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qu'épargnait la Luberculose. Nous avons vu qu'il n'en élait rien el que, même dans l'âge le plus avancé, tout individu pouvait donner asile à des bacilles dangereux à la fois pour lui et pour la société.
Celle question est toute d'actualité, car, dernièrement, devant le Parlement français, le gouvernement a déposé un projet de loi tendant à rendre obligatoire chez nous la désinfection du logement après tous les décès. Nous ne saurions qu'approuver ce projet s'il ne comporlail une restriction : celle désinfection il ne la rend obligatoire qu'au cas où l'individu décédé est âgé de.plus de deux ans el de moins de soixante ans.
A notre sens, ces dernières condilions constituent une grave erreur, car la prophylaxie de l'entourage du vieillard ne saurait être négligée. Et l’hygiéniste ne peul accepler intégralement ce projet de loi car, selon Île mot de Monsieur le Professeur Landouzy (D, «il doit avec aulant d'effroi que de remords, entendre celte parole de l’écomiste (2) : « Le gaspillage de la vie humaine est le plus ruineux de Lous ».
Ce «gaspillage » que l’'économiste réprouve, le législateur qui, lui aussi, est un économiste, ne saurait l'encourager ni même, par queique omission, négliger de l'enraver.
Il se souviendra que, sénile où non,le tuberculeux, avéré où méconnu peut semer autour de lui la contagion ;. il se souviendra qu'il la sème d'autant mieux que le
(1) Lanpouzy. Revue de Médecine ISS8, p. 788. (2) Jules Rocnanp. Traité d'Hygiène sociale. Paris Delahaye, 1888.
malade el son entourage ne prennent pas garde à une maladie qui, par ses allures, ne semble pas grave ou reste méconnue, EL if se souviendra également que le luberculeux sénile, est un agent de dissémination d'autant plus redoutable que précisément son affection lui permel d'aller où eLcomme il veut, Enfin il n'oubliera pas non plus que si l'enfant ne nait pas tuberculeux il nait avant tout tuberculisable et que ce serait aller à l'encontre des intérêts de la société que d'oublier de soustraire le nouveau né à un sérieux danger de mala-
die et de mort.
Et c'est pourquoi nous restons fermement convaincu que toutes les mesures qui pourront êlre prises en France pour enrayer la propagation de Ja tuberculose ne liendront aucun comple des conditions d'âge. Nous ne voulons nullement envisager ici la valeur ou la possibilité de ces mesures. Mais qu'il s'agisse de la déclaration obligatoire, de la désinfection, de la police des crachoirs, de l'isolement à l'hôpital, etc., dès que l’application d'une de ces mesures quelle qu'elle soit aura élé reconnue ulile, e’est à tous, sans distinction qu'elle devra s'appliquer. EE qu'il nous suffise de rappeler ici que c'est par le nombre de 12.304 au minimum, que se chiffreraient, en l'espace de dix années les fovers de contagion qui auraient échappé à la désinfection dans le seul département de la Seine el, le mort saisissant le vif, risqueraient d'entrainer la perennité de la bacillose,
tant dans la famille du défunt que dans le logis infecté
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‘où de nouveaux venus, bien portants, s'exposeraient à la contagion (1).
En appliquant ces préceptes aux mesures de défense, nous ne ferons en cela que suivre l'exemple, bon exemple en l'occasion, que nous offre l'Histoire. En 1782, quand le roi de Naples rendit un édit pour ordonner des mesures prophylactiques sévères contre la luberculose, il n'élail pas Lenu compte de l’âge quand on ordonnait la séquestralion des phtisiques, le transport en un lieu éloigné du lil et des meubles du malade pour v subir des fumigalions, le lavage des objets de métal au vinai- ‘gre ou à l'eau-de-vie, celui des livres au jus de citron, celui des murs à l'eau de mer. Et les amendes ainsi que les années de châleau-fort ou de galères auxquel s'exposait celui qui n'observait par l’édit royal, si elles n'étaient pas les mêmes suivant la noblesse du prévenu, n'étaient du moins nullement modifiées selon qu'il s’'agissait d'un vieillard ou d'un adulte.
Cet heureux exemple tiré de Fhistoire, nous le retrouvons à l'époque contemporaine dans celui que nous donne celles des nations étrangères qui ont déjà édicté -des mesures de protection contre la tuberculose. EL c'est ainsi que les pays où la déclaration de la tuberculose à été rendue obligaloire, et c'est le cas pour les Pays Scandinaves, pour certains pays des Etats-Unis d'Amérique, l'Angleterre, l'Écosse et l'Irlande, n'ont pas songé à insliluer quelque excepliou d'âge.
Enfin pour lerminer celte thèse, nous ne saurions
(1) L. Lanpouzy. — Communication à l'Académie, v. page 92.
mieux faire que de reproduire intégralement la déclaralion que fit M. le Professeur Landouzy à l'Académie de Médecine, et nous profilons encore une fois de celle occasion pour le remercier très sincèrement d’avoir
bien voulu nous guider dans l'élaboration de ce travail.