INTRODUCTION
Exposé du sujet. — Plan
Dans une des cliniques qu'il fit, l'an dernier, à l'Hôpilal Laennec, notre éminent maitre, M. le Professeur Landouzv, insisla tout particulièrement sur la fréquence de la tuberculose chez le vieillard, et sur le danger que crée pour Ja société cetle forme fréquemment méconnue. Car si le sujet âgé et tuberculeux reste souvent, du. moins en apparence, dans un état de santé satisfaisant, ses crachals, dans la plupart des cas, n'en contiennent pas moins des bacilles de Koch. Et comme l'adulte, il constitue un vérilable «agent de diffusion » de tuberculose, el par suite, un danger pour son entourage, c'està-dire pour la Famille, et par là même pôur la Société.
Puisque les mesures de défense à prendre contre la propagalion de la tuberculose sont actuellement à l'ordre du jour, il nous a semblé intéressant d’éludier quelle était la proportion des vieillards bacillifères et de
rechercher si les mesures que la Société croirait devoir
prendre pour enrayer le progrès de la contagion de la tuberculose, devraient s'appliquer indistinclement à tous les âges, ou si au contraire, il serait possible de ne pas les étendre à toutes les périodes de la vie. Deux périodes de l'existence semblent particulièrement intéressantes à éludier : ce sont ses deux extrêmes c'est-à-dire la première enfance et la vieillesse. Pour ce qui est de lenfance, le problème. semble résolu. M. le Professeur Landouzy, il + a pius de 2 ans, a montré lors de son passage à la crèche de l'hôpital Tenon, que la mort en bas âge élait très fréquemment l'œuvre de la tuberculose ou pour parler d'une façon plus exacte et à la fois plus imagée, l'œuvre de la bacillose. La démonstration de ce fait jusqu'alors méconnu, S'appuyait sur des stalisliques dressées, non pas senlement à laide des diagnostics symptomaliques, mais surtoul,. fait capital, à l'aide des constatations d'autopsies.
M. le Professeur Landouzy (1) a montré que c’élail dans l'énorme proportion de un bébé sur 3,6 c'est-à-dire de 21,1 o/o que la tuberculose frappait de mort la première enfance. |
Plus intéressante encore au point de vue prophylaclique et au point de vue hygiène sociale est la question de la tuberculose du vieillard. Car. si la luberculose du premier âge est fréquente, elle n’est pas, à proprement
parler, transmissible, l'enfant n'expectorant pas : et, au
(1, Prof. LaNpouzy. Revue de Médecine 1887 el octobre 188$.
point de vue qui nous occupe, elle est surtout comme la fort bien dit M. Landouzy, un « dénonciateur de
conlages familiaux », un « RÉACrIF d'ambiance luber-
culeuse ».
La tuberculose du vieillard est, elle, directement transmissible, ainsi que nous chercherons à le montrer par la suite. D'où, sa plus grande importance, au point de vue social, car ici, non seulement nous savons qu'il est quelque part un foyer de dissémination tuberculeuse mais nous savons exactement quel est ce foyer. C'est donc à celle unique période de la vie que nous bornerons nos recherches.
. Le plan que nous allons suivre s'inspirera du litre même de ce travail : &« LA TUBERCULOSE DU VIEILLARD EN-— VISAGÉE DU POINT DE VUE FAMILIAL ET SOCIAL. »
Dans une première partie, nous étudierons la tuberculose sénile à proprement parler, en nous plaçant surtout sur le terrain de l'éliologie el de la fréquence.
Nous verrons comment celte dernière a été appréciée par les différents auleurs ; nous verrons Îles varialions des résultats oblenus par les différentes slalisuques, varialions que nous chercherons à nous expliquer: Pour nous mieux renseigner encore, nous ferons le relevé du nombre des vieillards morts de tuberculose dans le département de la Scine durant une période de dix ans, ce qui correspond à environ 239.000 décès de vieillards.
Dans une deuxième parlie, nous chercherons à mon-
lrer comment cette forme sénile de la tuberculose est
LNTA SE
loin d'être une forme négligeable au point de vue prophylactique, car c'est là une forme contagieuse, et nous verrons combien serait grande l'erreur d'une sociélé qui, prenant des mesures pour enrayer la contagion de la tuberculose, négligerait de s’allaquer à la forme sénile tout autant qu'à la forme adulte, lout autant qu’à la forme de tous les âges sans exception. Ce seront là
nos conclusions.