‹ La Tuberculose du VieillardChapitre 20 sur 24 · décès, par « Luberculose ces méninges · texte numérisé non relu

décès, par « Luberculose ces méninges

Et 989 décès, seulement, par « autres tubereuloses ».

Or, pour quiconque pratique, comme médecin ou chirurgien, soit en ville, soit dans les hôpitaux, ce chiffre de 989 morts, par « Luberculose des autres appareils que les poumons et les méninges », ne correspond évidemment pas à ce que lexpérience journalière nous montre de la mortalité par : ostéites tuberculeuses, mal de Pott, abcès froids, périlonites, entérités telcres

De plus, les stalistiques de mortalité comptent sous d'autres rubriques : maladie d'Addison ; anémie el chlorose ; péricardile ; bronchite chronique ; pleurésie ; asthme ; emphysème pulmonaire ; cirrhose du foie ; néphrite, elc..., des cas qui, incontestablement, pour une forte part, ressortissent à la bacillo-tuberculose,

Si, maintenant, l'on envisage, non plus la morlalilé, mais la morbidilé et l'invalidité qu'elle provoque, la tuberculose paraît à tout le monde, non décroissan'e, el cela à Paris comme en province.

Pour ne prendre qu'un exemple, près des deux tiers de Ia

clientèle des hôpitaux et des dispensaires parisiens sont repré-

sentés par des tuberculeux. La fréquence de la bacillo-tuberculose, sous tous ses aspects, depuis les plus communs el les plus classiques, jusqu'aux formes les plus frustes el jusqu'aux formes seplicémiques ressort, aujourd'hui, avec une telle évidence, du consentement universel, qu'il n'y à pas lieu vraiment d'insister.

Morale. — est de nécessité urgente de ne négliger aucun des moyens qui arrêleraient et diminueraient un mal, qui ne s'attaque pas seulement aux individus et aux familles; mais qui abâlardil la race, affaiblit la Défense nationale (1) el menace la richesse du pays.

Cependant, au heu d'une Déclaralion obligaloire qui permellrail, par la connaissance de tous les cas de morbidité el de mortalité, de s'attaquer à chacun des foyers de bacillose, il n'est guère queslion, dans les moyens de lutte à engager demain contre la luberculose, que de demi-mesures. La plupart des projets, hormis celui de la Commission de la tuberculose de l'Académie de médecine, s'accordent pour vouloir seulement la désinfection obligatoire après décès, manière d'atteindre (sans déclaration préalable, par le médecin, de Ja cause du décès), les morts par tuberculose, comme par tou- Les autres maladies endémiques, la Déclaration de la morbidité Luberculeuse restant en dehors dn débat.

C'est aiusi que le Gouvernement dépose un projet de loi de Désinfeclion obligaloire, aulomalique, au domicile de tout décès survenu entre l'àäge de deux ans el soixante ans, sauf, pour le médecin, à cerifier que la cause de la mort n'est pas

de nature à nécessiter la désinfection.

(1) On ne saurait trop répéter que, de 1894 à fin 1902, en l'espace de huit années, réformés ou morts par tuberculose seulement, /rentesix mille de nos jeunes soldats ont disparu du contingent.

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Au nom de l'expérience elinique, je m'inscris contre les deux limiles proposées : contre celle de deux ans d'abord ; et surtout, contre la limite de soixante ans. |

Si je demande que, partout el loujours, après la mort, soient prises des mesures d'hygiène el de désinfection, même vis-à-vis des décès d'enfants de premier âge, é’est que, d’abord, depuis longtemps, je professe la tuberculose du premier âge èlre, de beaucoup plus fréquente qu'on ne le croyait

naguère.

Si je Liens le bébé, qui n’expeclore pas, pour négligeable en lant que foyer de dissémination bacillaire, je le considère comme dénoncialeur de conlages familiaux. Le jeune enfant n'est-il pas un des lerrains promis à l'éclosion de l'infection entretenue dans la pelite colleclivilé que représente la famille ? La survenance, par méningite luberculeuse, d'un décès de bébé, n'est-elle pas faile pour rendre Lout un logis suspect aux yeux de ceux d’entre nous qui professent la conlagion de l'enfant se faire surtout, dans et par le milieu familial? Pareille méningite frappant, soudainement en apparen e, de beaux bébés, n'incite-t-elle pas l'Étiologiste à rechercher, et à trouver la cause de Ja bacillose, dans la maladie d’un parent, d’un commensal ou d’un serviteur de la maison ?

Combien, dans cet ordre d'idées, apparaît suggeslive celle remarque de Trousseau, consulté pour un cas de méningile Luberculeuse.. « Ja famille est vraiment plus qu'à plaindre ; il lui faut craindre pour elle-même ».

N'ai-je pas autrefois montré, à propos de bébés mourant dans ma Crèche de l'hôpital Tenon, combien el comment leur affection tuberculeuse (pulmonaire ou méningée) suivait ou accompagnait la phlüsie d'un des parents, d'un des frères ou

sœurs ?

'OMNOQQMEE

A défaut, comme en plus, de tuberculoses familiales évidentes, tout bébé bacillaire. méningilique, pulmonaire ou seplicémique, m'est loujours apparu comme un réactif dénonçant une ambiance tuberculeuse.

A ce litre, el quoique d'ordinaire il s'agisse, chez les bébés, de bacillose fermée, loin de décommander la Désinfection, je la souhaite, afin d'éleindre le foyer tuberculeux dont la méningite se fait révélatrice. En pareille occurence, le doute et la suspicion doivent profiler à toute la famille.

L'Hygiénisalion du logis est particulièrement nécessaire. Elle est commandée par des évènements précédant l'apparilion de la méningite, celle-ci se faisant dénoncialrice de la tuberculose insoupçonnée jusqu'à l'éclosion, chez le bébé, d'une « fièvre cérébrale ».

Il est non moins imporlant de ne pas arrèler la désinfec- {ion aux décès de la soixantaine. Décréter pareille limilalion serait continuer l'erreur, hier encore presque classique, de la rareté de la tuberculose des vieillards. Celle erreur s'expliquail par la fréquence, chez les sexagénaires, des tuberculoses frustes et larvées, d’allure lorpide si différente de l'évolution de la phlisie des adultes.

Il y a longtemps que nous dépislions maintes tuberculoses sous le masque de la Bronchite chronique, de l'Emphysème, de l’Asthme, de certaines Arthropathies déformantes, ele., toutes affeclions dont la constatation du bacille décèle souvent la nalure.

Que de fois n'avons-nous pas vu des sepluagénaires emphysémaleux, calarrheux,lousseurs, asthmatiques contaminer leur entourage sans qu'on y prit garde ?

C'est ainsi, qu'entre autres exemples que les souvenirs de

tous mes confrères pourraient mulliplier, car pareils faits sont

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