‹ La Tuberculose et la médication créosotéeChapitre 3 sur 47 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

l'arsenal thérapeutique, l'un des agents les plus puis- ' sants, dont l'action est des plus rapides et des plus efficaces. Mais comme il sera dit au cours de cet ouvrage, il est très difficile d'obtenir un produit toujours égal, constant, chimiquement pur. La créosote n'existé pas, mais il existe des créosotes, dont la teneur diffère constamment, dont les. éléments actifs et même toxiques varient sans cesse. Rien d'étonnant donc qu'en clinique on obtienne des effets si inconstants, si différents avec un produit si variable. Rien d'étonnant non plus qu'avec une créosote chimiquement pure, débarrassée des produits toxiques, on puisse administrer des doses si élevées, tandis que des doses infinitésimales d'une créosote impure provoquent des accidents redoutables, quelquefois mortels.

Ce danger a-t-il été conjuré par la découverte de MM. Behal et Choay? Le gaïacol, qui est l'un des principaux éléments actifs de la créosote, peut-il être administré sans accident à doses importantes et suffisantes? L'expérience et la clinique répondent négativement et on a pu provoquer avec des doses relativement minimes de ce produit des complications très graves et identiques à celles causées par la créosote.

Ce sont ces accidents toxiques, beaucoup plus que les insuccès thérapeutiques, qui ont éloigné les praticiens de la créosote et du gaïacol. Moi-même, qui ai eu l'occasion d'utiliser cet agent médicamenteux dans un très grand nombre de cas, de l'administrer sous toutes les formes, à toutes les doses, à un très grand nombre de tuberculeux, je fus pris souvent de découragement et surtout je fus dérouté, jusqu'au jour ou de nouvelles combinaisons créosotées, mieux définies, moins

inconstantes, mieux tolérées furent découvertes. Depuis ce moment, depuis 1892, époque de la découverte deséthers créosotes, mes idées thérapeutiques s'éclaircirent, devinrent plus nettes, plus précises, et je pus comprendre enfin qu'on pouvait atteindre le but tant recherché par Guttmann, cette fameuse saturation de l'organisme par la créosote, sans provoquer la moindre complication. Avec ces composés, ces combinaisons créosotées, on pouvait aussi préciser la dose maxima tolérée et tracer une ligne de conduite thérapeutique au praticien.

Si donc au début de ce livre on trouve de nombreuses critiques, des attaques quelque peu vives, un jugement un peu sévère sur la créosote employée contre la tuberculose, je prie mes confrères de poursuivre leur lecture et d'arriver jusqu'à la 2 e partie de cet ouvrage où je traite en réalité la médication créosotée telle qu'elle doit être comprise ex appliquée aujourd'hui. Avec ces combinaisons, ces sels de créosote, qui constituent l'une des découvertes les plus précieuses de la thérapeutique pratique moderne, on peut non seulement saturer l'économie avec ce médicament, mais à l'aide de ce dernier on peut transformer le terrain, lui conférer pour ainsi dire une nouvelle forme antagoniste du bacille de Koch. Quoique le fait ne soit pas exprimé en termes biologiques, Guttmann, quand il a émis son opinion sur la saturation de l'organisme par la créosote, a déjà dû songera cette transformation de terrain hypoacide favorable à l'évolution de la tuberculose en terrain hyperacide hostile au développement du bacille de Koch. Il est chimiquement démontré qu'on peut obtenir cette transformation de terrain à

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