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CHAPITRE XV

Cacodylate de Gaïacol

Le cacodylate de gaïacol, ou gaïacacodyl, a été obtenu pour la première fois par MM. Barbary et Rebec par la combinaison d'une molécule de gaïacol avec une molécule d'acide cacodylique. Il se présente sous forme de sel blanc, cristallin, qui offre l'aspect, sous le microscope, de cristaux prismatiques allongés. Ce produit est très hygrométrique. Il a l'odeur caractéristique du gaïacol et une saveur très caustique. Il est soluble dans l'eau, l'alcool, la glycérine, insoluble dans l'éther.

Les réactions qualitatives sont semblables à celles Etude chimique, du gaïacol pur. «Le cacodylate de gaïacol, disent MM. Astruc et Murco est d'une instabilité marquée. Si l'on traite un certain poids de ce composé par une très petite quantité d'eau froide, on constate qu'une partie du produit se dissout avec facilité et qu ? au sein de

M. Vigier prépare un produit pur qu'il renferme de suite dans des perléines contenant chacune o gr. 025 de la substance. On administre 2 à 6 perléines par jour.

D'après M. Vigier, cette combinaison de l'arsenic à l'état organique avec le gaïacol ne trouble pas les fonctions digestives. Au contraire de l'arsenic, elle est très bien supportée et ne produit pas les inconvénients redoutables de cette médication longtemps prolongée.

Un gramme de gaïacacodyl préparé par M. Vigier renferme exactement: Ac. cacodylique o gr. 526, ce qui correspond à o gr. 285 d'arsenic.

De l'enquête que nous avons faite auprès de dif- Essais cliniques. férents phtisiologues, le cacodylate de gaïacol aurait été administré par la méthode hypodermique. Mais pas un seul clinicien n'a voulu me dire quelle est la valeur thérapeutique de cet agent médicamenteux. Les nombreux cliniciens auxquels nous avons posé cette question, ont presque tous répondu qu'ils ne l'avaient pas encore expérimenté. M. Burlureaux, qui a employé le cacodylate de gaïacol en injections intradermiques, dit qu'il a observé des accidents avec 1 centigr. de sel en solution dans une forme grave fébricitante, tandis que chez un autre malade il a pu donner pendant un demi mois de suite une dose 3o fois plus forte. Mais cet auteur ne nous dit absolument rien de l'efficacité du médicament.

Expériences de M. Barbary .

Il n'en est pas de même de M. Barbary, de Nice, qui a obtenu des résultats très encourageants : « Au point de vue clinique, dit cet auteur, depuis 1 an 1/2 le cacodylate de gaïacol m'a donné d'excellents résultats.

« Ils sont comparables à ceux que j'obtenais depuis longtemps par la méthode Gimbert-Burlureaux, mais supérieurs à ceux obtenus par le cacodylate de soude seul. Le cacodylate de gaïacol agit: i°surla nutrition générale et renforce l'organisme par l'acide cacodylique ; 2 sur la tuberculose elle-même et comme modificateur du terrain et comme aboutissant à l'évolution arthritique.

« Le résultat est donc complet et durable.

« L'avantage sur les méthodes intensives de la créosote est: i° la dose relativement faible à injecter; 2 la double action du cacodylate et du gaïacol.

« Pour conclure, dit M. Barbary, actuellement j'ai pu traiter 5o tuberculeux par le cacodylate de gaïacol associé à l'hygiène, tant à la i re qu'à la 2 e période de la phtisie. Les résultats sont excellents, rapides et durables. »

Doses

M. Barbary injecte profondément dans la fesse et très lentement 1 o centim. cubes d'huile stérilisée contenant o,o5 centig.de cacodyl. de soude eto,o5 centigr.

de gaïacol à l'état de parfaite combinaison. L'injection, qui est renouvelée tous les 2 jours, n'est pas douloureuse. Après la 10 e ampoule le traitement est interrompu pendant 8 jours puis repris de la même façon. Personnellement, nous n'avons qu'une expérience très restreinte sur ce produit intéressant, qui n'a pas encore été. suffisamment administré cliniquement pour pouvoir formuler une opinion dans un sens ou un autre. Nous nous réservons de l'éprouver encore expérimentalement et cliniquement et de publier plus tard des documents précis et définitifs.

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