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légion, j'ai souvent évoqué les observations suivantes :
Celle d'une douairière, mourant presque octogénaire de Luberculose pulmonaire subaiguë après avoir à vingt-cinq ans souffert, une seule fois, de congestion pulmonaire (avec légère hémoplysie) suivie, lors de la convalescence, d'une cure aux Eaux-Bonnes ordonnancée par Pidoux. Vivant lantôt à
’aris, tantôt à la campagne dans les meilleures conditions de confort, la douairière dans lx période écoulée entre ses soixanle ans el sa soixante-dix-huilième année, date de son décès, voyait près d'elle, en son château de province ou dans son bel hôtel de Paris, mourir : deux de ses filles, l’une de péritonite luberculeuse ; l’autre de Tuberculose pulmonaire ; deux de ses pelils-enfants: un pelit garçon, de méningite ; une fillette de complication de coxalgie apparue quelques semaines après une poussée d'érythème noueux !
Des enfants de celle sepluagénaire lousseuse, calarrheuse asthmalique, emphysémaleuse, frèle mais toujours active, il n'est resté qu'un fils, officier général. Celui-ci dut vraisemblablement sa non-contaminalion à une vocalion précoce qui, de bonne heure, l'éloigna du milieu maternel, pour le lycée, les grandes écoles et l’armée, lui permettant court el rare lhabi- {at familial, dans lequel devaient succomber ses sœurs, ses neveu el nièce.
Autrement, mais également suggestive, l'histoire d'étransers habitant, dans des conditions du parfait bien-être, un superbe hôtel des Champs-Elysées. La famille, en dehors d’une nombreuse domesticilé, se composait du père et de la mère, mariés à 28 et à 29 ans, respirant la force el Ia santé ; ayant Lous deux, les meilleurs antécédents. La mère eut successivement, chacune à presque deux ans d'intervalle, trois grosses-
ses normales, lui donnant Lois beaux garcons, élevés exclusi-
vement au sein par la mère que, pas une fois, ne fatigua l'allaitement.
Hormis le temps des létées régulières, les bébés élaient Jaissés aux soins d'une gouvernante, maigre el chékive personne, loute dévouée à ses maîtres, dont elle avait vu grandir quatre généralions.
Successivement, les trois garcons, presque au même âge, mouraient de méningile luberculeuse. J’assislais au troisième décès, que les médecins consullants, Jules Simon et Archambaull, me disaient êlre la répétition de ce qu'ils avaient vu chez les frères aînés.
Je me mis à enquêter sur les raisons de ces trois méningites qui semblaient un défi aux conditions d'hygiène, de confort et de bonne santé qui régnaient dans la maison.
Mon enquêle aboulit à trouver dans la vieille gouvernante plus que sexagénaire, calarrheuse, bronchiteuse chronique, emphysémateuse, autrefois asthmatique, un lype de ces tuberculoses séniles, torpides, dont on se défie d'aulant moins que pareilles malades neuro-arthriliques, toujours aclives, Jamais arrêlées, loin de sembler malades, gardent souvent l'apparence, sinon de la santé, au moins de la résistance.
J'oblüins, non sans peine, le retour en Amérique de la gounante, que des services allachaient à la famille depuis un demi-siècle. Hormis ce départ, rien ne fut changé dans la maison : deux enfants naquirent et furent exclusivement allaités par la mère : l'un avoisine la trentaine ; l'autre est une superbe jeune fille de 25 ans.
Si, en pareils milieux fortunés, les affections tuberculeuses séniles sont susceptibles de contaminer tout un gynécée, combien plus redoutables doivent-elles être dans les appar-
tements surpeuplés et dans les logis d'ouvriers, où bébés,
enfants, père, mère el grands-parents, suivant l'expression populaire, vivent les uns sur les autres.
Ainsi se comprennent les observations lamentables, naguère recueillies dans ma Crèche de l'hôpital Tenon, où m'élaient amenés des bébés devenus tuberculeux pour avoir, durant les journées d'usine ou d'atelier des mères, élé livrés à la garde el aux soins des grands parents que l'âge el les infirmilés respiratoires (bronchite chronique, emphysème) rendaient casaniers el incapables de s'occuper d'autre chose que de la surveillance des enfants et de la préparation des bouillies où des soupes trop souvent souillées par les poussières bacillifères provenant de lexpeeloralion du « vieux père » considéré dans la famille comme un invalide, nullement comme un malade dont on aurait à se méfier.
D'ailleurs, pour démontrer le danger de la non-désinfeclion en cas de décès, au-delà de 60 ans, pas n’est besoin d'escompter la fréquence des luberculoses frustes el larvées, dont nous aurions pu citer bien d’autres exemples encore.
in effet, si l'on consulte l'Annuaire stalistique de la Ville de Paris pour 1910, on trouve que les tuberculoses séniles évidentes, n’y sont pas exceptionnelles. En 1910, dans le département de la Seine, on compte, au-delà de 60 ans :