas la région équatoriale de la choroïde.
Ces faits, conformes aux descriptions classiques, doiventencore retenir l'attention, car l'étude détaillée de leurs caractères peut contribuer à préciser la différence qui existe, au point de vue pathogénique, entre eux et la tuberculose miliaire de la choroïde ou de V'iris.
Celle-ci représente la participation du tractus uvéal à la généralisation de l'infection bacillaire telle qu’elle est réalisée dans les primo-infections sévères et chez les sujets en état d'anergie. Ce travail, au contraire, a pour obyet les formes de tuberculose uvéale survenant chez des sujets en état d'allergie, et, de ce fait, elles représentent à nos veux des lésions de superinfections.
Les conclusions de notre étude anatomo-pathologique sont les suivantes :
Les lésions tuberculeuses du segment antérieur de l'œil ont peu de tendance à progresser vers la région pos-
térieure. Leur propagation par contiguité se fait en avant vers la région de l’angle irido-cornéen pour envahir le: canal de Schlemm et perforer la paroi du globe. Elle Pr influencée par deux conditions :
° La résistance du tendon du musele ciliaire et surtout celle de l'appareil cristallinien et de son système suspenseur qui sont toujours indemnes. |
2° Le sens de la circulation des liquides intraoculaires qui porte les éléments morbides vers le canal de
Schlemm.
. La propagation des lésions tuberculeuses dé la choroïde se fait pour les variétés exophytes dans la zone des vasa vorticosa dont les gaines lymphatiques périvasculaires ont un rôle accessoire comme voie d'issue physiologique des liquides intra-oculaires. Pour les variétés mixtes et endophytes, la propagation par contiguité se fait à la rétine et par son intermédiaire au nerf optique. Sur les pièces que nous avons analysées ceux-ci ne sont que secondairement atteints. | |
Les tuberculomes sur lesquels notre étude a porté nous ont permis de faire les constatations bactériologiques et Anatomie QU PUS suivantes :
1° Nous n'avons pas pu déceler de bacilles de Koch à leur niveau par l'examen direct.
2° Les désordres qu'ils constituent sont. looaf ass à un point circonscrit du tractus uvéal.
3° Ils s'accompagnent toujours d’altération ou de destruction du pigment de l’uvée.
Au cours de nos recherches expérimentales nous avons groupé quelques observations relatives aux réaetions tuberculiniques du lapin allergique et aux effets de l'infection ou de la superinfection conjonctivale et intracamérienne. Elles peuvent étre ainsi résumées : |
L'injection expérimentale de tuberculine dans la chambre antérieure d’un lapin vierge d'infection tuberculeuse ne produit pas de réaction spécifique et des injections successives ne parviennent pas à réaliser chez lui une sensibilisation; mais, chez l'animal allergique, il suffit d'injécter une goutte de tuberculine C. L. diluée à la dose de deux dixièmes de milligramme par centimètre cube pour obtenir une réaction suffisante pour témoigner de cette allergie, et l'injection d’une goutte de tuberculine AÀ.T. K. provoque une réaction caractérisée histologiquement par des désordres électifs du stroma cornéen et une réaction capillaire intense et rapide. L'inoculation au cobaye de fragments d'uvée ayant ainsi réagi n’a jamais donné de résultats positifs susceptibles de confirmer l'hypothèse d’une mobilisation bacillaire.
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Nous avons pu obtenir l'inoculation de la tuberculose chez le lapin par simple instillation de bacilles d’origine humaine dans le sac conjonctival. La dissémination
de cette infection se fait par le système lymphatique (ganglions cervicaux, thoraciques), sa propagation ne se fait jamais vers les régions profondes du globe oculaire et n’atteint pas le tractus uvéal. Ë
Nous n'avons pas pu réaliser l'infection tuberculeuse de cette région par inoculation sous-conjonctivale de bacilles de Koch, de même il ne nous a pas été possible de créer par superinfection tuberculeuse de la conjonctive des lésions évoluant en profondeur au delà de la sclère. |
Ceci ne contredit pas les hypothèses pathogéniques émises sur l’origine uvéale, c'est-à-dire endogène, des scléro-kératites et des épisclérites tuberculeuses.
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Tandis que l’inoculation d’une émulsion de bacilles tuberculeux dans la chambre antérieure du lapin non allergique est suivie du développement lent de lésions diffuses et relativement riches en bacilles, la superinfection expérimentale par inoculation dans la chambre antérieure dont nous avons eu l'idée, provoque une réaction vive et l'installation immédiate de lésions localisées, rapidement progressives, dans lesquelles les bäcilles difficiles à retrouver sont agglutinés en. amas et en état de lyse. |
Les caractères macroscopiques, histologiques et bactériologiques de ces lésions expérimentales sont proches de ceux que nous avons pu observer sur nos pièces anatomo-cliniques.
Les caractères généraux de ces lésions de superinfection tels que nous les avons fixés à propos de la tubercu-
lose du tractus uvéal, sont à rapprocher des caractères anatomo-pathologiques et bactériologiques des tuberculoses locales, dont le plus grand nombre entre dans le groupe des tuberculoses dites chirurgicales.
Vu : Le Doyen : Vu : Le Président :
H. RocEer F. DE LAPERSONNE
Vu ET PERMIS D'IMPKRIMER : le Recteur de l’Académie de Paris :