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A PROPOS DE LA DÉCLARATION DE LA TUBERCULOSE

La Désinfection Obligatoire, Automatique, pour tous les Décès.

Fréquencede Ja bacillo-tuberculose aux deux extrèmes de la vie = formes frustes et larvées de la tuberculose du nourrisson et du vieillard. — Nécessité d'étendre la désinfection à tous les décès, sans restriction d'âge : les bébés mourant de tuberculose, méningée où pulmonaire, RÉACrIFS d'ambiance tuberculeuse ; maints vieillards catarrheux, bronchiteux-chroniques, asthmatiques, emphysémaleux, AGENTS de diffusion de tuberculose familiale.

Dans l'état acluel de nos lois et de nos mœurs, la Déclara- Uüon de la tuberculose, à faire obligatoirement par le médecin, ne semble conquérir ni l'opinion publique, ni l'opinion médicale.

Parmi les motifs d'opposition, l'un des plus sérieux repose sur ce fait que, dans lélat actuel de nos services sanilaires, la prophylaxie et la désinfection, raisons majeures d’être de

la Déclaration, manquent d'organisation suffisante.

1) Communication faite à l'Académie de médecine, séance du 13 mai 1913.

Beaucoup parmi nous — partisans, en principe, de la Déclaration obligaloire des malades tuberculeux — n'espèrent pas, pour le moment, contrairement à loplimisme de la Commission de FAcadémie de Médecine, n'espèrent pas, dis-je, relirer de la Déclaration (esprit public n'y élant pas préparé) ce que nous voudrions pouvoir en attendre : Loul ce que certains pays en ont oblenu, du jour où législation, éducalion, mœurs el adminislralions sanilaires avaient associé leurs efforts.

Sans rappeler l'expérience déjà ancienne faite en Pays scandinaves, sans parler des lois votées par certains Gouvernements des Etats-Unis de l'Amérique du Nord, ne voyonsnous pas, hier, l’'Anglelerre (qui pourtant, déjà, avait fait reculer la tuberculose de par tout un ensemble de lois d'économie sociale) (1), promulguer la Déclaralion obligatoire de la ltukereulose, el — en dépit de cerlaines résistances du corps médical — après quelques mois seulement d'application, en relirer un bénéfice notable.

Si, en France, l'opinion publique avertie avait pu être assurée que la Déclaration obligatoire fût capable, dès à présent, de réaliser pratiquement, en toute efficacité, la prophylaxie antiluberculeuse, nul doute que la Déclaration n'eûl

élé acceplée, désirée même.

dd) En vingt ans par de sévères prescriptions d'hygiène, l'Angleterre n'a-t-elle pas vu le chiffre de la mortalité tuberculeuse s'abaisser de 40 p. 100 ; l'Ecosse, de 35 p. 100 ; l'Irlande — pays de misère — de 20 p. 100 : la diminution atteindre jusqu'à 40 ou 50 p. 100 dans les grandes villes, telles que Londres et Edimbourg ?

Tandis que le rapport entre la mortalité par tuberculose et Ia mortalité générale est descendu à 9 p. 100 à Londres, cette proportion atteint encore 20 p. 100 à Paris ! (Zn Conférence faite à Rome, Avril 1912, au congrès international de la Tuberculose, par L. Landouzy, sur Le Rôle des facleurs sociaux dans l'Eliologie de la Tuberculose.)

En effet, en dépit de certaines apparences qui ont pu faire: admettre un léger fléchissement de la mortalité tuberculeuse française, la Maladie sociale, chez nous, à bien analyser les faits, n'est point en décroissance.

Il suffit, pour s'en convaincre, de faire appel à l'expérience des médecins praliquant dans les villes, dans les hôpitaux, comme dans les campagnes.

C'est ee dont lémoignait dejà l'enquête que, pour le Congrès international de la Tuberculose de Paris, en 1905, nous faisions avec notre confrère Paul Strauss au travers des. peliles villes, des bourgades el des communes de France.

Le dépouillement des 1.034 questionnaires, remplis par les médecins de la province, nous amenail, le docteur Weill- Mantou el moi, aux conclusions suivantes qui me paraissent devoir opportunément retrouver place dans la discussion

ouverte par l'Académie de Médecine.

« 1. — Contre l'infection, principe de la contagion, lun des premiers remèdes est la désinfection.

«Il — C'est par l'Ecole que se font el se rénovent les mœurs ; c'est dans l’enseignement scolaire el postcolaire que la lutte sociale contre la tuberculose doit chercher son plus solide appui.

@ TE — L'autorité mililaire, par mesure d'hygiène, concernant aussi bien le malade que la Commune, devrail aviser le maire (par la loi de 1902, officier sanitaire) du renvoi lem-

poraire où définitif dans ses foyers, de Lout tuberculeux ».

Depuis, comme avant notre enquête de 1905, touchant la fréquence de la maladie sociale, je n'ai céssé, à celle tribune comme ailleurs, de répéter que, particulièrement en matière

de tuberculose, les rubriques lrompeuses des stalistiques

NOTE Lee

sont loin de nous renseigner sur l'état réel des choses. En effet, la bacillo-tubereulose, dans les slalisliques officielles, se lrouve inscrite seulement sous les Lrois chefs :

Tuberculose des poumons ;

Tuberculose des méninges ;

Aulres tuberculoses, d'où des fuites considérables.

C'est ainsi que, pour l'année 1910, par exemple, on compte dans le département de la Seine :

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